PAR DEVANT


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PAR DEVANT

Devant la roue avant de mon vélo

un coup de pédale en filant ses chaussettes

se disait voilà un bon jour pour faire que de l’amour

Je vais d’abord me rincer l’oeil d’un cou de torchon matinal

l’oreiller est resté chaud des rondeurs de ses rêves

Partir à traversin

me semble plus sain

qu’enfourcher le ballet de la sorcière

et ses petits rats

Les paroles d’un chant de lin vont à l’autre

en se tenant par la main

tout au long d’un chemin d’école

A la vérité si je mens

je laisse aux autres les sarments pour mettre mes javelles dans l’âtre

Elle est chaude ma pierre.sans que les mauvaises ô ne l’éteignent

Un point

un trait

c’est tout

à la ligne ce que tes yeux me disent..bien rentrée

emporte-moi bien plus loin qu’un projet de décret de raie forme

Viens

nous allons raccourcir la distance de nos langues

par le traducteur instantané de nos lèvres.

un

deux

trois

ça y est les voilà qu’elles nagent.dans la gorge du vert don

de nôtre commune soif !

Niala-Loisobleu – 31 Août 2016

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Leda


Leda

Je dormais couchée sur le ventre
J’avais conscience de mon ventre

Le ciel pesant coulait en moi
Par mille graines de blé vif

Par mille oiseaux exténués
Et qui se cachent pour mourir.

Le bruit l’odeur le feu venait fermer leurs ailes
Dans ma gorge écrasée dans le puits de mes mains

Le feu le froid l’azur rassemblaient mes épaules
La verdure tremblait dans mon sang prisonnier

J’étouffais de soleil j’étais noyée d’air pur
L’abus du coeur et de la chair m’anéantit.

Bientôt je limitai le ciel je me fermai
Profonde je souffris de la boue et des pierres

Tout encombrée de mes racines infinies
Je retrouvai le dur labeur de mon passé

Ma cécité mon ignorance de l’espace
L’inavouable progrès des murs multipliés.

Mes beaux yeux séparés du monde
Où sont les morts suis-je vivante

Je voudrais répéter le monde
Et non plus être ombre d’une ombre

Mes beaux yeux rendez-moi visible
Je ne veux pas finir en moi.

Paul Eluard

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Illustration: Paul Delvaux

Eluard le coeur égorgé relève en corps le défi de respirer  Nush,

ultime souffrance au-delà de la mort

N-L – 29:08:16

Présence


 

Présence

Accrochés sur les lèvres de l’horizon

les pôles languent le vent

Où l’astre du jour va-t-il balancer sa marée ?

Des oiseaux marins tirent le chenal

des cartes à jouer

on entend le s’aime à  fort émettre

Retenu par les palisses la canicule ne déborde plus

la dune ronronne en ondulant du do

Roulis

les mots bleus en guinguette

fleurissent à la crête  des alizés

Niala-Loisobleu – 28 Août 2016

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Absence


Se balançant au tableau
l’absence est clef
Ma pensée
est toute ouverte
N-L

Vertige de l'Oiseau

[  English Version :  HERE  ]

Absence Fr

L’Absence

Absence
Jardin fermé

Sur la terre inclinée
une amie suit
le mouvement de l’air.
Seul l’oiseau chante
le retour du jasmin
à l’horizon
du Soleil sur la terre.

Absence
senteur d’Orient

Au matin qui s’enfuit
les fleurs fanées
épousent le chagrin
d’un jardin oublié.
Le ciel ruisselle
mais les perles de pluie
ne valent pas
la douceur d’une main.

2016 ~ © M2L – Manache Poetry

Bulle  - Merci pour lecture

Frise F Bleue 15

BOURGEONSMes POEMES

L’écriture d’un poème est une émotion partagée
alors, n’hésitez pas à laisser un commentaire
Merci
🙂

Frise F Bleue 30

Chair de Lune - extraitFrise F Bleue 15-1

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Carnets de Route 1


.

Carnets de Route 1

Je regardais le ciel alors que la voûte s’allumait. Que d’étoiles à remplacer, pourtant je croyais que les ampoules du ciel étaient les seules de longue durée. C’est alors que le facteur cogna en criant vous avez du courrier. En voyant l’enveloppe je reconnus l’écriture de mon horoscope

Bonjour Alain !

Votre signe : Sagittaire

Prévision du 27 août 2016

Peut-être vous sentez-vous parfois comme un mystique des temps modernes ? C’est le genre de journée qui pourrait bien faire ressortir chez vous, ce côté confesseur de l’humanité. Vous dévoilerez peut-être aujourd’hui l’une ou l’autre des facettes de votre personnalité : l’enfant naïf que vous devenez probablement lorsque vous êtes seul, ou encore, le vieux sage, qui descendra de sa montagne…

Je n’ai pas rentré faire dormir mon regard. Sur l’évier la paillasse vide gouttait du nez. Toujours planqué dans le noir, un fort en sciences occultes clame que la lumière c’est lui. A voir la quantité de commentaires, on peut voir qu’il soulève l’émerveillement à lui tout seul. Ce qui n’est pas le cas de mes A-Propos. Comme s’il fallait démontrer que le bluff occis toujours la vérité.

Aujourd’hui mon amour je suis trop fatigué pour t’écrire. Tu trouveras dans ton cœur une lettre de plusieurs pages, remplie de silence. Lis-la lentement. La lumière de ce jour l’a écrite en mon nom. Il n’y est question que de toi et de ce repos qui me vient chaque fois que je tourne mon visage vers ton visage, là-bas, à plusieurs centaines de kilomètres.

Il faudrait accomplir toutes choses et même les plus ordinaires, surtout les plus ordinaires – ouvrir une porte, écrire une lettre, tendre une main – avec le plus grand soin et l’attention la plus vive, comme si le sort du monde et le cours des étoiles en dépendaient, et d’ailleurs il est vrai que le sort du monde et le cours des étoiles en dépendent.

Nous envoyons notre ombre en ambassade, loin devant nous. Nous la regardons parler à d’autres ombres, leur serrer la main et parfois se battre avec elles. Nous regardons tout ça de loin et le réel n’entre que pour peu dans nos vies – dans l’effraction d’une joie ou d’une douleur auxquelles nous commençons par refuser de croire.

La certitude d’avoir été, un jour, une fois, aimé – c’est l’envol définitif du cœur dans la lumière.

Christian Bobin
(Extrait de L’éloignement du monde)

De cette nuit en corps franchie tes bras me sont restés pleins des odeurs fortes qu’à ton corps quand il se met à ne vouloir qu’aimer et rien d’autre, puisque aimer est le Tout, qui ne s’encombre pas d’inutile.
On en parle de partout à l’encan.
Les hommes ne croient qu’au pouvoir de l’argent.
La montagne et Christian en savaient plus haut que l’Everest de la simplicité qui fonde la grandeur de toutes choses. Messieurs les beaux habits, Mesdames les belles crèmes antirides, ne sont que des enduits de façade, promis à la fissuration.
Un petit chemin dans l’herbe qui s’y prête va mieux au coeur du bon endroit qu’une autoroute qui ignore l’âme des petits villages. La plage au bas de tes yeux, crique le bain de mes regards voyageurs qui croquent le bon geste .
Un cerne est un matin bleu des étoiles peints au nocturne de nos jardins sous la lune.
Ceux qui clament être des changeurs de monde ne sont que des allumeurs d’artifices mouillés, de marées sèches, de lunaisons sans fesses, de prothèses sociales, de mauvais numéros de transformistes qui ne savent absolument rien de la vertu première du sel .
Quelques fils de lin tissés aux poils du bois de mes pinceaux te serviront de cerfs-volants, je t’aime d’une écriture sans maux, je t’aime, d’un regain de vie trouvé au souffle de chaque baiser que tu s’aimes à la volée.
Me voici bien réveillé au matin du prochain autre jour…

Niala-Loisobleu
17 Octobre 2014

La porte de l’ascenseur étouffe. Il fait une chaleur a vous tarir le souffle. Aurore fait un ventilateur devant mes yeux pour réveiller la torpeur d’une mauvaise chaleur.

« Je suis de sel qui ont des larmes pour décoller me dit-ailes, passe les yeux dans mes carreaux, je palude, je palude, je palude ! »

Tout près d’elle, la Mère roulait ses gars laids hors de La Cayenne. Se dressant ma canne fit claquer ses rubans au soleil de l’oeil du fronton.

Niala-Loisobleu – 27 Août 2016

Des chemins clairs qui figurent sur le plan, parfois des noms de rues s’effacent, se glissent alors des impasses aux fonds baptismaux induisant une erreur de naissance…


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Des chemins clairs qui figurent sur le plan, parfois des noms de rues s’effacent, se glissent alors des impasses aux fonds baptismaux induisant une erreur de naissance…

Me levant du ban de mon existence, je me souvins que j’avais abandonné mes clefs dans l’appartement avant d’en claquer la porte. La cage d’escalier ne laisse plus passer le moindre bruit de conversation. Lurette qu’aux paliers, DO NOT DISTURB, ça balance comme à pari à la ficelle de chaque poignée de porte. A qui demander « Où par là ça mène-t-il ? »

Nib de Gaston, pas plus qu’un autre pour répondre au téléfon.

Angoisse.

Entrant dans mon jardin secret, derrière le gros cerisier, je trouve le rossignol faisant passe pour tous mes tiroirs

Soudainement un bruit de roues sort du plafond de la cage, le câble des cordes vocales de l’ascenseur, en se tendant, perdait les zoos.

Je me dis, ouf ça va renaître

-Alors qu’est-ce qui t’arrive ? demande Aurore

Passé le frisson d’impression d’au-delà, je reprends conscience. La petite fille de la femme austère est devant moi, elle me tend son sourire. Puis tourne sur les pointes. »Salto tout l’monde »qu’elle dit en riant comme un petit rat dans ses grands égards… Pas Degas n’apparait de derrière les rideaux. Donc pas de vieux salaces dans l’entr’acte. Les lumières me montrent le plafond.

Un émerveillement !

Il est empli de Chagall. Je tremble, pleure, l’émotion me coule des tripes. Plus de fantôme de l’ô qui paiera comme l’injustice l’exige. Il s’est fait avaler par le trou du souffleur. L’instant d’après icelui-ci me dit « Remballe les films d’épouvante, remonte l’heur à la voile, hisse la trinquette et tire un bord, cap au large. On déhale des cons, on s’écarte des lises, des étocs, des naufrageurs, des-on-m’a-dit-que-vous-êtes-au-courant, on casse la mire de la télé-bobards, des émissions qui montrent les richards dépouilleurs d’îles désertes aux SDF, genre la Tessier & Nikos and co, merde à vos bans comme aurait dit Léo !

Aurore me saute au cou, son parfum de gosse me tourneboule. C’te môme à m’sort la barbe de l’attente de la toison d’or.

Le Petit-Prince, son frère Théo au ciel, la p’tite soeur Line agnelle, les roses, les épines, le serpent et le renard, le désert, la serpette et la belette gonflent les binious genre fez noz que ça gigue du talon dans les Monts d’Areu. Me v’là r’venu à Brocéliande. Merlin assis au centre de la ronde clairière me dit :

« Vas ton odyssée jusqu’au bout de la confiance, elle cédera pas, t’es assez un Pi pour muter croyant en ta foi ».

La mer sort de l’épave et remet taire à flots

Du château de sable un don jonc tresse la corbeille de la mariée.

Le matin referme les portes de la nuit

Je la chevauche à cru

J’tiens d’bout

Niala-Loisobleu – 26 Août 2016

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