PAR DEVANT


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PAR DEVANT

Devant la roue avant de mon vélo

un coup de pédale en filant ses chaussettes

se disait voilà un bon jour pour faire que de l’amour

Je vais d’abord me rincer l’oeil d’un cou de torchon matinal

l’oreiller est resté chaud des rondeurs de ses rêves

Partir à traversin

me semble plus sain

qu’enfourcher le ballet de la sorcière

et ses petits rats

Les paroles d’un chant de lin vont à l’autre

en se tenant par la main

tout au long d’un chemin d’école

A la vérité si je mens

je laisse aux autres les sarments pour mettre mes javelles dans l’âtre

Elle est chaude ma pierre.sans que les mauvaises ô ne l’éteignent

Un point

un trait

c’est tout

à la ligne ce que tes yeux me disent..bien rentrée

emporte-moi bien plus loin qu’un projet de décret de raie forme

Viens

nous allons raccourcir la distance de nos langues

par le traducteur instantané de nos lèvres.

un

deux

trois

ça y est les voilà qu’elles nagent.dans la gorge du vert don

de nôtre commune soif !

Niala-Loisobleu – 31 Août 2016

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Nous l’appellerons Noé-tiré-des-Os


 3.08.2016 - 1

Nous l’appellerons Noé-tiré-des-Os

 

Deux ans comme des décennies après

qu’ont-ils eu d’être,

tout court, mes étés ?

Eléphantesque gestation

canicule et déluge confondus

en fin qui accouche

Au terme de longs, longs, longs jour d’attente

L’olivier peut vivre des milliers d’années

en marquant sa douleur dans les torsions de son ventre

qui vont  rider sa base

tourment du tronc

Indéfectible patience qu’une intuition sans faille nourrit

jusqu’à venue du fruit

Alors pas de problème je suis en conformité

je t’ai attendu sur un quai vide

us et coutumes de soi-disant vivants

authentiques fantômes

jusqu’à ce qu’on m’arrache les dents du rouage du temps perdu

Renaissance ?

Pourquoi pas…

Mais à  ce mot je préfère gestation

Il n’y a pas plus d’âge que de durée

 pour mettre au monde

l’Enfant de son Amour

Nous l’appellerons Noé-tiré-des-Os

Niala-Loisobleu

30 Août 2016

 

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Leda


Leda

Je dormais couchée sur le ventre
J’avais conscience de mon ventre

Le ciel pesant coulait en moi
Par mille graines de blé vif

Par mille oiseaux exténués
Et qui se cachent pour mourir.

Le bruit l’odeur le feu venait fermer leurs ailes
Dans ma gorge écrasée dans le puits de mes mains

Le feu le froid l’azur rassemblaient mes épaules
La verdure tremblait dans mon sang prisonnier

J’étouffais de soleil j’étais noyée d’air pur
L’abus du coeur et de la chair m’anéantit.

Bientôt je limitai le ciel je me fermai
Profonde je souffris de la boue et des pierres

Tout encombrée de mes racines infinies
Je retrouvai le dur labeur de mon passé

Ma cécité mon ignorance de l’espace
L’inavouable progrès des murs multipliés.

Mes beaux yeux séparés du monde
Où sont les morts suis-je vivante

Je voudrais répéter le monde
Et non plus être ombre d’une ombre

Mes beaux yeux rendez-moi visible
Je ne veux pas finir en moi.

Paul Eluard

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Illustration: Paul Delvaux

Eluard le coeur égorgé relève en corps le défi de respirer  Nush,

ultime souffrance au-delà de la mort

N-L – 29:08:16

Ma Rage de Dents !


15.08.2016 - 1

Ma Rage de Dents !

Hurlement dedans

la rage mord l’étalage condescendant

pour décoller la rétine de l’identité réinventée

Toi simple fleur sauvage

le pied qui t’agonit de son avis dégradant

n’est que bot

au parterre de singes-savants

miros

plus que taupes

de l’addiction

au mauvais service à rendre

Niala-Loisobleu – 28/08/16

15.08.2016 - 1 (1)

Présence


 

Présence

Accrochés sur les lèvres de l’horizon

les pôles languent le vent

Où l’astre du jour va-t-il balancer sa marée ?

Des oiseaux marins tirent le chenal

des cartes à jouer

on entend le s’aime à  fort émettre

Retenu par les palisses la canicule ne déborde plus

la dune ronronne en ondulant du do

Roulis

les mots bleus en guinguette

fleurissent à la crête  des alizés

Niala-Loisobleu – 28 Août 2016

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