Tu es là parce que précisément tout ce qui est entrepris pour t’effacer te rehausse de présence, ma Beauté


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Tu es là parce que précisément tout ce qui est entrepris pour t’effacer te relève en présence, ma Beauté

J’étais en train de porter le verre à mes lèvres lorsque je me rappelais la lueur dans le chant que j’avais capté. Je souris intérieurement. Pourquoi cette lumière m’obsédait-elle autant ? Ce n’était probablement rien.

Je reposai le verre, sortis de la cabane, les lattes de la terrasse m’envoyant la chaleur du bois à la plante des pieds nus. Un lien en monta. Je regardai en direction de l’endroit où j’avais vu la lueur du chant.

Je n’avais aucune raison de me sentir troublé, encore moins mal à l’aise. Les signes qui entouraient cette lueur ne m’étaient pas hostiles. J’eus même la nette impression que l’air était plus frais dans la chaleur matinale qui montait. Une dure journée avait marqué cette semaine qui venait de s’achever, laissant ses traces de douleur. Une journée qui place face à un avenir privé de son espoir ordinaire. Que je ne comprenais pas tout en en ressentant clairement les motifs lourds de ses sombres nuages. Une journée où tout dirigeait vers l’intention de détourner la compréhension.

Je continuai de regarder, de plus en plus conscient que quelque chose- même si je n’aurai su dire quoi – était là. Surnaturelle sensation intime. Ce qui est surréaliste passe le plus souvent au travers des gens sans que ça les alerte. Pas moi. Je vis en permanence dans un fantastique jardin où rien de ce qui est taxé de folie ne m’est anormal.

Arrivé aux premières marches descendant à l’humide touché de l’herbe, je vis clairement ton visage au travers de la végétation. Tu es là, non comme ces choses parties qui vont et viennent au gré d’humeurs soudaines. Tu es là parce que précisément tout ce qui est entrepris pour t’effacer te rehausse en présence, ma Beauté.

Niala-Loisobleu – 17 Juillet 2016