Quand on a que l’Amour on a le meilleur pour s’épargner du malheur…


Quand on a que l’Amour on a le meilleur pour s’épargner du malheur…

 

À Mademoiselle P…

Un seul bouleau crépusculaire

Pâlit au seuil de l’horizon

Où fuit la mesure angulaire

Du coeur à l’âme et la raison

Le galop bleu des souvenances

Traverse les lilas des yeux

Et les canons des indolences

Tirent mes songes vers

les

cieux

Guillaume Apollinaire

Au croisement des deux situations, celle d’avant et celle de pendant, l’après cherche à prendre position. L’homme va nous gaver de prédictions, allant du pire sans jamais s’arrêter au meilleur, faute de savoir faire en se taisant.

L’art de taire , utilisé à l’envers, est hélas la méthode qui demeure appliquée en toutes circonstances et depuis toujours. C’est en fait la seule constance humaine qui traverse les siècles sans déroger quelque soit la longueur de la robe, au-dessus ou au dessous du Je Nous.

Boum aujourd’hui c’est le brixit qui fait la une…On va souffrir disent les uns, ah bon dis-je (je fais partie des autres) parce que quand c’était avant on a été heureux ?

Il faut avoir fait la guerre pour comprendre que la paix d’une certaine manière c’est pire.

Blablabla….la vérité c’est que le savoir-vivre ça n’existe pas. L’homme survit dans un état mental létal. Il tue d’abord la conscience. C’est une précaution liminaire pour se débarrasser de la mirette à Caïn. Je vais pas m’enliser sur ce qui n’est qu’un souci de banquier. Merde au fric, je vis fauché, ayant tout investi dans l’amour. Je ne me battrais donc que contre tout ce qui le met en danger.

Tout devînt si rouillé dans ma pensée, que l’anti-rouille de mon coeur, eut un mal fou à dégripper le ciseau qui coupe les mauvaises pensées, pour rouvrir la malle au trésor A l’orée du bois, un mal de crâne épouvantable tarissait les sillons.On a pas le droit de cadenasser la vérité. Le bateau bleu n’a pas quitté l’anneau, il est lié à la traversée. Nous avons fait alliance pour le pire et pour le meilleur. Tout est contraire dans les apparences. Seulement l’amour ne peut cracher sur l’espoir. Chacun de son côté doit faire face à ses jours de merde. Ce qui enclenche tout un système de non-dits qui par son vice prédispose à croire ce qui n’est que faux. La confiance est en dehors des magouilles ordinaires du quotidien.

Tirez les premiers Messieurs les Anglais et tant pis pour l’effet domino, ou tant mieux, car il n’affectera pas ceux à qui on a déjà tout pris.

Quand on a que l’Amour on a le meilleur pour l’épargne du malheur…

Niala-Loisobleu

24 Juin 2016

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NOCTURNE EN PLEIN JOUR


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NOCTURNE EN PLEIN JOUR

Nocturne en plein jour

Quand dorment les soleils sous nos humbles manteaux

Dans l’univers obscur qui forme notre corps,

Les nerfs qui voient en nous ce que nos yeux ignorent

Nous précèdent au fond de notre chair plus lente,

Ils peuplent nos lointains de leurs herbes luisantes

Arrachant à la chair de tremblantes aurores.

C’est le monde où l’espace est fait de notre sang.

Des oiseaux teints de rouge et toujours renaissants

Ont du mal à voler près du cœur qui les mène

Et ne peuvent s’en éloigner qu’en périssant

Car c’est en nous que sont les plus cruelles plaines

Où l’on périt de soif près de fausses Fontaines.

Et nous allons ainsi, parmi les autres hommes,

Les uns parlant parfois à l’oreille des autres.

Jules Supervielle

(Extrait de La fable du monde)

 

Les 29 coups ont si bien sonnés derrière ton entretien de la moto et de l’arbre mon vieux Coluche que ça fait déjà 30 ans. Malédiction ou bon choix ? On se demande si t’aurais pas eu la prémonition angoissante du visionnaire de l’à venir de la machine infernale à broyer dans laquelle tu s’rais corps et bien passé…aspiré par un rire se retournant contre son auteur ? L’ire au nid, couve. L’indécence sort du chapeau.

Mais dam, dans cette absurde comédie, pourquoi pas, on est pas à un dessous merdeux près.Au point que je pense que ça permet au fromager de laisser croire qu’il est aux manettes. Curieux cette façon d’être partout sauf à bord du France, pour diriger le pays. A moins que ce nom ait été repeint sur l’épave du Titanic?

Je t’interdis de manifester…

J’ai gardé ma fenêtre ouverte, m’aime si dehors y a que du froid, de l’absence et de l’ingratitude, la chaleur qui sort de chez moi vaut mieux que des bonnes paroles à mauvais sorts.M’aime plus plus divine, la comédie, dieu est mort.

En écoutant le ramier de plus près j’ai eu vent d’un pet. Ah l’odeur c’est ce qui peut en corps nous sauver. A condition d’avoir du né. Evidemment on rapproche du départ annuel de la grande ruée vers l’hors. Paris qu’étouffe, Paris gavé de couleuvres, Paris qui n’en peux plus de pas savoir si il doit comment manifester, merde Paris veut partir en con j’ai payé.Aux Portes, les quat’roues dans les starting-bloks c’est la lutte pour la pool position. Ici on s’apprête à foutre des protections sur les plages. Faut préserver les pinèdes et les monuments d’herbe verte, le papier gras arrive ! Gare ta gueule à la récré belle province, v’là les casseurs.

Brixit, une nouvelle version estivale de la Madrague, BB veut se refaire les nichons.Sortir en restant, to be or not to be, l’anglais n’aime que les avantages pas les inconvénients.

Niala-Loisobleu – 23 Juin 2016

 

The Witch's Garden

 

Levons l’encre pour un rêve debout


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Levons l’encre pour un rêve debout

En gorgée de terre

étrave au labour antarctique

larguée des hautes falaises calcaires

et taire de feux éruptifs

les doigts de caresses

pris de craie

soulèvent la vague d’antagoniques courants

au fond du navire

La table des cartes garde à manger sur son plateau, des airs de pique-nique entre ses carreaux. Une carte jaunie a déjà des chaleurs qui montent aux gestes de quelques chansons de marins. J’ai mon sac à faire, trois tee-shirts, une casquette et des espaces drilles, le sable est déjà sur place, chaud comme un légionnaire. Pourquoi faudrait-il repeindre la barque si la couleur de l’eau reste identique au sel des chevaux ? Les plis de l’accordéon iront retendre les torsions du Barrio quand nous serons en vue de Valparaiso.

Levons l’encre pour un rêve debout.

Niala-Loisobleu  – 22 Juin 2016

15 - 1

 

Parce ce que tout ce qui tombe n’est pas à rejeter…


Alexandra Eldridge  (U.S.A.1948)

 

Parce ce que tout ce qui tombe n’est pas à rejeter…

 

Les marches montent le ton, tiens c’est vrai cette nuit du bleu m’est revenu d’un vieux rock in chair.

Je m’en souviens comme si c’était hier de la voix de mon Père, chantant au-dessus de la veine qui gonflait le sein de ma Mère, où je buvais mes premiers pas vers un univers qui, j’y ai toujours cru, saurait se faire autre.

Combien de temps faut-il pour que le fût du canon se froidisse ?

Elle semblait venir de loin la voix off. Pourtant rien de plus près que le voisin de palier, un échantillon pris au hasard dans le collectif ambiant d’une indifférence épaisse

Haussement des pôles.

Un machiniste entre côté court et emporte le quidam et sa question, tous les deux habillés en costume de maréchal-des-logis, autrement dit le concierge.

A l’époque où nous avions pas encore 6 ans, mon Père, ma Mère et moi, on n’aurait jamais eu l’outrecuidance de prétendre à la majorité, surtout qu’à nous trois ç’aurait bien fait 18, mais pas 21 comme exigé alors.Il parait que pour le 21 c’est 4 fois qui faut.

Mais ai-je besoin d’un retour en arrière, et pour quoi faire ? D’abord j’ai toujours 6 ans. J’ai pas à regretter ça ou ci. Je suis pas interdit d’être fou, innocent, m’aime plus pur, plus puceau. Vous saurez jamais, j’peux pas expliquer, il n’y a que mon Amour qui sache, sans besoin de mots. Tout seul il comprend le silence avant que mes lèvres remuent, moi j’marche dans ses yeux comme quand on est pas à la place du mort. On a pas envie d’se cacher, et c’est plus que dur, ce monde il accepte pas ce qui sort de ses normes de catastrophes. Le grand jour, c’est pas convenable. Tiens imagines un fondé d’pouvoirs qui en abuserait devant les autres, et qui harcèlerait l’employée sur le bureau sans attendre la fermeture. Non c’est intolérable.Il faut une morale, d’ailleurs on pense à la réintroduire, c’est drôle ce mot il résonne un peu comme viol à la tire.

Je parle tout seul à nous deux. Que je peigne ou que j’claviote, faut pas faire attention, sans prévenir, j’la sors oiseau, arbre à faines, petites maisons blotties, roulottes sur le cheval d’une guitare. J’voyage toujours, parce que j’ai vu trop de gens vieillir de jamais être sortis de leur sédentarité fixe. Quelle drôle d’idée. J’en ai les bras qui tombent. Comme des seins déchus de reconnaissance. Parce que tout ce qui tombe n’est pas à rejeter. Au contraire, tiens à voir toutes les taches de couleurs qui sont par terre au pied du chevalet, j’pourrai jamais nier qu’elles sont mon ciel à ailes toutes seules.

J’suis un petit bateau  qui nage d’avoir appris de mon Père à respecter par libre choix, agir contre le béni oui-ouisme, tenir la tête droite en aimant ce qui est digne et mordre ce qui charogne.

Niala-Loisobleu – 21 Juin 2016

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Alguém que passou por cá


A cette ô d’heur
fichée là où les fleurs
s’en sont déboutonnées…
N-L 20/06/16

Je pleure sans raison que je pourrais vous dire

Por trás do espelho quem está
De olhos fixados nos meus?
Alguém que passou por cá
E seguiu ao Deus-dará
Deixando os olhos nos meus.

Luís de Macedo, pseudonyme de Luís Chaves de Oliveira (1901-1971). Cansaço.

À qui derrière le miroir
Sont ces yeux rivés aux miens ?
À quelqu’un qui passait par là
Puis s’en est allé Dieu sait où
Laissant son regard dans le mien.
Luís de Macedo, pseudonyme de Luís Chaves de Oliveira (1901-1971). Lassitude, traduit de : Cansaço par L. & L.

Ainsi paraît la gloire du monde.

Montpellier (France), Hôtel de la Petite Loge, 18 juin 2016 (Installation IN N' OVER, Maxime Derrouch , Typhaine Le Goff et Emeline Marty, Festival des architectures vives 2016)

Ainsi passe-elle.

Montpellier (France), Hôtel de la Petite Loge, 18 juin 2016 (Installation IN N' OVER, Maxime Derrouch , Typhaine Le Goff et Emeline Marty, Festival des architectures vives 2016)

Dissoute à jamais dans la poudre du temps.

António Vasco Moraes | Cansaço. Luís de Macedo, paroles ; Joaquim Campos, musique ; António Vasco Moraes, chant ; Dinis Lavos, guitare portugaise ; Jaime Santos Jr., guitare classique. Vidéo : 4FadoLisbon. Captation…

Voir l’article original 221 mots de plus

DECHIRURE


 

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DECHIRURE

 

Mains sales du temps

chiures de mouches aux carreaux

retiennent l’absence d’horizon

 

Salut Soutine

comment vas-tu la-haut

mon vieux ChaÏm ?

 

Qu’en est-il du grouillant comme l’essaim d’une poitrine écorchée

dont t’as éclaboussé le lin blanc

d’un sang de couleurs

qui fout l’expressionnisme en plein dans la gueule

comme un feu des toiles ?

 

Causes-tu avec les autres ?

Pas n’importe quels autres

tu sais bien, j’veux dire les Ruchains

qu’avec, t’as partagé la peau nue, un mal de vivre

dans un samovar du diable, chaudron de tous les malheurs ?

 

Non ?

 

T’es resté introverti

un mutisme paradoxal

n’ayant donné la parole qu’à la violence

des rouges, jaunes, verts, violets, bleus

hurlants de douleur

 

Le regard planté bien au-delà de la ligne d’horizon

de face éperdu, les mains tordues, tronc aux noeuds de plaie ouverte

enfant-adulte, poupée de son-porcelaine

veiné de carrare violet

épouvantail de la folie

Tu l’as-tu ce paysage de ta vision extrême ?

 

J’aimerai savoir que tu ne te déchires plus

comme ça quand j’viendrai, tu me feras voir ta constellation des toiles

 

Je pense beaucoup à vous

les événements en sont cause

Déception ajoutée

rapproche du dégoût du néant.

 

Niala-Loisobleu

20 Juin 2016

 

 

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LE PEINTRE HABITE


Dorina Costras ==

LE PEINTRE HABITE

Saurai-je dire ce tableau, le parler dans tout son silence ?

C’est d’abord inconsciemment, puis avec de plus en plus de netteté, sentir mon esprit s’imprégner d’une réflexion en état de germination . L’intime, le secret de l’être se  retrouvent face à la fenêtre.du présent, regardant passer des bouffées de vie, dans des rues de bien des évènements. La pâte picturale les a massé, désireuse d’atteindre la 3° dimension. Celle qui viendrait conclure par un acte en quelque sorte testamentaire. Pour transmettre sans adresse un rêve à poursuivre

Les gens du voyage dont je suis, croisent des arbres rouges aux veines nourricières faites de petits chemins, flottant à bord des rus, pour joindre le dos des fleuves. Croisant des roulottes où les chevaux sont basanés, les filles sauvages et les garçons fiers, on voit les maisons passer sur des nuages, percés de fenêtres à l’orée des forêts rousses d’écureuils. Rien n’est anormal, excepté ce qui tien debout.

Monologue à deux voix, le coeur et l’âme en tête-à-tête se projetent les paysages d’un amour insensé, n’obéissant à aucune des règles de la raison qui parle de possible en mots de néant. Vigoureux comme un rejet qui part du pied du tronc, frêle comme une herbe se foutant pas mal des géants de tous poils; qui n’a rien à cirer de la majesté de la race, seulement besoin d’aller donner sa sève à la vie.

Enfant hors d’âge. Innocent comme un simple d’esprit que le soleil habite de l’intérieur.

Que fais-je ici, dans un monde qui s’acharne à ne pas être pas le mien, par défaut d’humanité ?

Depuis le temps que mes billes roulent dans les cours de mes écoles, j’ai appris que la case prison existe dans tous les jeux. Si bien que je m’en suis libéré par quête d’absolu. D’où ces refus de porter du noir à mes lèvres quand la mort viens trop près. Il faut que je vole d’une toile à l’autre avec mes mots de couleur.

Que fais-je ici ? Mais rien d’autre qu’aimer en dépit de tout ce qui le contredit, de l’Amoureuse plein la musette, des yeux bleus au travers la coupole, mon institut c’est sa beauté intérieure, ses pattes d’oies autour du torse c’est mon capitole retraite, le Paul avec l’Eluard, grimpant les escaliers des arcs-en-ciel, sans mes soufflets du quotidien, à tirer le Char sans harnais en vue du Roberto Juarroz vertical..

« Ici, la nature était une chose sauvage, effroyable, et pourtant belle. Je regardais avec une crainte mêlée d’admiration le sol sur lequel je marchais pour observer la forme, le matériau et le travail des Puissances. C’était là, cette terre dont on nous a parlé, faite de chaos et de ténèbres. Ici, nul jardin pour l’homme, mais le globe intact. Ni pelouse, ni pâture, ni prairie, ni bois, ni pré, ni terre labourée, ni friche, c’était la surface fraîche et naturelle de la planète terre, telle qu’elle fut faite pour l’éternité des temps afin d’être, croyons nous, la demeure de l’homme. Ainsi la nature l’a conçue et ainsi l’homme en use, s’il le peut. Mais il n’a pas été crée pour lui être associé. C’était une matière vaste et terrifiante (Et non la Terre mère), elle n’était pas faite pour qu’on y marche et pour qu’on y soit enterré. Non, ce serait encore se montrer trop familier que de laisser ses os y reposer. Si c’était une demeure, c’était celle de la nécessité et du destin. On pouvait clairement sentir à cet endroit la présence d’une force qui n’était pas tenue de se montrer bienveillante envers l’homme. C’était un lieu de paganisme et de rites superstitieux destiné à des êtres plus proches des rochers et des bêtes sauvages que nous le sommes…Que sont les myriades d’objets singuliers d’un musée auprès de la surface d’une étoile, auprès de quelque objet dur dans sa gangue ? Je suis là et je regarde avec respect mon corps; cette matière à laquelle je suis lié me semble maintenant tellement étrange. Je ne crains pas les esprits, les fantômes (j’en suis un), comme pourrait le faire mon corps, je crains les corps, je tremble d’en rencontrer. Qu’est ce que ce Titan qui me possède ? Parlons des mystères! Pensons à notre vie dans la nature, dont nous voyons la matière et avec laquelle nous sommes en contact chaque jour! Rocs, arbres, souffle du vent sur nos jours! La terre solide! Le monde réel! Le sens commun! En contact, en contact! Qui sommes-nous? Où sommes-nous?»

Henry David Thoreau, Ktaadn.

J’ai l’amour chevillé au corps et ne suis qu’un sauvage qui cultive le bonheur par irrigation de larmes. Rien d’autre qu’un passant qui s’attarde au bord de la voix des arbres à méditer les paroles du vent dans les feuilles. Savoir que je ne laisserai rien de moi donne plus que de la prospérité au présent quotidien.

Niala-Loisobleu – 19 Juin 2016

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EFFACEMENT DU PEUPLIER


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Effacement du Peuplier

par René Char
 

L’ouragan dégarnit les bois.
J’endors, moi, la foudre aux yeux tendres.
Laissez le grand vent où je tremble
S’unir à la terre où je croîs.

Son souffle affile ma vigie.

Qu’il est trouble le creux du leurre

De la source aux couches salies !

Une clé sera ma demeure,

Feinte d’un feu que le cœur certifie ;

Et l’air qui la tint dans ses serres.

 

Toute la nuit le tableau et moi, nous avons remonté « Nous » un pas après l’autre.
D’un moindre gravier à l’immense pierre bâtie l’une contre l’autre pour aiguiser la flèche à crever les nuages.
Combat interne où l’unique conquête est de surmonter ce qui fait stase pour ne pas toucher au substratum.
L’un des rampants monolithes du fronton de la colonnade s’étant rompu au montage on en fit un en aggloméré, et cet aggloméré est toujours là; on ne le distingue pas du rampant qui est en pierre naturelle. Arts et litt., 1935, p.20-08.
Se maintenir tel. Pas une contrefaçon. Ne pas signer l’oeuvre avant de l’avoir épurée de ce qui serait sous influence. N’être pas parjure à son Esprit.
Apprendre à se parfaire soi m’aime pour déserter les homes de paille.Pavillon de complaisance des tentations sous.
L’oeuvre est miroir. La toile ne doit rien occulter de son autre côté. Savoir froisser l’image précédemment écrite, la mettre à la corbeille.L’écriture-peinte est en braille !
Nuit de mes vingt ans retrouvée, je suis rentré à nouveau en loge, seul avec mon Identité. Toujours revivre son testament philosophique. Il n’y a pas d’âge pour vivre. Juste le devoir d’être présent à chaque instant de son existence.
Niala-Loisobleu – 18 Juin 2016

INITIATION


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INITIATION

C’était avant…

à vent quoi

les mous lins

aux fils à croiser

pour en tirer l’étoile

Sur l’enlisé un songe bulle hors de la vase…

 Le jour viendra la nuit aussi J’ai peur, tout à coup, de ce qui gronde en moi comme un chacal en proie au mal de faim. j’ai peur de toutes mes faims de vivre, inassouvies et prêtes à me dévorer. Je suis la proie de ma propre faim. Je meurs de ce manque immense de l’univers: non désir, non échange, non transparence. Je meurs de froid dans le négatif du soleil.

Il y a pourtant, quelque part, des embrasements, des mots vibrants comme des violons, et des sources où boire à longs traits la lumière.

 

La pierre, comme nous, résiste, s’use, s’effrite et meurt. Elle est notre miroir. Elle porte nos désirs, et nos peurs aussi, d’immobilité, de densité, de pureté. Elle nous interroge sur des valeurs fondamentales, le lourd et le léger, le dur et le liquide, l’indifférence et le frémissement, la vie est la mort. Ces textes tentent d’explorer quelques-unes des correspondances entre le monde minéral et le monde humain, entre le rocher souffrant et l’homme qui cherche vainement à bâtir des murailles contre la douleur et l’Émotion, et qui les revendique pourtant.

Colette Gibelin

 

Lapidaire mon chemin de pierre taille le brut. Mes mains saignent de tant de larmes quand montant le rang, je vois s’ériger l’édifice à l’accroche d’une Lumière qui se débat.L’instant où l’on voit son souffle envahit par l’apnée bat aux tempes à décloisonner l’indistinct en posant les premiers traits de l’esquisse. La question-clef tient en corps la serrure au coeur de son mécanisme. Il faut dévérouiller la gangue pour toucher au seuil.De quel pigment minéral l’arc-en-ciel épure-t-il l’opaque ?

Niala-Loisobleu – 17 Juin 2016

 

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