DECHIRURE


 

A2-Niala 3

 

DECHIRURE

 

Mains sales du temps

chiures de mouches aux carreaux

retiennent l’absence d’horizon

 

Salut Soutine

comment vas-tu la-haut

mon vieux ChaÏm ?

 

Qu’en est-il du grouillant comme l’essaim d’une poitrine écorchée

dont t’as éclaboussé le lin blanc

d’un sang de couleurs

qui fout l’expressionnisme en plein dans la gueule

comme un feu des toiles ?

 

Causes-tu avec les autres ?

Pas n’importe quels autres

tu sais bien, j’veux dire les Ruchains

qu’avec, t’as partagé la peau nue, un mal de vivre

dans un samovar du diable, chaudron de tous les malheurs ?

 

Non ?

 

T’es resté introverti

un mutisme paradoxal

n’ayant donné la parole qu’à la violence

des rouges, jaunes, verts, violets, bleus

hurlants de douleur

 

Le regard planté bien au-delà de la ligne d’horizon

de face éperdu, les mains tordues, tronc aux noeuds de plaie ouverte

enfant-adulte, poupée de son-porcelaine

veiné de carrare violet

épouvantail de la folie

Tu l’as-tu ce paysage de ta vision extrême ?

 

J’aimerai savoir que tu ne te déchires plus

comme ça quand j’viendrai, tu me feras voir ta constellation des toiles

 

Je pense beaucoup à vous

les événements en sont cause

Déception ajoutée

rapproche du dégoût du néant.

 

Niala-Loisobleu

20 Juin 2016

 

 

A2-Niala 258

13 réflexions sur “DECHIRURE

  1. Très beau texte à un peintre majeur, échevelé et crucial.
    J’aime l’homme. Et j’aime vos mots pour lui rendre hommage. Et votre tableau aussi.
    bref, merci.

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  2. Ce qui reste d’humain, là, accroché au loin
    dernier hennissement de Vaugirard
    cas hein, cas ah.
    rougit d’un sot le trottoir…

    Merci Elisa.

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  3. Qui mieux
    et plus fort
    qu’un monde réfugié
    coincé dans les barbelés
    d’une guerre
    sociale
    politique
    industrielle
    militaire
    que ceux de cette Ecole de Montparnasse
    ont pu dire plus ô la volonté d’être de l’Homme ?
    Aucun
    et reste à présent plus autre chose
    que personne
    qu’une pierre tombale…

    Merci Madame lit.

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  4. Songe d’une ville en été

    La ville est belle comme une blessure
    lumière et mouvement sur l’eau
    la ville tangue vers sa destination
    comme la proue d’un bateau
    sur les quais des hommes marchent
    entre les rives,
    l’ile est une femme endormie
    belle dans sa statue de liberté
    Et nous voilà tous deux à cette heure désertée
    de la crue, dans la distance limpide du ciel
    serrés devant le fleuve, nous attendons
    nous voilà évadés de la peur, nous voilà uniques.
    la nuit s’empare de nos désirs
    de rêves de mouettes et du cri long des bateaux .
    depuis la rive nous faisons signe aux mariniers
    Leurs mains saisissent les cordes ,
    leurs chants portent les voyelles loin
    contre le vent, et plantent dans les flots, la parole d’errance.
    les voilà brisant l’étreinte du fleuve, tandis que les vagues hantent la mémoire
    de poèmes anciens que travaille la mer.
    Nicole Barrière

    Ainsi la vague nous monte et descend d’un mouvement perpétuel, merci Calamity.

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