LA MEMOIRE DES MUSES 4


LA MEMOIRE DES MUSES 4

L’Amoureuse en Secret

Elle a mis le couvert et mené à la perfection ce à quoi son amour assis en face d’elle parlera bas tout à l’heure, en la dévisageant.
Cette nourriture semblable à l’anche d’un hautbois.

Sous la table, ses chevilles nues caressent à présent la chaleur du bien-aimé, tandis que des voix qu’elle n’entend pas, la complimentent.
Le rayon de la lampe emmêle, tisse sa distraction sensuelle.

Un lit, très loin, sait-elle, patiente et tremble dans l’exil des draps odorants, comme un lac de montagne qui ne sera jamais abandonné.

René Char

La lune sur le coup de minuit sortit ses pieds nus, un besoin de bain de soleil l’ayant parcouru d’un bout à l’autre du corps. Tandis que les étoiles filantes acheminaient le courrier céleste, elle avait ouvert sa pensée à la page à musique. L’épitre ornée de riches heurs donnait sur un vieil instrument baroque, sorte de viole à plusieurs cordes du kama-sutra. Au-dehors la forêt se balançait au bout de ses lianes. Les fleurs qui avaient travaillé tout le jour sous la conduite du parfumeur le plus habile à assembler les fragrances, dormaient, tandis que celles des équipes de nuit agitaient les draps pour en extraire les épices.

Et toujours les mêmes petites maisons enlacées.

Debout sur le pont, un oiseau dépêché d’un archipel lointain se proposa pour donner plume à l’écriture des ébats. Son innocence ne prêtant pas à ragots, on l’accepta sans mots déplacés. Il fut déclaré Secret Taire par l’assemblée des initiés et on le plaça devant un pupitre rescapé d’une communale de Jules Ferry. Dans le casier à couvercle, des vieilles cartes de nos régions racontaient le nom des ancêtres, un vieux bouquin d’Histoire donnait la liste des rues d’une ancienne humanité. Puis des bouts de craie, un chiffon, des bouts de ficelle et un compas sans règle étaient là pêle-mêle un éclat d’oeil aux lèvres. En haut de l’écritoire, l’encrier blanc en porcelaine riait malicieusement en se souvenant des zizis qui y avaient trempés dans les écoles de garçons. Pour montrer à la sortie de celle des filles combien l’encre peut conter.

La peinture ne te sèchera jamais ma Muse. Elle t’enveloppe. Robe aux transparences de soi qui devance le désir et phantasme par la transcendance un pouvoir magique. Tremble de ces frissons qui portent à la folie la plus extrême sans que l’impuissance puritaine puisse en interdire l’exercice.

Bien sûr que je t’aime !

Niala-Loisobleu – 20/05/16

 

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LA MEMOIRE DES MUSES 4
2016
NIALA
Acrylique s/toile 41×33
Adresse de mon site officiel: http://www.niala-galeries.com
20 Mai 2016

Au bord du ruisseau des traces animales conservent le point d’eau.


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Au bord du ruisseau des traces animales conservent le point d’eau.

 

Nous avançons de la main, des marques d’yeux au fond des poches de notre perception.

Ni le bruit racoleur d’une chanson dissimulant son lucre derrière du sirop, pas plus que la sortie de chez le coiffeur de la nouvelle tête du présentateur, ne pourront faire du fond de nôtre âme un étal de foire.

Tu n’as pas changé l’intérieur de tes seins en regardant la vitrine d’un soutif au balconnet provocateur. Il peut sentir la frite, le marchand de moules ne nous a pas formaté. Ta peau est bien dans la mienne pas besoin de me pincer.

Au bord du ruisseau des traces animales conservent le point d’eau.

Tu dors au milieu de nôtre chemin quand la nuit se fait jour. J’ai ôté les fers de mes chaussures pour ne pas rendre les étoiles filantes hésitantes. Le ciel contient dans l’armoire de ses gros nuages tant de rêves bleus. Chacun est écrit sur ton do. Musique lancinante que tes reins fredonnent au rythme de la vague des miens. Reste contre moi. Mon ventre gouvernaille au centre de ton chenal. Les arbres morts n’iront pas prétendre redonner poumon à l’Amazonie, nous en plantons de vivants tous les jours de souffrance, sans pépins,  contre les mauvais serpents du verger.

J’ai vu saigner ma nudité quand tes lèvres l’embrassant, ont fait couler la couleur en paroles de silence de tes aisselles au bastingage de ton étreinte mon Amour. Ne m’attends pas je suis là mon Poisson-Chat, dore en corps.

Niala-Loisobleu – 20/05/16

 

10.05.16 - 1