PROXIMITE


16

PROXIMITE

L’inclinaison de la tige ne renseigne pas sur la couleur de la feuille à venir

il reste entre l’attente et la longueur

l’assise du vide sur laquelle le pont s’appuie de toutes ses jambes

Le vent porte d’Est bien plus loin que le coin de la rue du couché

au moment où le feu passe du rouge à l’avance du vers la sortie de stationnement

les deux trottoirs de nos rues n’ont pas la même exposition;  ça offre à la chaussée le choix d’avancer au milieu

Au bord de la rivière tournent les moulins

celluloïd des grands pavois ou sureau de chants flûtiaux

quoi qu’il en soit

le nombre de tours n’influencera pas le fil de l’eau

Il y aura toujours un grain ente les pierres et les balises

comme de l’air sous le kiosque scaphandrier du grand bassin de la chanson des sources

pour maintenir haut l’aile de l’oiseau

Ne me demandez pas as-tu mal de l’attendre puisqu’elle est là, la présence c’est plus que la démonstration bonimenteuse à l’étal

Les basses-eaux laissent au bateau la vision libre du large au repos des vagues. Pendant que les bulles prouvent la présence effective des poumons du sable, la plage suce les ciels sans nuages, confiserie d’iode piquée sur un mât

Te savoir à mon souffle liée

me tient bien plus en l’haleine chaude

qui préserve mieux du froid de la séparation

que la chaleur artificielle d’une présence simulée

Ton âme en mon bois

ventricule la sève de mon arbre d’un pouls régulier

Les maisons blanches accrochées aux sierras de mes voyages se serrent  aux cordes des guitares en battements de pieds. La fraîcheur de ta fontaine pleure d’amour pour faufiler chaque tableau par les venelles de nos coups de chaleur.

L’expérience de la relativité remet à jour les paramètres de la proximité, cette odeur particulière que la terre chaude exhale après l’ondée solaire de l’encre humaine.

Seule l’enfance n’est pas à séparer de la traversée.

Niala-Loisobleu – 16/05/16

99765234ef4d8f288ed977c7c3a89086