RESISTANCE


RESISTANCE

J’ai à lutter contre la douleur qui me coupe de peindre jusqu’à perdre la plume de mon encre.

Les matins en s’usant des levés déployés dans les multiples veinules  du vouloir vivre amarrent de grimaçants ténèbres au moyen de mal de dos,, de feu d’oeil  et d’amputations des jambes.

Je ne serais pas responsable de l’errance humaine qu’à l’expresse condition de ne pas m’en repaître pour moi-même tout en la décriant.
 

Allégeance

 

 Dans les rues de la ville il y a mon amour.

Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n’est plus mon amour.

Chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus, qui au juste l’aima ?

Il cherche son pareil dans le vœu des regards. L’espace qu’il parcourt est ma fidélité.

Il dessine l’espoir et léger l’éconduit. Il est prépondérant sans qu’il y prenne part.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. À mon insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s’inscrit son essor, ma liberté le creuse.

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé.

Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima et l’éclaire de loin pour qu’il ne tombe pas ?

René Char (Fureur et mystère, Poésie-Gallimard p.214)

 

J’ai à faire entendre à ma vieille naissance la jeunesse de ma présence. L’acte étant l’heur universel, le discours est rendu inepte par le retard gémissant d’un grincheux Chronos.

Dans un monde qui recule j’ai à jeter sans me freiner le lest qui m’est étranger, on ne peut espérer ranimer ce qui est mort.

 

Niala-Loisobleu – 08/05/16

 
 char