Médiocrité


MEDIOCRITE

Dans l’Infini criblé d’éternelles splendeurs,

Perdu comme un atome, inconnu, solitaire,

Pour quelques jours comptés, un bloc appelé Terre

Vole avec sa vermine aux vastes profondeurs.

Ses fils, blêmes, fiévreux, sous le fouet des labeurs,

Marchent, insoucieux de l’immense mystère,

Et quand ils voient passer un des leurs qu’on enterre,

Saluent, et ne sont pas hérissés de stupeurs.

La plupart vit et meurt sans soupçonner l’histoire

Du globe, sa misère en l’éternelle gloire,

Sa future agonie au soleil moribond.

Vertiges d’univers, cieux à jamais en fête!

Rien, ils n’auront rien su. Combien même s’en vont

Sans avoir seulement visité leur planète.

Jules Lafforgue

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Non, je ne venais pas de faire un cauchemar

J’étais bien sur Fesses de Bouc

Triste réalité du temps creux

Résonance de l’absence

Ah mais y a des merveilleux poètes

si simplement beaux

qu’on faillirait ne pas les voir

si on s’attardait qu’à dire « j’aime » sans savoir pourquoi…

Niala-Loisobleu – 21/04/16

J’SUIS UN BEAU AH CON SCRUTEUR !


J’SUIS UN BEAU AH CON SCRUTEUR !

Cette maison nôtre qu’un végétal chlorophylle de senteurs étranges, tapisse l’aller-et-retour de mon train à travers un chant d’anémone sauvage. Sur des paroles battantes de pouls, au sang des veines, je vais étranger aux reflets des gorgones placées par les sectes démarchant, diseuses de bonne-aventure, ayant siège Boulevard du Crime. La paille de ton ventre nourrit ma litière de toutes escapades au-delà des interdits et fariboles recommandations d’ineptes du savoir-vivre. Il faudrait toujours faire le beau pour avoir un sucre, bah, j’ai de Quasimodo un air de profil qui me sied tout à fait.Un craint de beauté sur l’affaisse, du poil partout mieux que de la barbe de bio ce putain de vert-de-gris d’une centrale atomique consacrée à l’éclairage politique juste éteint ce qu’il faut pour tromper le possible électeur pris d’ébriété. J’veux pas plaire, j’veux pas m’vendre, j’veux que vivre comme l’enfant que l’amour oxygène, mon Bleu mettant ses suçons partout !

Niala-Loisobleu – 20/04/16

 

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BAL MUSETTE


BAL MUSETTE

Par la rue

d’un soir à musique

grimpent les marches d’un souvenir

Néons

la boule au plafond enseigne

Bouffées de rires

entre les nacres

l’accordéon expire ses seins

du décolleté

à la renverse

ça serre à reins que crever

de se retenir

au port de l’amour

sans embarquer

Niala-Loisobleu – 20/04/16

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Lorsque s’en vient le soir


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Lorsque s’en vient le soir

Lorsque s’en vient le soir qui tourne par la porte
Vivre à la profondeur soudain d’un champ de blé
Je te retrouve amour avec mes mains tremblées
Qui m’es la terre tendre entre les feuilles mortes
Et nous nous défaisons de nos habits volés

Rien n’a calmé ces mains que j’ai de te connaître
Gardant du premier soir ce trouble à te toucher
Je te retrouve amour si longuement cherchée
Comme si tout à coup s’ouvrait une fenêtre
Et si tu renonçais à toujours te cacher

Je suis à tout jamais ta scène et ton théâtre
Où le rideau d’aimer s’envole n’importe où
L’étoile neige en moi son éternel mois d’août
Rien n’a calmé ce coeur en te voyant de battre
Il me fait mal à force et rien ne m’est si doux

Tu m’es pourtant toujours la furtive passante
Qu’on retient par miracle au détour d’un instant
Rien n’a calmé ma peur je doute et je t’attends
Dieu perd les pas qu’il fait lorsque tu m’es absente
Un regard te suffit à faire le beau temps

Louis Aragon

 

LA PÊCHE A L’HALEINE


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LA PÊCHE A L’HALEINE

 

Laisse tes doigts s’humecter à la salive de la vitre

du vent qui pousse au jardin les jalousies baissent leurs paupières

ne regarde pas le sens du clocher, qu’aurions-nous à faire d’une procession

juste un mouvement d’ailes

doit te dire que le nid ne se construit pas aux girouettes

Où est l’oeuf

se dresse la prochaine pierre qui nage de ses propres élans

Un fil

C’est le pont sur lequel nous traversons notre vie

Niala-Loisobleu – 19/04/16

 

EXPECTORATIONS DU BON CHIEN


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EXPECTORATIONS DU BON CHIEN

Je n’avais aucune envie d’écrire ce matin. Je le fais chaque jour comme je peins. Mais il y a des jours de dépeinture, quand le paysage se corrompt par abandon, manipulation, tromperie, ou tout mauvais traitement à base de mots nitrates qui polluent par la bêtise, la flagornerie dont ils peuvent être composés.

Après avoir pas lu l’article de la côte de popularité, traitant de la mégalomanie politique , je n’ai pu retenir le besoin d’en parler, voici donc à mots mécaniques, ce que je ressens ce soir.

Flatter pour flatter, billevesées en rafales, pour moi c’est un véritable attentat contre la personne humaine. Donc, je garde ma larme. Que les crocodiles ne se méprennent pas, je ne pleure jamais devant les tous bides, c’est seulement quand j’ai le ventre qui s’ouvre au contact d’une l’âme humaine que je me fous à poil.
De me savoir ponté sur deux êtres par un tiers : le suis et le pas reconnu, ça me percute grave.
L’admiration s’est glissée dans toutes mes cellules quand j’étais tout p’tit, j’en ai jamais démordu. Mettant les verrous sur tous les faux-marbres, les faux-bois, les faux-sentiments, les faux-malheurs, les faux problèmes…ces petites merdes qui sont journellement déposées sur mes trottoirs par les assistés de notre pauvre société. Cette société au lieu de se soigner, profite grassement d’une déchéance de ses membres, le fric n’a vraiment pas d’odeur. La vraie misère, quelque en soi la cause, la forme, la vraie ne fait pas étalage de sa déprime, elle reste silencieuse, digne, accrochée à sa dernière lueur.
Doù l’envie de ne rien écrire de moi mais de lire des autres.

Comme une autre réalité du changement d’heure. Un arrêt pour faire le point, regarder autour. Le vide du web est notoire.car en dehors de ceux qui ne disent jamais rien , mais qui matent, il y a ceux qui dégoulinent en flatteries poisseuses, en mots creux, et ceux qui remettent, entre deux faux sourires, leur vraie grimace de fausse-douleur, et que je te retartine le fiel des petits bobos.

Ils sont rares les penseurs qui n’ont pas une fausse-idée, qui ne gonflent pas du bulbe dans une diarrhée écrite sur n’importe quoi, le sujet qui n’interpelle que les sourds.
Je leur dis donc MERCI, ce qui chez moi n’a jamais été un tic, une poignée de main automatique, un « comment ça va » en boucle.
Emu par la beauté de vos lignes Amis Chair, mes Humains, je suis troublé, en pleine conscience du bienfait que vos douleurs profondes à votre rage mêlés, sont d’une portée considérable par la générosité qu’elles contiennent.

Je me sens lié à vous par un des rayons de cette Lumière qui perce les ténèbres de l’humanité, tout en demeurant conscient comme jamais que ça échappera totalement à icelles et iceux qui portent une part de responsabilité dans ce qui est à l’origine du marasme.

Niala-Loisobleu – 18/04/16

 

 

Il n’était jamais une fois qui eurent…


Ariel Brearly.

Il n’était jamais une fois qui eurent…

La photo a les traits tirés

à quoi tu vois ça ?

Ben c’est facile

elle ressemble à rien de plus vrai qu’une rencontre en plein désert

Jusque que dans les mots qu’elle dit

où rien à part l’acte est caché

Tu sais comme

T’as d’beaux yeux

Ah oui le mensonge instantané

qui souhaite la bonne santé au mourant

Ben voilà

t’as tout compris

J’te r’mets un dernier Léotard pour la route ?

Niala-Loisobleu – 17/04/16

 

 

 

Dimanche en poésie : Werner Lambersy


L’aurais-tu deviné Martine, les femmes ont une acuité particulière pour lire ce type de pensée, après avoir lu ton propos du jour, ce poème, j’ai eu le sentiment que tu venais de l’écrire à ma place. Présence réconfortante, du soutien que l’amour apporte sous la forme décente qui convient. Aussi proche que l’on puisse se trouver de l’ami qui pleure, on ne peut que constater qu’il est impossible de se faire ses larmes.. Elles n’appartiennent qu’à celui qui morfle. C’est bien, aussi je te reblogue pour que tu saches que je te dis merci.
N-L

Écri'turbulente

Tu viens
de me quitter
comme
s’éteint
la minuterie
en plein
milieu
de l’escalier

Et j’écoute
contre
ma coque
battre
le clapotis
des rades
où s’entassent
les rafiots
qu’on veut
mettre à la casse

couché
sur les ballasts
de la nuit
j’écoute
contre un rail
la basse
décroissante
du passage
en tempête
de nos trains
de grandes
lignes
aux couchettes
d’acajou

Tous les quarts
d’heure
la radio
donne
de tes nouvelles
car tu portes
tous
les noms
de cette solitude
si naturelle
aux hommes
qu’ils
en parlent sans
te nommer

Werner Lambersy, 2001
Extrait de Rubis sur l’ongle


Werner Lambersy vit et travaille à Paris (France) où il est actuellement responsable de la promotion des lettres belges de langue française à Paris. Il est avant tout poète, un des plus importants de la Belgique francophone à l’heure actuelle. Tout en variant dans leur ton et leur forme de l’extrême…

Voir l’article original 95 mots de plus

Le Matin Recomposé


Le Matin Recomposé

Il allait d’un couloir à l’autre

trop de jours d’errance

et toujours à longer le taire

La lame roulée sur elle-même

tranche des nageoires

la nuit noire d’une sécheresse

en séparant d’un coup vigoureux

les deux rideaux de la scène

Au lustre levé

rugissent les écailles

d’un pastel allumé

le phare rapproche de la voix chaude

du baiser

 Scintillements d’une aube engendrée

Que d’étocs

que de vagues scélérates

On ne navigue pas hauturier

sans l’épreuve d’un passage initiatique

La coque ligne de flottaison effacée

est empreinte

de marques de peinture primitive

venues des doigts selon le rite né de la gangue

pour tracer le chemin à prendre

Qui se vanterait d’en savoir parler

verrait le venin lui monter à la langue

 Le pays où Brocéliande

aurait tenu des rondeurs de table

et chevaleresques quêtes

y repose à jamais comme éteint de cette course là

Par les remuements

puis avec la douleur des mauvais courants

la cabane

hier me montrait l’à vif

d’un manque accompli

Je ne suis rien qu’un homme

et je ne m’appelle pas

Merlin

ce qui m’abstrait au premier chef

de toute annonce à effet immédiat

C’est la face triste de la montagne

Celle que les marchands de cartes postales photographient

retouches ajoutées

en ignorant l’autre

Celle qui a le plus de ressemblance avec la vie

un merveilleux lieu merdique

où l’eden se construit soi-m’aime

avec les paumes

et d’autres serpents que ceux chantés dans les psaumes

Le mur percé d’un Matin Recomposé

 dit :

Merci Lumière je te vois bien là revenue

sans peaux mortes du jour d’un vieil anniversaire englouti

renaissance bien irriguée de poétique réalité charnelle

Niala-Loisobleu – 16/04/16

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