CE VENDREDI


CE VENDREDI

Au tant passé présent répond un champ s’aimer de petits cailloux

Pierre qui rouille n’a masse que dalle

Naître mousse a du Capitaine dans la voilure

Quand j’ai appris le Bleu

J’ai su que ma vie ne suffirait à le savoir

Rose est fait de blanc au laiteux répandu

Jaune cocu ?

Non c’est le soleil qui baise la lune sur la bouche

A marée basse comme hôte de marque

Après un parcours reste des vers à hâler voir

Rien n’entoure le monde d’un corset de rétention

A preuve

Selon le vent où tu pisses

Ou t’es à rosée

Ou arrosé

Les grandes formations symphoniques ont besoin de solistes

Le kiosque du théâtre de verdure

n’est pas le clown blanc c’est l’Auguste

Chui là

Qu’à les yeux qui soulèvent les grandes godasses du chapeau qui pleure

Pour les journaux et les grands magazines

Remontez l’impasse de la cover-girl si vous pouvez

Un poète est toujours isolé mais jamais perdu

Sa folie lui tient compagnie

Aujourd’hui n’est qu’un Vendredi ordinaire

On est pas obligé de prendre du poison

On peut manger sein

Suis fatigué d’avoir astiqué le pont

mais la cabane est prête pour l’an 16 !

Niala-Loisobleu – 22/04/16

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LA MEMOIRE DE L’ARBRE


LA MEMOIRE DE L’ARBRE

Assis sur les feuilles de l’arbre-papier, la longueur du temps

permet de retrouver quelques marques

laissées par l’encre amarrée aux quais des pages

Les feuilles plus ou moins larges, l’oeil aux carreaux

tournent ligne après ligne l’écrit impassible

qui se dépouille du sens tapis dans la marge

pour révéler sa mue à la terre retournée,

sans que la vieille peau ait le démodé lié au vernis du paraître

J’entends le bruit singulier de la roue tournant les images,

ce son de rouet qui file au métier, les mailles de l’aiguillage

où nos trains prennent de nouveaux wagons, étrangement parents d’essieux

Passent alternativement les masques et la nudité;

le chaud, le froid, l’humide et le sec

qui se scellent à la rose des vents

avec leurs os longs de lieues,

leurs omoplates auto-claviculées de gués

leurs vertèbres posant la fondation de la verticale,

pour que les épaules trapèzent les jetées du cou

Arbre aux yeux rotatifs palmés d’oie où ondulent les rides du sablier

des hanches des dunes à l’écume des soifs

en autant d’ailes que d’îles

archipel d’oasiens refuges

J’éprouve sa ténébreuse intempérie

halte d’étape hivernale

devant l’âtre d’une brûlante nostalgie

qui envoie au plafond ses éclats animés de lumière

dans des déhanchements de bals champêtres

bornés d’odeurs d’herbe remuée

Il faudra reparaître sorti des brumes

dégluti de la stase

dans la terre humide

que le soleil ouvre de son soc

pour donner son salut fraternel, bleu branchu

au profil harmonieux porteur de tous les fruits

Loisobleu

2 Décembre 2013

Les années passent, le livre épaissit, la situation est toujours plus nette vue de mon balcon. Quelque chose a levé qui pousse, face à un quotidien rude et aride. L’indifférence est un soufflet pour les la forge de l’amour. Les épreuves font le voyage initiatique de ma vie. Qui, je pense à une éternité, au départ je suis parti d’autres, quand je poserai la cane, j’aurai ouvert la route à la suite humaine. Que mes rubans flottent aux branches de la mémoire de l’arbre !

Niala-Loisobleu – 22/04/16

 

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