Lorsque s’en vient le soir


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Lorsque s’en vient le soir

Lorsque s’en vient le soir qui tourne par la porte
Vivre à la profondeur soudain d’un champ de blé
Je te retrouve amour avec mes mains tremblées
Qui m’es la terre tendre entre les feuilles mortes
Et nous nous défaisons de nos habits volés

Rien n’a calmé ces mains que j’ai de te connaître
Gardant du premier soir ce trouble à te toucher
Je te retrouve amour si longuement cherchée
Comme si tout à coup s’ouvrait une fenêtre
Et si tu renonçais à toujours te cacher

Je suis à tout jamais ta scène et ton théâtre
Où le rideau d’aimer s’envole n’importe où
L’étoile neige en moi son éternel mois d’août
Rien n’a calmé ce coeur en te voyant de battre
Il me fait mal à force et rien ne m’est si doux

Tu m’es pourtant toujours la furtive passante
Qu’on retient par miracle au détour d’un instant
Rien n’a calmé ma peur je doute et je t’attends
Dieu perd les pas qu’il fait lorsque tu m’es absente
Un regard te suffit à faire le beau temps

Louis Aragon

 

LA PÊCHE A L’HALEINE


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LA PÊCHE A L’HALEINE

 

Laisse tes doigts s’humecter à la salive de la vitre

du vent qui pousse au jardin les jalousies baissent leurs paupières

ne regarde pas le sens du clocher, qu’aurions-nous à faire d’une procession

juste un mouvement d’ailes

doit te dire que le nid ne se construit pas aux girouettes

Où est l’oeuf

se dresse la prochaine pierre qui nage de ses propres élans

Un fil

C’est le pont sur lequel nous traversons notre vie

Niala-Loisobleu – 19/04/16