Le Matin Recomposé


Le Matin Recomposé

Il allait d’un couloir à l’autre

trop de jours d’errance

et toujours à longer le taire

La lame roulée sur elle-même

tranche des nageoires

la nuit noire d’une sécheresse

en séparant d’un coup vigoureux

les deux rideaux de la scène

Au lustre levé

rugissent les écailles

d’un pastel allumé

le phare rapproche de la voix chaude

du baiser

 Scintillements d’une aube engendrée

Que d’étocs

que de vagues scélérates

On ne navigue pas hauturier

sans l’épreuve d’un passage initiatique

La coque ligne de flottaison effacée

est empreinte

de marques de peinture primitive

venues des doigts selon le rite né de la gangue

pour tracer le chemin à prendre

Qui se vanterait d’en savoir parler

verrait le venin lui monter à la langue

 Le pays où Brocéliande

aurait tenu des rondeurs de table

et chevaleresques quêtes

y repose à jamais comme éteint de cette course là

Par les remuements

puis avec la douleur des mauvais courants

la cabane

hier me montrait l’à vif

d’un manque accompli

Je ne suis rien qu’un homme

et je ne m’appelle pas

Merlin

ce qui m’abstrait au premier chef

de toute annonce à effet immédiat

C’est la face triste de la montagne

Celle que les marchands de cartes postales photographient

retouches ajoutées

en ignorant l’autre

Celle qui a le plus de ressemblance avec la vie

un merveilleux lieu merdique

où l’eden se construit soi-m’aime

avec les paumes

et d’autres serpents que ceux chantés dans les psaumes

Le mur percé d’un Matin Recomposé

 dit :

Merci Lumière je te vois bien là revenue

sans peaux mortes du jour d’un vieil anniversaire englouti

renaissance bien irriguée de poétique réalité charnelle

Niala-Loisobleu – 16/04/16

 P1030754