JE CHANTE LE SOI-MÊME


JE CHANTE LE SOI-MÊME

Je chante le soi-même, une simple personne séparée,

Pourtant je prononce le mot démocratique, le mot En Masse,

C’est de la physiologie du haut en bas, que je chante,

La physionomie seule, le cerveau seul, ce n’est pas digne de la Muse;

je dis que l’Ëtre complet en est bien plus digne.

C’est le féminin à l’égal du mâle que je chante,

C’est la vie, incommensurable en passion, ressort et puissance,

Pleine de joie, mise en oeuvre par des lois divines pour la plus libre action,

C’est l’Homme Moderne que je chante.

Walt Whitman

(Extrait de Feuilles d’herbes)

Erailleur de fibres le rabot de ma passion fait la planche aux bordées de l’esquif,

l’eau ne monte que par sa proximale humidité, à la ligne, l’herminette taille,

les crayons de mes desseins qu’estompent une ombre d’herbe, d’odeurs des lins bleus.

Des crissements calcaires sortis des coquillages vont à l’avance de mes pas, entre sel et iode, un bruit d’elle se pose au tympan de l’étape romane. La gourde balance au dos du sac.

Les calques ont superposé les images d’un diaporama de circonstances, cortège de pensées décousues, ne tenant que par le fil d’une volonté pugnace.

Je peins des frontières ouvertes à la démarcation du destin, c’est de l’utopie qui construit l’oeuvre, les peintures noires sont dévorées par

Saturne à la Fête de la Sardine,

les cheveux de ta nuque coiffent les lèvres ouvertes de mes champs.

A mon poignet tu bats les fléaux de nos moissons, quelques chevaux resteront sauvages pour que les charrettes ne quittent pas le stationnement, d’autres que nous se mettrons au licou.

Tu es la vie, la lutte, l’injustice nous environne, ce n’est que par le coeur que je te serai digne, j’ignore quelle cavité de toi je méconnais, tu es l’intérieur de mon germe, le côté où le soleil se lève.

Je te peins sans lassitude ma Muse.

Niala-Loisobleu

15/04/16

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Blues mène


Blues mène

Le ciel qui crash sur le soleil

tombe à côté du cimetière

de Boris

on s’habitue pas à être incompris

surtout quand on voit le nombre de ceux

les autres

vrais cons

en liberté

m’aime pas surveillée

Du mat d’un échec

vient s’alanguir la plainte de tes reins

étires-moi

du cornet

de tes cordes

le blues ça vient de là

j’ai en vie de toi

pas de leurs nichons ras plat plat

Je tangue bout à bout de ta langue

tout comme plein du sel

de la marée montante

entre-feux de la jetée de ton estuaire !

Niala-Loisobleu – 15/04/16