JE DE TÊTES


JE DE TÊTES

Si ce n’était un vent de tempête levé depuis hier, ce matin il s’aurait pu que je cherche à l’intérieur de ce sentiment éperdu. Tout comme l’érosion journalière, en regardant la mer, est-ce qu’on pense qu’elle se mange les ongles journellement ?

– Bah, me fait le premier croisé d’un air absent. Entre nous me dis-je il aurait pu, des croisés, être le dernier qu’entre les deux y aurait pas eu plus de courant pour allumer le néant.

Tout en la mettant sur cales, et bien qu’elle faisait semblant de pas avoir de peine, je n’étais pas dupe, ma cabane, elle avait le gros coeur que la peine fait à nul autre pareil. Elle aime pas quand je plie les gaules pour l’hiver. Comme si il fallait qu’elle ait plus froid que les autres en étant toute seule.

J’ai vu qu’elle avait à me dire, mais qu’à savait pas trop comment commencer. J’ai regardé les nuages, des tous noirs qui faisaient tâches dans des espaces d’un bleu pur, une incongruité en quelque sorte.

– As-tu vu ces saletés au plafond, lui dis-je en levant la tête ?

A croire que ça a déclenché son envie de dire, en me regardant avec des yeux qui déssalaient en rigoles, la voix tremblante elle a commencé.

– C’est un été égaré, où on a pas réussi à tout retrouver qu’on a connu. Un manque d’essentiel s’est immiscé dans tous les coins. Les bois où on avait semé du gland vers l’abbaye dans les champs, au lieu de leurs sentiers d’aventures, n’étaient plus que bouffés de broussailles qui cachaient tout. Les venelles penchaient le front, les trémières voûtaient et l’herbe a cramé le vert comme un pré de rouille. Le marais couvert de lentilles ne voyait plus rien devant. Les vaches en faisaient la gueule au point que les oiseaux se taisaient, ne sachant que dire. Dans les chenaux la vase craquelée n’a pas arrivé à faire lever les voiles. Les bateaux semblaient fatigués, pourtant les voyages ça leur donne l’énergie.

« Je s’rais là, tout contre, parce que je repartirais avec toi. ! »

Ce grand cri me rebondit si fort au cœur que j’en fis un grand bleu soleil en travers de la pluie.

Niala-Loisobleu – 14/04/16

 

Miguel Ángel Díez realidad-y-fantasc3ada

Je n’attends plus que comme tout à refaire


Je n’attends plus

que comme tout à refaire

 

Je marche des pieds sur la tête d’escales englouties

tant de côtes cherchent à surgir des fonds profonds

que les voiles tendent à se faire moteur

Au temps où les pierres dormaient sous la terre

une lumière est passée les extraire

et les mains ont voulu les équarrir

jusqu’à les tailler polies

Au pied des cols la marche la plus ravinée

suit le couloir du premier palier

confiant aux alouettes qui peuplent le miroir

une image périmée en tracé

 

UNE VOIX

Je veux appartenir à la voûte obscure comme un amant désarmé

devenir le souffle du silence sur les épaules des nuages

je veux adhérer à l’ombre des paroles du feuillage

et comprendre la terre dans la soie farouche du désir

Antonio Ramos Rosa

(Extrait de Dom Quixote)

 

Il n’est pas de matin sans soleil

mais comme les jours sans levés

s’accumulent aux heurts

à vouloir fuir leur identité au profit d’une chimère

je ne veux rien prendre au miroir de son fil d’eau

il coule de source

par les pores des artères sylvestres

liées de flottaison

Donner plus loin que le poids niais

allège la main

je veux voler sans foncer l’encre

d’un large empan d’aile

hors de l’érosion du tant

Je n’attends plus

que comme tout à refaire

 

Niala-Loisobleu – 14/04/16

 

tm