Et pourtant il s’en faut toujours de peu


Et pourtant il s’en faut toujours de peu…

La lune
est là qui nage et le feu est en corps
sur la ville piquée d’étoiles à la boutonnière
safrans de la ville bleue où le numéro des singes est pas dans l’annuaire
par chameaux vous êtes venus des Indes rauquer les cordes nomades d’Andalousie
accrochant la chaux senteurs de casbah tapie de souk escalade hibiscus
La nuit éclate mûre comme Grenade qui explose flamenco au coeur des patios
chant des fontaines aux jets d’eau passant au travers les grilles de la Reconquista
couleur géranium patio
roseurs gambas
poussière nevada aloès
noir de fumées des cuisses cigarillères
tapas nocturne des Plazza Mayor indignées
Sur la chaise un pied joue, j’écoute des talons. Des pois du tissu vont et viennent du décolleté de la danseuse. Je ne sais plus où pourraient aller mes mains en dehors de taper dans ma tête la chaleur du feu sous ta robe ouverte à franchir la Méditerranée. Qui crie ? Sans doute le premier prénom de cet enfant que nous aurions pu faire avant que le jour revienne tout gâcher avec son mal chronique
Et pourtant il s’en faut toujours de peu…
 
Niala-Loisobleu
17/03/16
 
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D’une pierre sur l’Autre


D’une pierre sur l’Autre

Le premier frisson de l’éveil s’étant blotti par-dessus les longues distances, chacun à sa place tout au chaud, est entré de son jardin secret.On, qui quoi qu’il soit, nous toi émoi. Chat rade, bercé par le flot de la lune mise à l’ô. Mon premier pas concerné, mon second tout entier et mon troisième oeil pour oeil est en mille. Tu n’as pas eu le froid des jours derniers, ton pouls est resté calme en sa braise. Sans doute sont-ils supérieurs en nombre les drames engendrés par le noir.Comment s’y prendre plus mal que de choisir l’hérésie de refaire le monde. Le bonheur est à faire de soi pour pouvoir aux autres quelque chose de simple, griffonné sur un cahier de brouillons, de cette automatique écriture qui ne se relit que par le destinataire. Et où la nécessité du décret à paraître est inconnue. J’aime l’inconnu. Tout comme Toi quand tu te blottis contre ma poitrine. Ce sont les départs en voyage partout où vit une certaine folie. L’amour abolit et oppose. A quoi me servirait de savoir tout sur comment ça marche le téléphone, si ce n’est que pendant cette inutile connaissance j’aurais perdu l’essentiel de la tienne toute en moi par l’oreille, mieux que si face à face on ne trouvait pas quoi se dire. Tant de lits sont à deux seuls côte à côte.

COMPTER LES POTEAUX

Compter les poteaux à travers le brouillard lui faire croire qu’elle
     possède un champ
sa maison peut prendre le chemin opposé au paysage
le phare derrière ses lunettes d’orphelin ne trouvera pas à redire

Il ne faut pas rater le coche crie-t-elle quand le tonnerre roule à
     bride abattue dans sa direction
sa valise à la main
elle hèle le premier nuage
en pestant contre le vent qui a déplacé ses terres et ficelé ses murs
comme un vulgaire fagot de bois

Vénus Khoury-Ghata, Miroirs transis in Les Obscurcis, Mercure de France, 2008, page 87

Si le boulier de nos jours attend une de nos mains allons d’abord voir le chant de l’oiseau, les paroles qu’il aura mises à l’arbre seront de la bonne encre. Tricoter avec les aiguilles du sablier c’est trop proche des mailles qui sautent pour que l’envie de te conditionner me prenne. Non laisse-toi nue à mes touchers, il me faut ton haleine. Enfant de mes traversées.

Niala-Loisobleu

17 Février 2016

28.02.16 - 1