Au chevet d’une page


Au chevet d’une page

A la douleur de l’aine
Le bord du mollet s’assied
Souffle coupé
A force de poser la pause a des crampes
S’éloignant peu à peu du bord
La vue dérive
Quelque chose passe à côté
Il es las
L’épaule flasque
Le front coincé entre deux rides
La vue plantée
Rigide
Regarde l’étagère aux livres dorés sur tranche
Tranche de quoi
Pas de vie en tous cas
Qui les a lu du bout des phalanges
Pas une main ne s’est glissée sous leur robe
A déboutonné le haut d’un chapitre
Pour ramper sous la bretelle d’un paragraphe
Jusqu’au fond du bonnet d’une page
Les écornures ne sont pas nées d’un soulèvement haletant
Où la lecture conduit l’index à épeler lettre à lettre
Pour glisser l’émotion sous l’élastique
En s’infiltrant par l’entrejambe
Trempé de ses moiteurs interlignes
Entre parenthèses inspiratrices
Propulsé d’un battement de sang forant le désert
Poussant de la nuque au bassin à plonger à la ligne d’après
Au devant d’un orgasme explosant l’inertie d’un vide comblé

Des champignons au pied d’un chêne rêvent d’odeur de chair
Sous la mousse
Dans la sève
Fouaillée d’humus
Comme si l’iode sortant des vases prenait le premier train de marée
Pour venir à ta criée endormie sur son étal
Comme une crampe la course rampe en criant de douleur
Les yeux d’un accordéon muet vont à tâtons chercher l’éclat de la boule du plafond
M’aime le plancher qui ne craque plus des soubresauts du matelas
La lingerie des rideaux cale son long
L’armoire s’est refermée sur les phantasmes de ses cintres
Un corps sage sans bouton chiffonne la nappe d’un chant
Nul grillon ne frappe à la porte de l’âtre
Les branches d’un arbre mort fouillent leurs racines en mal d’illusion
Le pisé est bouffé aux mythes comme le bocage d’églantines
Au beau milieu du poulailler un coq en pâte fait la roue
Quand il reviendra le temps des cerises les orpailleurs seront en dépôt chez ma Tante
Posés sur la cheminée avec son chien empaillé
Ses aboiements gardés dans des bocaux avec les corps nichons
Les boîtes à chaussures des photos qui parcouraient les mers à cheval
Au galop des marées d’équinoxe où le pied se prend tant il pêche
La vie comme un conte de faits du temps qu’idiot
Je continue d’être un imbécile heureux bien que pris pour un con

Loisobleu
27 Février 2016

 

Catherine Alexandre (27)

9 réflexions sur “Au chevet d’une page

  1. Soudain atteinte d’otite la nef demanda au choeur de cesser de battre. Un faux-jeton téléphona à Judas pour lui dire de prendre la direction d’orchestre.

    Merci Martine.

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  2. L’amble en chutant de cheval se fractura un achat qu’elle n’avait jamais mis au panier. Le contrôleur des uns peaux-de-vache, lui répondit que la bouse ça va ça vient et quand on marche dedans du mauvais pied c’est qu’on n’est plus côté…

    Merci Madame lit.

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  3. Qui aurait pu dire en les voyant qu’ils allaient se fondre ? Ah dans les hauts-fourneaux les alliages du coeur dorment parfois dans leur paille.

    Merci Lucia.

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    • Tout à fait Marie, il y des années de cela, je me rendis compte en peignant qu’en fait je disais des mots que je ne savais pas écrire. Alors mes pinceaux sont devenus peu à peu des porte-plumes. Aujourd’hui les deux se confondent totalement.

      Je t’embrasse.

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      • Des portes-paroles que sont devenus tes pinceaux finalement. J’avais très bien compris tes tableaux que j’adore, par contre tes textes je t’avoue que je les relie plusieurs fois car tu joues avec les mots et je comprends pas forcément de suite. Par contre en mêli-mêlo en peinture je préfère. Tu exposes tes toiles ? Bisous l’oiseau

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  4. Merci Marie, ce soir j’ai les yeux qui nagent dans le sel de l’amour qu’une longue amitié n’a pas assise d’épuisement. De quoi dire quelques mots de ça.

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