Au plus mal, aimer + bien


Au plus mal, aimer + bien

Peindre
pareil que donner à son âme
le droit de représentation
en tous endroits
en toutes circonstances
d’acte et de pensée
par rapport au froid et au chaud de son poil
par le lieu que ses oreilles captent des yeux
par la spontanéité du geste mu de stimuli
de l’heur de son horloge interne

Devenir siamois du pigment
étreint du pinceau
buvant le médium
qui nargue le couteau
d’un désir d’empâtement

Matière de soi
née du quelque part d’autres

Sensualité affichée
par l’érection d’une forme
donnant l’orgasme à la composition

Peintre montre-toi nu
plus déshabillé que ton modèle
Dis ton combat pour trouver
ce que ton humilité doit taire

Couleur
tu es le teint du tant
dans l’humeur de ta souffrance du peu

Peindre avec l’alphabet de son écriture
du A comme je t’aime aujourd’hui
au Z comme en corps hier à deux mains

La peur unique au ventre
la peur qui crée
la peur qui stimule d’une poussée animale
la peur qui fait surmonter sa peur inadéquate
la peur qui veut que tu la lises espoir

Peindre alors m’aime au pire désarroi
un rond à remplir de jaune
souligné de bleu vertical

Il y a les jours où le décor devient l’acteur, corroborant à donner libre-cours à l’angoisse. Passage de fin du monde en réel par la présence d’éléments naturels déchaînés.

Si le Toi ne s’est pas envolé, n’est-ce pas parce que c’est l’unique pensée dans laquelle la peur de perdre redresse et réinjecte le véritable sens du besoin.

Je n’ai pas la force de barrer le vent, en revanche j’ai la capacité d’utiliser la part créative de l’énergie qu’il contient. Mon soleil d’amour sous la bourrasque je le peins plus vif.

Niala-Loisobleu

10 Février 2016

Grégoire A. Meyer_Prism_credits_reverse