Hermann Hesse / Extrait 1 / Le Loup des Steppes


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Hermann Hesse / Extrait 1 / Le Loup des Steppes
Réfléchir une heure, rentrer chez soi un instant et se demander combien on est responsable soi-même du désordre et de la méchanceté dans le monde, cela, nul n’y consent ! Donc, tout se poursuivra comme toujours, et des milliers de gens préparent tous les jours avec zèle la guerre prochaine. Depuis que je le sais, je suis paralysé et désespéré, il n’y a plus pour moi de « patrie » et d’idéal, décors truqués, bons pour les messieurs qui travaillent à un nouveau massacre. A quoi bon penser, dire, écrire quelque chose d’humain, remuer dans sa tête des idées meilleures – pour deux ou trois hommes qui le font, il y a, jour après jour, des milliers de journaux, de revues, de discours, de séances publiques et secrètes qui recherchent et obtiennent tout le contraire !
– Oui, dit-elle, tu as raison […] La lutte contre la mort […] est toujours une chose belle, magnifique et respectable, de même que la lutte contre la guerre. Mais c’est en même temps du Don Quichotte sans issue.
– Peut-être, m’écriai-je violemment, mais, avec des vérités comme celles-ci : que nous mourrons tous et que, par conséquent, on peut se moquer de tout, on rend toute vie plate et bête. Faut-il donc tout abandonner […]
[…]
Eh oui ! J’avais souvent ressassé ces réflexions, non sans éprouver de temps en temps la soif violente de contribuer, moi aussi, une bonne fois, à modeler la réalité, à agir en être sérieux et responsable, au lieu d’évoluer éternellement dans l’esthétique et les idéologies. Mais cela finissait toujours par la résignation, par l’acceptation de la fatalité.
Hermann Hesse

La complainte de la rigole


La complainte de la rigole

Il pleut

Un bruit de chéneau pour seule musique des dalles

et pas un chat dans la gouttière

Il pleut

A l’eau c’est toit,non s’émoit ma folle nature que l’orthographe n’ébranle.

Le français n’est plus qu’une mauvaise langue à la laine bouffée par les mythes

d’une idée fixe : gagner le pouvoir des maux.

Il pleut

ça me fait penser à un jardin noyé

Niala-Loisobleu

28 Janvier 2016

Svetlana Bobrova b

ENCORE, L’ARBRE QUI PARLE..DU SOIR AU MATIN


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ENCORE, L’ARBRE QUI PARLE..DU SOIR AU MATIN

 

La nuit les arbres ne dorment que d’une branche, ils laissent au vent les envies de sommeil, aux étoiles de la veillée les phantasmes du laissez danser s’allument; c’est pas une valse, la lune c’est le tango qu’elle met en mouvance le long des troncs, où elle laisse serpenter le reflet de ses cuisses souples. Les gourmandises de la sensualité s’emparent des tubes de couleur, ils connaissent les tons de terre, les ocres, la pulpe des jaunes vénitiens, carminés d’envies charnelles, ils dégueulent des rouges où les jaunes verdissent à devenir violets comme une histoire de Parme qui  s’enlace tout autre. L’écorce est dans un coin de tapis, sur la paille d’une chaise, tenant compagnie au pantalon défait du boxer qui a bouffé la chemise et ses carreaux. On ne peut se sentir, l’arbre et moi que totalement nus. Qui peint l’autre, chacun son tour, ou en même temps, quelle importance la question n’est pas plus de mise que les vêtements.

Sur ton épaule je t’avale à respirer ma Muse

Partout où j’ai pu résider, le temps d’un passage, où dans une station prolongée, j’ai toujours eu un arbre que la lune mettait en marche pour me sortir et m’emmener ailleurs. Au pays où on les plante et où jamais on ne les scie. La relation est aussi forte qu’au début, elle me fascine. Jamais la question de sa normalité ne s’est posée à mon esprit. Tout ce qui est affaire de coeur, est coupé de la tête. La poésie repousse l’encre cérébrale.

 

Niala-Loisobleu
28 Janvier 2016

TOI


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TOI
Tu me fais des nuits et des jours
Et des jours et des nuits d’amour.
Toi, je le sais, tu pourrais même
M’ensoleiller sous la pluie même.
Avant toi, d’autres sont venus
Que je n’ai jamais reconnus.
Pour toi, je ne suis pas la même.
Toi, ce n’est pas pareil, je t’aime,
Je t’aime.Tu me fais des nuits et des jours
Et des jours et des nuits d’amour.
Tu me fais la mer et les dunes
Et des plages au clair de la lune.
Avec ta gueule de Jésus,
Tu es venu, oh bien venu
Et tu m’as griffée, en douceur,
Là, juste à la pointe du cœur,
A la pointe du cœur.

Tu me fais des nuits et des jours
Et des jours et des nuits d’amour
Et dans tes bras, je fais naufrage
Sans même quitter le rivage.
J’ai beau connaître mon affaire
Du boy scout jusqu’au légionnaire,
Devant toi, j’étais vraiment nue,
Le jour où tu m’as dévêtue.

Tu m’as faite, au premier matin,
Timide et vierge, vierge et catin.
Pour toi, je ne suis plus la même.
Toi, ce n’est pas pareil, je t’aime…

Barbara

PETITE, TOUT


 

 

 

 

 

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PETITE, TOUT

T’es une multitude d’aveux grain à grain

Un jour

serti dans ma grand-voile

Poussures à la branche

qui se prépare au bouton d’un éclair

L’informe ôté

La signature de la prairie au milieu de sa virginité

Ma main est sortie de Toi d’un bleu qu’elle ne savait pas

Un à un

Tu l’as appris à chacun de mes doigts

Puis tu m’as dit

Peins-moi

mains tenant

comme je suis

pas comme tu me vois

et en corps moins

comme les autres ont voulu que je sois l’objet

Niala-Loisobleu

27 Janvier 2016

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A FAIRE VA SANS DIRE


 

 

A FAIRE VA SANS DIRE

Accroché aux tringles des branches le rideau de la nuit se frotte les paupières. Au pied des tables les souris s’empressent de manger les miettes de sommeil. Je suis sorti promener mes pieds nus vers 2 h, un bruit d’idées m’ayant tiré du lit. En entrant dans l’atelier j’ai vu mon travail d’hier. Entre un dialogue et une promenade ailleurs, on se retrouve parfois, le nez chaussé d’un autre regard sur le chemin pris la veille. Le bruit qui réveille vient justement du tableau qui appelle à la reprise après une gestation. Germination créative.
Cette heure nocturne est propice, elle révèle mieux qu’en plein jour, les chemins qui ouvrent sur le but immatériel. Nous tournons au bout d’une ficelle, accrochés pour un temps à un vieux manège installé sur une place de la terre . Cheval de bois qui monte et qui descend en compagnie du carrosse et des trois petits cochons. Sous l’action de la lune tout se met en place. Une autre marée est en marche, pleine de plancton frais, renouvelée d’autre écume, vigoureuse comme une jeunesse nouvelle.
Ne laisser personne venir troubler cet instant de mon éphémère. L’intimité est au point le plus élevé, je peux sans crainte converser avec ma folie. Est-ce que la mort prend les souvenirs en mémoire ? J’entends sourire la cabane. La plage est en musique. Les éclats de coquilles scintillent de leur nacre. Les messages du Télégraphe viennent se poser sur ma palette. Voici le bleu, les ocres et les verts-résine, les jaunes-cabanes, des grands A pour l’inscription-maritime des barques. L’amour est servi, ses deux seins sur le plat.

Niala-Loisobleu

27 Janvier 2016

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Je suis un con, est-ce t’à taire ? 3


 

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Je suis un con, est-ce t’à taire ? 3

Un mardi qu’il faut déjà trouver. Le brouillard se fait tendance actuelle, il mélange tout en développant le flou. Plutôt que de m’accrocher comme un va gond au train des grands projets à la mords-le-moa, je ne me sens pas l’attirance de devenir frère d’une sempiternelle réforme de l’enseignement, d’un aéroport en études depuis des décennies et jugé alors inutile, démontré dommageable ô combien pour la nature et les hommes pour décider, au point le plus critique de notre économie de faire avancer l’ouverture du chantier en condamnant la résidence des derniers autochtones. i   ll y a quelques mois, entre le devant et le derrière de chez moi, on a construit des ouvrages d’arts  et bouleversé les sols naturels en divers aménagements exigés par la construction de la ligne TGV à  Grande Vitesse pour le plaisir des nantis de la devenue Hyper Région Aquitaine. Les princes des Chartrons ont de grosses ambitions, un certain Juppé, devenu mégalomane avant l’heure, joue d’un grand stade, super mosquée, train à grande vitesse comme si il était déjà gagnant avant que 2014 soit franchie. Mais voilà, tout ce remue-ménage pour quoi ? Pour que la SNCF et l’Etat bloquent les travaux faute d’artiche pour mise en service…Pendant ce temps là il y en a combien qui se sont engraissés quand même, leur but étant de prendre du fric sans s’inquiéter de savoir si les travaux pharaoniques serviront, là n’est pas le problème.

Alors j’m’ai dit, depuis le temps que tu es sur ce tas de merde, tu dois trier le respirable de la pourriture. Tu dois faire davantage avec ta peinture, il faut que tu le repeignes davantage ce putain de ciel. Pas pour les indifférents, juste pour ceux qui ont compris que jamais le monde sera refait. L’homme a été loupé au départ, et on a suffisamment menti à ce sujet pour en remettre toujours une couche. L’homme est un ex-crémant dégazeifié, vouloir un faire un chant pagne, je dis stop, ça va bien comme ça.

Mon P’tit Loup as pas peur, j’vais m’accrocher pour que tu passes au propre, plus au figuré. La vie et cet amour qui nous ont fait se croiser c’est pas un songe qu’on s’est mis dans nos coeurs, c’est la pierre qui résonne de vrai.

Niala-Loisobleu

26 Janvier 2016

L’ARBRE QUI PARLE..DU SOIR AU MATIN


_Yesterday by Sarah Jarrett

L’ARBRE QUI PARLE..DU SOIR AU MATIN

Lundi 19h15

Quelques pas de ronces butent aux silex de cette courbe à la raie qui part du milieu de la colline, il ne fait pas nuit, mais un peu sombre, ça monte. La porte de la cabane s’est ouverte. J’étais abandonné au chevalet devant la table de la forêt. Aux doigts des odeurs venues de cèpes, des filaments de mousse dans les ongles, depuis combien d’heures ai-je accroché ma pensée aux arbres qui tremblent ?

Sur le coin d’un papier froissé la plume s’est séchée, l’automne a mis des baisers au garde-manger, je peux t’embrasser en plein hiver.. Dans le milieu de la journée, j’ai vu passer un radeau au centre d’une clairière léchée par l’or des feuilles qui restaient.

Je vais pêcher une ou deux étoiles au plumier, l’arbre me l’a demandé en se cognant à la clôture du levé. Il y a quelques jours encore là pour sentir la rondeur de la pleine-lune dans le moelleux de tes oreillers mon Amour J’aime poser mon oreille aux feuilles d’hier, et frotter ma barbe à la peau d’un sein, Tu me deviens alors si pudique que ta peau transpire cette Beauté qui m’est vitale.

Le silence a mis l’écharpe de deux bras laineux autour de son cou, les arbres se sont penchés en se prenant par les racines, les cheveux ébouriffés par les doigts du vent.

Niala-Loisobleu
25 Janvier 2016