PRECARITE


 

PRECARITE

Un tremblement met aux murs

le regard plus appuyé sur la fragilité des illusions

A peine un instant et là où plus rien reste

il y avait tout quelques secondes avant

J’étais mors à l’instar d’une fantasia

je suis mouru, fleur de pis en lie…

Niala-Loisobleu

31 Janvier 2016

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Hermann Hesse / Extrait 1 / Le Loup des Steppes


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Hermann Hesse / Extrait 1 / Le Loup des Steppes
Réfléchir une heure, rentrer chez soi un instant et se demander combien on est responsable soi-même du désordre et de la méchanceté dans le monde, cela, nul n’y consent ! Donc, tout se poursuivra comme toujours, et des milliers de gens préparent tous les jours avec zèle la guerre prochaine. Depuis que je le sais, je suis paralysé et désespéré, il n’y a plus pour moi de « patrie » et d’idéal, décors truqués, bons pour les messieurs qui travaillent à un nouveau massacre. A quoi bon penser, dire, écrire quelque chose d’humain, remuer dans sa tête des idées meilleures – pour deux ou trois hommes qui le font, il y a, jour après jour, des milliers de journaux, de revues, de discours, de séances publiques et secrètes qui recherchent et obtiennent tout le contraire !
– Oui, dit-elle, tu as raison […] La lutte contre la mort […] est toujours une chose belle, magnifique et respectable, de même que la lutte contre la guerre. Mais c’est en même temps du Don Quichotte sans issue.
– Peut-être, m’écriai-je violemment, mais, avec des vérités comme celles-ci : que nous mourrons tous et que, par conséquent, on peut se moquer de tout, on rend toute vie plate et bête. Faut-il donc tout abandonner […]
[…]
Eh oui ! J’avais souvent ressassé ces réflexions, non sans éprouver de temps en temps la soif violente de contribuer, moi aussi, une bonne fois, à modeler la réalité, à agir en être sérieux et responsable, au lieu d’évoluer éternellement dans l’esthétique et les idéologies. Mais cela finissait toujours par la résignation, par l’acceptation de la fatalité.
Hermann Hesse

La complainte de la rigole


La complainte de la rigole

Il pleut

Un bruit de chéneau pour seule musique des dalles

et pas un chat dans la gouttière

Il pleut

A l’eau c’est toit,non s’émoit ma folle nature que l’orthographe n’ébranle.

Le français n’est plus qu’une mauvaise langue à la laine bouffée par les mythes

d’une idée fixe : gagner le pouvoir des maux.

Il pleut

ça me fait penser à un jardin noyé

Niala-Loisobleu

28 Janvier 2016

Svetlana Bobrova b

ENCORE, L’ARBRE QUI PARLE..DU SOIR AU MATIN


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ENCORE, L’ARBRE QUI PARLE..DU SOIR AU MATIN

 

La nuit les arbres ne dorment que d’une branche, ils laissent au vent les envies de sommeil, aux étoiles de la veillée les phantasmes du laissez danser s’allument; c’est pas une valse, la lune c’est le tango qu’elle met en mouvance le long des troncs, où elle laisse serpenter le reflet de ses cuisses souples. Les gourmandises de la sensualité s’emparent des tubes de couleur, ils connaissent les tons de terre, les ocres, la pulpe des jaunes vénitiens, carminés d’envies charnelles, ils dégueulent des rouges où les jaunes verdissent à devenir violets comme une histoire de Parme qui  s’enlace tout autre. L’écorce est dans un coin de tapis, sur la paille d’une chaise, tenant compagnie au pantalon défait du boxer qui a bouffé la chemise et ses carreaux. On ne peut se sentir, l’arbre et moi que totalement nus. Qui peint l’autre, chacun son tour, ou en même temps, quelle importance la question n’est pas plus de mise que les vêtements.

Sur ton épaule je t’avale à respirer ma Muse

Partout où j’ai pu résider, le temps d’un passage, où dans une station prolongée, j’ai toujours eu un arbre que la lune mettait en marche pour me sortir et m’emmener ailleurs. Au pays où on les plante et où jamais on ne les scie. La relation est aussi forte qu’au début, elle me fascine. Jamais la question de sa normalité ne s’est posée à mon esprit. Tout ce qui est affaire de coeur, est coupé de la tête. La poésie repousse l’encre cérébrale.

 

Niala-Loisobleu
28 Janvier 2016

TOI


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TOI
Tu me fais des nuits et des jours
Et des jours et des nuits d’amour.
Toi, je le sais, tu pourrais même
M’ensoleiller sous la pluie même.
Avant toi, d’autres sont venus
Que je n’ai jamais reconnus.
Pour toi, je ne suis pas la même.
Toi, ce n’est pas pareil, je t’aime,
Je t’aime.Tu me fais des nuits et des jours
Et des jours et des nuits d’amour.
Tu me fais la mer et les dunes
Et des plages au clair de la lune.
Avec ta gueule de Jésus,
Tu es venu, oh bien venu
Et tu m’as griffée, en douceur,
Là, juste à la pointe du cœur,
A la pointe du cœur.

Tu me fais des nuits et des jours
Et des jours et des nuits d’amour
Et dans tes bras, je fais naufrage
Sans même quitter le rivage.
J’ai beau connaître mon affaire
Du boy scout jusqu’au légionnaire,
Devant toi, j’étais vraiment nue,
Le jour où tu m’as dévêtue.

Tu m’as faite, au premier matin,
Timide et vierge, vierge et catin.
Pour toi, je ne suis plus la même.
Toi, ce n’est pas pareil, je t’aime…

Barbara

PETITE, TOUT


 

 

 

 

 

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PETITE, TOUT

T’es une multitude d’aveux grain à grain

Un jour

serti dans ma grand-voile

Poussures à la branche

qui se prépare au bouton d’un éclair

L’informe ôté

La signature de la prairie au milieu de sa virginité

Ma main est sortie de Toi d’un bleu qu’elle ne savait pas

Un à un

Tu l’as appris à chacun de mes doigts

Puis tu m’as dit

Peins-moi

mains tenant

comme je suis

pas comme tu me vois

et en corps moins

comme les autres ont voulu que je sois l’objet

Niala-Loisobleu

27 Janvier 2016

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