Carnets z’Intimes 2 – Déraison and Le fou by Émile Nelligan


Déraison and Le fou by Émile Nelligan

 

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Carnets z’Intimes d’un Pêcheur à Pied / Folie picturale & poétique / Emile Nelligan / La Cayenne


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Carnets z’Intimes d’un Pêcheur à Pied / Folie picturale & poétique / Emile Nelligan / La Cayenne

Mon Aimée Muse,

Je tourne autour d’ici à là-bas, pour au moins déjà dire, à quel point de n’être qu’avec Toi me délire du mal et me livre au bien j’en voudrai être sûr ? Inutile, je suis pincé. Impossible à en déterminer l’à-part ça qu’est-ce qui reste, faute de pouvoir le trouver. L’absence a le pouvoir de faire tout ressentir et son contraire. J’espère que chaque instant de ce ce que tu traverses se passe bien. Sens-tu la machine à café, non c’est vrai que tu ne bois que du thé, alors la vapeur des repassages, l’ô de toilette ? J’sais pas, tiens, la tendresse des enfants,  là c’est certain. La campagne est froide, l’alcool ambre de l’automne ayant fait place à la vodka de l’hiver, il flotte dans l’air un bruit de luge imaginaire vu la température ayant pris tendance au bain de mer. Tes jambes se rapprochent quand je me déchausse. Ne bouge plus. Je te peins Nicolas de Staêl dans l’idée d’une correspondance à t’étreindre de vrai, ton poil aux doigts pour trouver mieux que les outils  de l’atelier-fictif.

« Voilà. Je ne peux pas te raconter tout ce qui me passe par la tête, les yeux, les mains au sujet de ton livre. Il faudrait autant de temps que celui qui nous sépare sur le calendrier depuis ton départ et te barber de considérations esthétiques, du papier à la couleur, des rapports de la boîte à l’agate à la litho de tranche ; impossible. Je fais le plus simple possible et c’est cela qui est si difficile pour moi… »

(Correspondance René Char/Nicolas de Staël)

Au moins étant la seule à savoir quantifier la folie qui m’habite – seul remède ayant un peu d’effet pour m’aider à supporter mes souffrances physiques d’un monde qui s’effrite – tu me lis sans t’arrêter à la première diagonale.

Je n’aime pas la neige, cette année au moins c’est ça de pris, y en pas, je peux donc me faire bronzer l’évasion, mon imaginaire en ayant un besoin permanent. L’hiver ici, c’est la bonne période pour me rendre en Asie du Sud-Est. Bien qu’ici, j’ai le couchant qui brille sur les ors de la Vallée des Temples. Mais j’ai une nouvelle à t’apprendre, Madame lit m’a parlé d’Emile Nelligan. Je suis allé lui rendre visite. En découvrant son appartenance lointaine avec les maudits, j’ai retenu une chambre pour deviser avec lui. Sais-tu qu’il est névrosé jusqu’à la moelle, un don d’ubiquité sans pareil, rends-toi compte, mourir à 20 ans et avoir en si peu de temps compris la vraie nature de  ce monde. Las par dégoût de ses moeurs.Nous devions nous rencontrer, c’était écrit.


Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
Ô la douleur que j’ai, que j’ai!

Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire: Où vis-je? où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés:
Je suis la nouvelle Norvège
D’où les blonds ciels s’en sont allés.

Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A tout l’ennui que j’ai, que j’ai!…

Émile Nelligan

Schizophrène jusqu’au bout de l’ongle, il s’en ait émasculé l’à venir. Au moins voici deux choses qui nous différencient, j’aime  la vie et pas la neige.Voilà un sacré temps que je m’efforce de le faire savoir.

Il avait certainement une cabane, au Canada, c’est incontournable, dixit Line. Moi la mienne a flotte, bord de Cayenne, l’huître parlant claire. Point commun, elle est à vol d’oiso à toucher Brouage, là d’où Jacques Cartier, s’en alla pour le Saint-Laurent et n’en plus revenir.

Je t’embrasse l’oeil en feu de soleil maritime, un vol de rieuses dans le sel de mes larmes, nous irons deux mains leur porter le bon vent.

Niala-Loisobleu

26 Décembre 2015

Au réveil de la nuit de Noël, que sort-il du trou si ce naît le lapin blanc que m’a posé Alice


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Gueule de bois, la forêt remonte son cache-né de peur d’attraper froid. Les musettes ont repliées les accordéons, rue de Lappe, le Balajo se retrouve la tête dans l’cul, nuit de chine, sur la place du marché de Noël, les papiers gras tourbillonnent une dernière fois dans le vomis des confettis, odeurs de frite froide, la crèche des forains remballe.A l’ânée prochaine, adieu veaux poules et cochons en peint des pisses. On démonte les étals. Où est passé mon bicarbonate grommelle un sac à putes transporté en bas-débit dans le caniveau d’une orgie de richesses électriques ayant posé le bon peuple en mortes-eaux. Bien au large d’un lapin .Les rois mages se sont enlisés dans la galette d’un trafic de drogue, depuis l’temps qu’ça durait la sécurité avait grand besoin des attentats du 13 Novembre, pour ce refaire un Paris sur les présidentielles. Dieu a tranché, il va baiser ses apôtres. Le sceptre de la Rose battra désormais pavillon de la Marine.Mille sabords, le drapeau moire dans le marécage. du parle ment. Sécurité oblige, c’est tout ce qui reste à mettre au bestiaire de la mare des larmes. Les rats de l’ô paiera Valls-Taubira, veulent encore du gruyère.Aimante comme un chien, la cinquième vous promet une année riche en tours de magie en boucle, représentations gratuites sous le grand chapiteau de la divine comédie… Aïe Marilou on va rejoindre dans l’trou l’homme à la tête de chou…

 

Niala-Loisobleu

25 Décembre 2015

 

https://www.youtube.com/watch?v=NJ7P8JWd5fc

Vision


La jument verte

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Vassilos Kouris

.

Vision de l’artiste

D’abord ce fut à peine un murmure, inaudible,
Une allumette qui craque et qui croque à la fois !
Une branche qui cède dans le sous bois chocolat,
Un course d’abeille, bourdonnement imperceptible,

Le craquement de plaisir réveilla Playboy l’étalon,
Une couture lâcha, s’ouvrit comme une cicatrice ;
Le vernis de la robe s’écailla, bruissement de canisse…
Cataclop, taclop, clope fit l’animal d’un bond.

Tout près, le peintre entendit le tonnerre qui gronde,
Avant de voir, que le feu sortait du palefroi.
Désemparé, l’artiste prit son courage aux abois
O Folie, pleura-t-il, nerf en pelote, imagination féconde !

Comment dessiner ma vision, débridée, hors du corps
Sur l’estacade et dans ma tête, ce cheval tangue
Les mots, les images s’évadent, caramel exsangue,
Un pinceau, une feuille, un logiciel en renfort !

Rajoutons une montre, dont les aiguilles timides
Raccommoderont le temps,  assassin au sang…

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TOUS MES OEUFS DE NOS AILES


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TOUS MES OEUFS DE NOS AILES

Casser les placards à coups de cris déployés

naître qu’un chien

griffes écrites à tenir les hanches du soc

sillons ouverts

Le verre se souffle tous les jours de l’han

les wagonnets charriant la gangue

grisou grisou

tango tango

que fétu là viens dis-moi Petite-Souris ?

Je vais te faire sentir la paille de ma mangeoire

l’absurde garde en mains la blancheur des dents de mon innocence

Tu crois ?

Bien sûr l’inexistence de Dieu ou son existence sont sang lien avec ma foi

l’iconoclaste vision fait chaque jour son grand-pardon

Ils râlent comme ils vivent

morts-debout

le chemin de fer

la lumière

les ferry-boats

les îles et leurs coulis de pont

les outrenoirs

les outres anses

les outre-amers de mer morte

les outres âges par attouchements

l’outrecuidant abus

l’outrepassé à côté des pompes

l’outsider projet

la concierge dans laisse cailler

le femme gonflable et la faim des allocations familiales

le concile et le mariage pour tous

le jésuite de lion et la rosette du va tiquant

le socialisme des maux-crate qui relance la mode de la chemise noire

un iceberg nommé désir sur un minou brûlant

la varice et l’art pas gond

des asséchements de campagne pour un accroissement céréalier présidentiel

noël à gogo

de la fève bananière

du roué mage

the voice tousse de boue

des accordéons lasers dans le goût pillons

ton cul à l’encan

vide-bourses en promo

Dans la nuit l’enfant fugue, monte dans son camion de pompiers, la grande échelle appuyée contre le vide, pour rejoindre son cheval de bois. Avant de partir il a mis superman et l’homme-araignée a détartrer la conduite de ses parents. Posé ses peluches entre les cuisses de l’amer, en défi à l’abandon de la nature. Sans laisser un maux, il a déserté l’école. Puis renversant son chocolat de goudron, s’est déchaussé la plante des pieds du potager, sans le pace-maker, cœur à nu, pour faire prendre l’air à l’âme de toute chose. D’un grand shoot dans le hamburger il a mis le mac d’ô entre les deux poteaux, pêté, rôté, pissé sur les marques, pôle emploi, contrat jeûne, piétiné les robots et cloué la porte à la Marine après avoir cassé la clef dans le pène.

Tout seul au milieu de la clairière de La Concorde, il a noyé le djihad dans le grand bas sein du luxe en bourre, puis à jeté le trou sot de clefs que le roi fait néant s’apprête à brandir devant sa Cour au milieu

d’un mandat d’abus de pouvoir.

Emerveillé aux pieds des yeux endormis de son Amour, de ses lèvres de poète, il laisse sa main écrire le silence de l’émotion que lui inspire sa Beauté Sauvage.Que tu sois d’une autre croyance, d’une autre obédience, d’une autre couleur ne peut qu’être la pierre angulaire de nôtre édifice.

Qui ne voudrait  dire sans mentir, la simplicité d’être juste l’Amoureux Bleu allumé d’arbres sur un gâteau de vie?

Il écoute battre son coeur jamais endormi

sa cabane en villégiature des deux Charentes

au centre du marais

Moëze-Oléron

Niala-Loisobleu

6 Novembre 2014/24 Décembre 2015

https://www.youtube.com/watch?v=0KFM3dMTPr8

Les mannequins se cachent pour sourire / parce que le réel est insuffisant / quand le mal de vivre se loge au fond d’une poche / aussi vide qu’une journée sans poil. / Alors les filles immobiles / dansent sur le papier glacé / des ballets arrêtés. / Elles fixent sans voir / le monde. / De l’autre côté du vernis plastique / nous clignons des yeux. _ Olivier Saillard