LA GRAND CONCHE


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LA GRAND CONCHE

Je me sens né à chaque instant

à l’éternelle nouveauté du Monde…

[…]

Le Monde ne s’est pas fait pour que nous pensions à lui

(penser c’est avoir mal aux yeux)

mais pour que nous le regardions avec un sentiment d’accord…

Fernando Pessoa

(Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes, trad. Armand Guibert, p.40, nrf Poésie/Gallimard)

Vois comme un arrêt sur image ça met en voyage. Je n’irais pas cueillir de gui plus de lustre où l’accrocher. Quand nous dansions aux tombées des ans, cocagne tendait son mât, jusqu’au petit matin le branle hennissait du sabot. Des rubans aux cannes on embrassait la Mère avant d’aller s’en tailler un autre d’une cayenne à l’autre. Compagnon, y es-tu ? A croire que le cours de la vie a remis les portes basses à jour.L’humilité fait défaut. On ne fait plus qu’utiliser le mot à toutes les sauces. Mascarades, pour trouver l’embarcadère faut creuser un puits, sans garantie que la vérité y sera pas tarie.

Laisse-moi ventiler ces odeurs de graillou, goûtes mon poisson à laisse cabêche, il est cru sur parole. Suis au carré du matin au soir. Dis-moi, t’aurai-je un jour menti de la bouche en cessant de ne m’adresser à Toi qu’avec les doigts ? T’aurais-je laissée boutonnée, zippée comme une trappiste sans jamais descendre à la mine ? Hein et aux foins, t’ai-je jamais dit à partir de main tenant on épile ? Comme si faux-cul j’aurais pu me convertir aux faux-seins….Ah label église, y a de quoi voir rouge.

J’suis l’pirate de Vallières. Ce matin-là où, quittant mon Paname, je mis sac à terre à St-Georges de Didonne, je renouais avec mon début dans la navigation sous pavillon noir. Un bail, mon Amiral.

Tu vois c’est quand j’ai senti ton souffle au travers des boutons de ta nuisette, que mon pyjama avait du quelque temps avant, se lier d’amitié avec la chaise. A te voir ainsi, comme une figure de proue, ça m’a mis l’étrave cap à peindre. Une nouvelle histoire de mots chauds à te servir au lit mon Amour. T’inquiètes, le grand bruit que tu viens d’entendre c’est le quotidien et sa gueule de raie que je viens de pousser dans l’escalier. On va y voir clair en courant sur la grand conche !

 

Niala-Loisobleu

27 Décembre 2015

 

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Carnets z’Intimes 2 – Déraison and Le fou by Émile Nelligan


Déraison and Le fou by Émile Nelligan

 

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