LA MUSE BLEUE


 

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LA MUSE BLEUE

La pèlerine de la nuit va, bleu clair, marine, d’un quai d’Orsay prendre l’étreint d’un lit de Seine, en corps chaud, des poussières de lune sur les épaules. Grande Ourse allongée sur les tomettes.

Je caresse ses cheveux de comète de mes pieds nus.

-Bon Jour, me lancent les outils quand j’entre dans l’atelier, bien réveillé.

La Muse depuis une berge du lit, flottait dans ses pensées. A l’écart de tous les remues-ménages, ramassage des poubelles, bruits de livraisons, bougie-bougie et prières du soir…Entre son oeil droit et son épaule gauche, tranquille, goûtant un pur moment de solitude. Chacun de ses seins veillant sur sa respiration. Les jambes et les bras en faisceau de fusil, sur la clef des chants.

L’inspiration prend son chemin en suivant l’absence totale de panneaux indicateurs. Elle ne sait pas lire les consignes. Son pas suit l’allure de ses pensées.

Ce matin, Nougaro, qui badigeonne mon bleu des briques de sa ville rose, en répandant des petits bouquets de violettes, de ci et de là, déambule en roulant les r de ses mots ronds. Il est sous mon balcon, et me voilà ivre à mon tour. Faut-il en boire, faut-il en biberonner pour être vivre ?

La toile se dresse comme un clou de feu d’artifice, sensuelle, amoureuse, toute nue, grande ouverte, offerte. A sa peau mes phalanges écrivent mille mots d’amour, en se trempant, jusqu’au poignet dans les mortiers gorgés de pigments.Les plaines dorsales s’ocrent des premières lueurs de l’aube, à la lisière du bois, la tranchée pare-feu ouvre le passage aux incandescences des rouges. Le vallon crépite d’une orangeade d’ô gazeuse. Les seins dressent la grappe de leur vigne, dans l’espoir d’ouvrir un bec à bec avec un oiseau.

-Quelle heure est donc t-il, fait la Muse, à l’écart, dans ses pensées, l’oeil en coin, dans un frémissement qui mouille entre ses dents un bord de sa langue ?

Et le coq, de se précipiter sur le balcon sans même prendre le temps d’enfiler un pantalon, ni de jeter un oeil aux aiguilles, bof le tricot peut attendre, c’est l’heure, je chante !

Personne ne peut comprendre un comportement qui ne respecte rien de la règle en usage chez les bienséants. Le coq est amoureux de son oignon, il se l’ait mis au gousset. Et comme un fou fait sonner les coups de l’amour toutes les secondes !

Il est quatre heures, deux mains pleines de peinture ont fait lever ma joie. J’ai peint comme une envie de ne plus dormir vide, une envie de levé , de dire, vite il faut vivre, vite il faut le faire, vite il faut que je trouve les mots neufs, le je t’aime qui vient juste de sortir, qui naît, qui est encore plus fort de vérité !

Sur mon front et mes joues, des gouttes bleues, jaunes et vertes ont tacheté barbe et cheveux, le jardin de ma vie est tout fleuri. Comme une écriture d’hier, recopiée aujourd’hui, « Automne tu fécondes le Printemps »…

Bon Jour, je t’aime ma Muse t’es née nue phare, te voilà bleue !

Niala- Loisobleu.

16 Décembre 2015

LA MUSE BLEUE
(Aspect des parenthèses)
2015
NIALA
Acrylique s/toile 41×27

Adresse de mon site officiel : http://www.niala-galeries.com

 

J’AIME PO NOÊL


Rue de Verneuil

J’AIME PO NOÊL

Quand se rallument les sapins

me revient la lumière noire

des guirlandes

de Noël

aux enfants perdus

d’un trottoir qui peine à vivre

On a beau croire

la marée noire

s’impose au zèle mazouté

de l’oiseau remis en cage

Au bas d’une belle carte-postale

signée

Coeur – Baiser – Coeur

la plage blanche oblitérée

sonne en corps le glas

A vouloir toujours

faire

que n’être et renaître

l’enfant bleu

se meurt

tué par l’adulte.

opiniatre

qui

n’a jamais voulu s’en noircir l’oeil

Niala-Loisobleu

17 Décembre 2015