Quand Vous Mourrez De Nos Amours


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Quand Vous Mourrez De Nos Amours

Quand vous mourrez de nos amours

j’irai planter dans le jardin
Fleur à fleurir de beau matin

Moitié métal moitié papier
Pour me blesser un peu le pied
Mourez de mort très douce
Qu’une fleur pousseQuand vous mourrez de nos amours
J’enverrai sur l’air de ce temps
Chanson chanteuse pour sept ans
Vous l’entendrez, vous l’apprendrez
Et vos lèvres m’en sauront gré
Mourez de mort très lasse
Que je la fasse

Quand vous mourrez de nos amours
J’écrirai deux livres très beaux
Qui nous serviront de tombeaux
Et m’y coucherai à mon tour
Car je mourrai le même jour
Mourez de mort très tendre
À les attendre

Quand vous mourrez de nos amours
J’irai me pendre avec la clef
Au crochet des bonheurs bâclés
Et les chemins par nous conquis
Nul ne saura jamais par qui
Mourez de mort exquise
Que je les dise

Quand vous mourrez de nos amours
Si trop peu vous reste de moi
Ne vous demandez pas pourquoi
Dans les mensonges qui suivraient
Nous ne serions ni beaux ni vrais
Mourez de mort très vive
Que je vous suive

Gilles Vigneault

D’UNE FENÊTRE A L’AUTRE


A2-Niala 10

La fenêtre bleue – Niala – 1982 – Huile s/toile 65×54

D’UNE FENÊTRE A L’AUTRE

J’ai peint des notes comme elles me venaient, en désordre, surtout ne rien trier. Laisser mon coeur se dépasser et prendre son instrument, qu’il soit guitare ou pinceau, peu importe ils sont chacun du vent qui saura mieux dire qu’une grammaire que j’ignore.

Tu es là à toucher par le fond des yeux, profond si profond qu’il m’arrive de m’y noyer.

De  ma fenêtre partent tant de chemins que d’une certaine manière tu ne peux qu’habiter à Rome, une chambre, un lit  fenêtre sur horizon bleu

Une fenêtre qui attend d’être ouverte front contre front, pour que nos cheveux nattent un tapis-volant

De toi à moi, juste en plein minuit de ta nuque,, ou bien à midi de mes paupières battantes.. Elle ouvre sur chaque passé parce qu’il tient la clef de tout avenir.

Pourquoi ?

Pourquoi pas ?

Parce que des réalités qu’on ne refond pas , c’est des réalités qui servent qu’à engloutir.

Le monde a la plus sale gueule de tout le monde. A faire peur. J’en frissonne rien que de traverser un bref instant nos gamelles.

  • Rétameur, rémouleur, vitrier, hurle-je à l’affût d’une invite

 

Est-ce que tu crois que rêver c’est fuir ?

Rêver ça procède d’une connaissance pointue de la banalité crasse des jours de pain dur, de l’amour qui fait que poser des lapins, du roncier qui se met dans ton jardin, du temps qui est si peu que tu vis dans une flaque sans ô prise de gel, au mauvais endroit et au pire moment.

D’un écrit je bouche  à bouche,  dis tu me sens, appui contre appui, mon Coeur ?

EXIL II

À nulles rives dédiée, à nulles pages confiée la pure amorce de ce chant…

D’autres saisissent dans les temples la corne peinte des autels:

Ma gloire est sur les sables! ma gloire est sur les sables!… Et ce n’est point errer, ô Pérégrin

Que de convoiter l’aire la plus nue pour assembler aux syrtes de l’exil un grand poème né

de rien, un grand poème fait de rien…

Sifflez, ô frondes par le monde, chantez, ô conques sur les eaux!

J’ai fondé sur l’abîme et l’embrun et la fumée des sables. Je me coucherai dans les citernes

et dans les vaisseaux creux,

En tous lieux vains et fades où gît le goût de la grandeur.

« … Moins de souffles flattaient la famille des Jules; moins d’alliances assistaient les

grandes castes de prêtrise.

« Où vont les sables à leur chant s’en vont les Princes de l’exil,

« Où furent les voiles haut tendues s’en va l’épave plus soyeuse qu’un songe de luthier,

« Où furent les grandes actions de guerre déjà blanchit la mâchoire d’âne,

« Et la mer à la ronde roule son bruit de crânes sur les grèves,

« Et que toutes choses au monde lui soient vaines, c’est ce qu’un soir, au bord du monde,

nous contèrent

« Les milices du vent dans les sables d’exil… »

Sagesse de l’écume, ô pestilences de l’esprit dans la crépitation du sel et le lait de chaux

vive!

Une science m’échoit aux sévices de l’âme… Le vent nous conte ses flibustes, le vent nous

conte ses méprises!

Comme le Cavalier, la corde au poing, à l’entrée du désert,

J’épie au cirque le plus vaste l’élancement des signes les plus fastes.

Et le matin pour nous mène son doigt d’augure parmi de saintes écritures.

L’exil n’est point d’hier! l’exil n’est point d’hier! « Ô vestiges, ô prémisses »,

Dit l’Étranger parmi les sables, « toute chose au monde m’est nouvelle!… » Et la naissance

de son chant ne lui est pas moins étrangère.

St-John Perse

Je laisse au vent le soin de t’apporter la stabilité  de l’arbre, il est soleil planté de mes mains, mets-le sous les eaux de ta fontaine.

La mer me parle depuis longtemps, je l’entends d’une autre façon depuis que j’y ai posé mon Capitaine. Du fond du plus profond, il me dit les bons courants, les passes dangereuses, les pièges, les jeux d’eau, les bains de sel.

J’sais rien d’autre écrire qu’aimer, je suis le fruit de mon verger, le rêve qui déborde de sa nuit, et rejoint la rive où tes seins ma Muse prennent mes lèvres en signature.

Niala-Loisobleu

1er Août 2014 / 13 Décembre 2015