NASCENTIA


DSCF0095.jpg

NASCENTIA

Sur la bande d’enduit faite en raccordement à la cimaise de l’orée, la poutre manifestant sa charpente, jeta son Bon Jour en vertèbre.

Commença à apparaître la voûte

Assise au reposoir des bons corbeaux

De certaines plates-bandes au circuit des croisées, déchirant l’opaque tenture, vînt la nascentia, bruissante chair de poule, en mélange odoriférant émanant de la poussé native.

Humain silence du cri.

L’église en jetant sa flèche aux marches de l’arc-en-ciel se fit pure, non-bigote à l’instar du sacré libre de toute obédience.

J’en eu le pouls ceint de l’union par le couteau aux deux veines, buvant au sein gonflé de cet amour sans comparable possible, Tout de l’Autre, un Bleu Double.

Il se peut,

nôtre volonté n’ayant pouvoir que sur nous-mêmes, qu’alentour l’orage meurtrier gronde avec ses sinistres assujettis, oui, certainement. Raison impérieuse de ne pas taire l’éveil de l’amour qui vient à nous.

Amour je t’embrasse des dix doigts, lèvres à tes aréoles en communion !

 

Niala-Loisobleu

29 Novembre 2015

DSCF0109.jpg

 

 

 

6 réflexions sur “NASCENTIA

  1. A Idéelle pour voir aimé cet article, mon merci

    Dans tout l’enivrement d’un orgueil sans mesure,
    Ébloui des lueurs de ton esprit borné,
    Homme, tu m’as crié : « Repose-toi, Nature !
    Ton œuvre est close : je suis né ! »

    Quoi ! lorsqu’elle a l’espace et le temps devant elle,
    Quand la matière est là sous son doigt créateur,
    Elle s’arrêterait, l’ouvrière immortelle,
    Dans l’ivresse de son labeur?

    Et c’est toi qui serais mes limites dernières ?
    L’atome humain pourrait entraver mon essor ?
    C’est à cet abrégé de toutes les misères
    Qu’aurait tendu mon long effort ?

    Non, tu n’es pas mon but, non, tu n’es pas ma borne
    A te franchir déjà je songe en te créant ;
    Je ne viens pas du fond de l’éternité morne.
    Pour n’aboutir qu’à ton néant.

    Ne me vois-tu donc pas, sans fatigue et sans trêve,
    Remplir l’immensité des œuvres de mes mains ?
    Vers un terme inconnu, mon espoir et mon rêve,
    M’élancer par mille chemins,

    Appelant, tour à tour patiente ou pressée,
    Et jusqu’en mes écarts poursuivant mon dessein,
    A la forme, à la vie et même à la pensée
    La matière éparse en mon sein ?

    J’aspire ! C’est mon cri, fatal, irrésistible.
    Pour créer l’univers je n’eus qu’à le jeter ;
    L’atome s’en émut dans sa sphère invisible,
    L’astre se mit à graviter.

    L’éternel mouvement n’est que l’élan des choses
    Vers l’idéal sacré qu’entrevoit mon désir ;
    Dans le cours ascendant de mes métamorphoses
    Je le poursuis sans le saisir ;

    Je le demande aux cieux, à l’onde, à l’air fluide,
    Aux éléments confus, aux soleils éclatants ;
    S’il m’échappe ou résiste à mon étreinte avide,
    Je le prendrai des mains du Temps.

    Quand j’entasse à la fois naissances, funérailles,
    Quand je crée ou détruis avec acharnement,
    Que fais-je donc, sinon préparer mes entrailles
    Pour ce suprême enfantement ?

    Point d’arrêt à mes pas, point de trêve à ma tâche !
    Toujours recommencer et toujours repartir.
    Mais je n’engendre pas sans fin et sans relâche
    Pour le plaisir d’anéantir.

    J’ai déjà trop longtemps fait œuvre de marâtre,
    J’ai trop enseveli, j’ai trop exterminé,
    Moi qui ne suis au fond que la mère idolâtre
    D’un seul enfant qui n’est pas né.

    Quand donc pourrai-je enfin, émue et palpitante,
    Après tant de travaux et tant d’essais ingrats,
    A ce fils de mes vœux et de ma longue attente
    Ouvrir éperdument les bras ?

    De toute éternité, certitude sublime !
    Il est conçu ; mes flancs l’ont senti s’agiter.
    L’amour qui couve en moi, l’amour que je comprime
    N’attend que Lui pour éclater.

    Qu’il apparaisse au jour, et, nourrice en délire,
    Je laisse dans mon sein ses regards pénétrer.
    – Mais un voile te cache. – Eh bien ! je le déchire :
    Me découvrir c’est me livrer.

    Surprise dans ses jeux, la Force est asservie.
    Il met les Lois au joug. A sa voix, à son gré,
    Découvertes enfin, les sources de la Vie
    Vont épancher leur flot sacré.

    Dans son élan superbe Il t’échappe, ô Matière !
    Fatalité, sa main rompt tes anneaux d’airain !
    Et je verrai planer dans sa propre lumière
    Un être libre et souverain.

    Où serez-vous alors, vous qui venez de naître,
    Ou qui naîtrez encore, ô multitude, essaim,
    Qui, saisis tout à coup du vertige de l’être,
    Sortiez en foule de mon sein ?

    Dans la mort, dans l’oubli. Sous leurs vagues obscures
    Les âges vous auront confondus et roulés,
    Ayant fait un berceau pour les races futures
    De vos limons accumulés.

    Toi-même qui te crois la couronne et le faîte
    Du monument divin qui n’est point achevé,
    Homme, qui n’es au fond que l’ébauche imparfaite
    Du chef-d’œuvre que j’ai rêvé,

    A ton tour, à ton heure, if faut que tu périsses.
    Ah ! ton orgueil a beau s’indigner et souffrir,
    Tu ne seras jamais dans mes mains créatrices
    Que de l’argile à repétrir.

    La Nature à l’Homme
    Poèmes de Louise Ackermann

    J'aime

  2. Ma Chère Anne, bien sûr que je m’exprime comme je respire car en cela je possède un avantage surnaturel : je ne sais ni lire ni écrire…te souhaitant un bon, Dimanche, te remercie Anne. J’apprécie plus que tout, la spontanéité, la nuance, la clarté, le sens de l’odeur simplement exprimés, détestant l’emphase dont se gavent les rimailleurs.
    Alain

    Aimé par 1 personne

Les commentaires sont fermés.