MAIS DIS-MOI QUE TOI TU NE PLEURES PAS


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MAIS DIS-MOI QUE TOI TU NE PLEURES PAS

Les roses pâlissent
Mes yeux se plissent
Il pleut depuis décembre
Et j’ai tant pleuré
Mon fiancé
Que mes joues sont fanées

Mais dis-moi que toi tu ne pleures pas
Car chaque jour qui s’en va
M’amène un oiseau qui vole pas
Oh dis-moi que toi tu ne pleures pas

Si ou lé anvi vavang
Biny dann lo mon lang
La pli i kayanm vin désanm
Na ti zak zinzanm
Dann boukané
Out mavouz wa fané

Lés klav va zwé si son roulér
Titav wa kakay son doulér
Maloya dann pyano poulér
Po tir bav soval lav son lonér

Je pleure chaque jour
Tu es si loin
Mais je sais que je ne t’aime point
Point comme les amoureux
Qui s’aiment d’amour
Ceux qui s’aiment pour toujours

Mais dis-moi que toi tu ne pleures pas
Car chaque jour qui s’en va
M’amène un oiseau qui vole pas
Oh dis-moi que toi tu ne pleures pas

Kafé rouz los an
Dann vyé grèg lo tan
Sa mon blouz i koul dann boukan
Ma avann largamas mon maloya lamour
Ta gout kinn in lo klér la cour

Lés klav va zwé si son roulér
Titav wa kakay son doulér
Maloya dann pyano poulér
Po tir bav soval lav son lonér

La terre s’endort
Je creuse dehors
Un tombeau pour la rose
Trois mille pieds sous terre
Une rose trémière
Peut-elle vivre sans lumière

Emily Loizeau

REGARD RADIOSCOPIQUE


 

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REGARD RADIOSCOPIQUE

« Aujourd’hui, déconnectez et détendez-vous Alain. Vous n’avez pas arrêté de courir ces derniers temps et il est temps de ralentir le rythme. Essayez de pratiquer l’art de la paresse ! Retapez les coussins du fauteuil, asseyez-vous et prenez un bon livre ou faites une petite sieste. Au besoin, réfléchissez sur votre vie, méditez sur votre existence… Mais pas trop quand même ! Soyez fainéant, une fois n’est pas coutume ! »

C’est mon horoscope du jour…

Il ne fait pas encore jour, voilà pourtant des heures, qu’à la fenêtre, je regarde le devenir invisible de ce qui m’entoure. Je n’aime pas tapoter les fauteuils de l’indifférence. Jamais je n’ai réussi à peindre assis. Il faut que je puisse être debout, peindre exige de savoir prendre du recul.

Tous ces visages que le flou cerne, ont la perspective marquée de ses points de fuite. Pas pour moi ce choix. Il est lâche. Jamais la distance ne m’a coupé du détail des traits. Quelle qu’elle fusse, j’ai le précis de la tête. De la forme des parties du corps. Quelque soit  son lieu, sa destination.Le moindre détail reste présent, parce mon oeil ne s’intéresse pas au cliché, il ne regarde que l’âme.Mon Paname ne défraîchit pas de ses odeurs de rues. Jamais il n’a été lavé de ses bruits par les blanchisseuses. La rondeur des marchandes de quat’-saisons a toujours ses verdeurs, tout comme le bougnat ne se départit pas de sa chaleur. Marthe et René sont là, frais comme une petite moustache fleurie et des épaules porteuses d’écoute et de compréhension. Tout simplement parce qu’aucune interruption n’a clos le dialogue. Maintenant la transcendance à jour. L’âme n’est pas morte.

Couper les ponts c’est la stratégie élémentaire de toute formation militaire. On suicide le tant. Sans le dire. Avec la bonne conscience d’avoir rien coupé du fil de l’eau. Seulement voilà toute rivière, tout fleuve à deux rives. Elles ont besoin de pouvoir se joindre. Une union naturelle que la gauche et la droite du quotidien ignorent totalement. On peut juger des dégâts…

Quand la rive monte au delta, que je sens le sel avant de plonger le pied au marais, j’entend le mouvement des iris d’eau, le déploiement des hérons cendrés, qu’un cygne dégage des lentilles pour que le couple de canard ébroue la roseur des nénuphars.Voilà ce qui me débute chaque jour ma journée, « le chemin de mon journal », comme je l’appelle depuis bien longtemps.

Le jour arrive. Que va-t-il en rester ?

Que va-t-il générer ?

 

Niala-Loisobleu

27 Novembre 2015