LA BRICOLE


mjticcino17[1]
LA BRICOLE
Ce matin le tri porteur tousse comme s’il allait foutre le camp de la caisse. Pourvu qu’il ait pas pris une pointe de drapeau dans les rayons; le regard un pneu sorti du sectaire l’empêcherait de fébriler au bon sens du coeur. Mauvais ange in de poitrine ? Attention brouillard en retour des tas d’urgence – ça mue hélas plus souvent mauvais sens – René, que la fréquentation des tranchées et autres poteaux d’exécution et une bonne lecture de Fallet, avaient formatés, me prit par ma petite main d’enfant. Son regard de grand-père dépassant le premier abord.
-Aies pas peur, viens on va s’atteler la bricole, me dit-il de cette voix amortie par les poils de la moustache.
Il ouvrit alors la remise, celle-là où, un jour il m’avait dit qu’avec elle, on ne faisait jamais de marchandage, de tricherie promotionnelle. Du net. Publicité éteinte.
Une voiture à bras se montra. Deux ridelles un hayon, et une paire de brancards prêts à partir me tendant leur longue bricole de cuir à se ceindre la poitrine mieux qu’une écharpe toute neuve d’une quelconque confrérie, fusse-t-elle de toute tolérance prétendue, d’appartenance à la Veuve, la Fraternité genre enseigne au néon club-privé…trois points c’est tout.Celle-là on voyait que le cuir avait une connaissance totale de la sueur.
– T’avais quel âge Loiso ?
– Celui qu’on garde toute sa vie quand ça va mal et qu’au lieu de foutre les harangues dans l’huile sur le feu, on se branche à l’harnois de la bricole pour tirer en fermant sa gueule avant que ça enlise définitif.
Tout en désertant le retour aux négriers et leurs guerres coloniales.
Niala-Loisobleu
15 Novembre 2015
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