IL Y EN A QUI PRIENT, IL Y EN A QUI FUIENT


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« Il y en a qui prient, il y en a qui fuient »

Il y en a qui prient, il y en a qui fuient,
Il y en a qui maudissent et d’autres réfléchissent,
Courbés sur leur silence, pour entendre le vide,
Il y en a qui confient leur panique à l’espoir,
Il y en a qui s’en foutent et s’endorment le soir
Le sourire aux lèvres.

Et d’autres qui haïssent, d’autres qui font du mal
Pour venger leur propre dénuement.
Et s’abusant eux-mêmes se figurent chanter.
Il y a tous ceux qui s’étourdissent…

Il y en a qui souffrent, silence sur leur silence,
Il en est trop qui vivent de cette souffrance.
Pardonnez-nous, mon Dieu, leur absence.
Il y en a qui tuent, il y en a tant qui meurent.

Et moi, devant cette table tranquille,
Écoutant la mort de la ville,
Écoutant le monde mourir en moi
Et mourant cette agonie du monde.

René Tavernier, paru dans Positions, 1943

Les Poètes de la Résistance

Quitte-on un jour la résistance quand on a traversé sa vie durant la guerre, l’ignominie, la dérive politique, les méfaits du capital ? Non, j’y suis depuis mon enfance et y serais encore après ma mort. Mon regard humaniste a toujours veillé, sachant que pleurer avant que le malheur arrive, a plus de chance d’arroser la paix que de la noyer dans le sang.

Aujourd’hui ce qui arrive n’est que le début d’un drame qui va sévir bien au-delà de la France, faute d’avoir coupé à la racine quand on a regardé que l’intérêt du rapport en lieu et place du prix à payer.

Niala-Loisobleu

14 Novembre 2015

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