DEDICACE A VERS Ô


Tomasz Alen Kopera

DEDICACE A VERS Ô

Marchant à l’ambre de sa baleine, une ombrelle hésitait entre s’acheter une machine à bronzer et hâler tout simplement à la plage. On imagine pas ce qu’un objet peut se poser de questions, totalement inhibé par la certitude que l’homme est le seul objet de tourments de la nature. Quel égoïsme. Je me demande d’ailleurs ce qu’il serait possible de détacher de l’homme, sauf bien entendu son indifférence naturelle à ce qui n’est pas lui, ça va de soi. Alors pour sortir de l’impasse (et perd), avisant mon petit vélo, je saute sur la selle – fort heureusement qu’en bicyclette on monte pas à cru si l’on est pas rendu gai par une de ces ivresses un peu ouffes qui font perdre l’esprit de mots des rations- et décide de me faire l’ascension du pile Ah, chui-là m’aime qui sort des rémissions d’espoir, du tout au rêve et du prêt-à-porter de faire jusqu’au juré-craché. Ah, l’aventure me voici donc, abordant les dunes audieres avant d’épingler les cheveux de Marly en période de grands zoos. Un peu martron, l’abord d’ô de chez Nesles, plus du tout gironde, me plaça un clin entre deux montants discutables, genre qu’aurait pu foutre le feu si Halliday on ice avait pas eu un gala au profit de Mamour. Merde, on va pas se gratter les couilles à vouloir à tout prix une psy de sauvegarde, me souffla mon ange-gardien, allez ouste défourrailles bordel. Surtout que si t’aurais pensé trouver un génie attendant sagement que tu le sortes de la lampe à huile, j’te rappelle que les saints-sacrements c’est pas franchement porté sur l’avenir. Lueur. j’avise un gyrophare. Cordouan m’exclamais-je en reconnaissant que s’il est avéré qu’il est éteint, moi j’allume. On franchit la passe, les bancs de sables, les épaves et nous voici mon vélo et moi rendu Bonne Anse. On voit des seins partout. Des gros, des timides, des qui savent plus sur quelle plage y sont, des qui s’en foutent plein l’aréole, des plats, des rebondis, des fripons défripés, toutes essences fruitières représentées, puis des fesses-tivales pas du tout sceptiques que ça regonfle le biniou à recroire à l’Orient…Bingo, nous sommes arrivés chez les nudistes de la Côte Sauvage, on va pouvoir bronzer intègre graal !

Niala-Loisobleu

8 Novembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=dSRHSX2lHUk

GRAND ANGLE


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GRAND ANGLE

Dans une forte brûlure mon oeil prenant ma main, la posa sur la feuille que tu venais d’inscrire sur le sol. Elle avait pris les fauves traces de l’incendie de saison.Pas des rouges comme les puritaines en portent sur la blancheur des fesses, quand leur culotte s’écarte au repli d’une pensée refoulée. Des rouges venus du feu qu’un soleil rôti au premier verre d’une vendange tardive. Francs comme la flamme de la pierre d’âtre. Comment m’écrirais-tu mieux ton amour qu’avec ces mots que ton langage discrimine de la parole-crécelle. Cette couleur recuite, porte l’ambre du chêne bien avant d’avoir été endormie au tonneau. Toute chaleur cosmique s’alliant pour germer la grossesse au sillon du ventre protecteur.

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Extrait de Nadja de André Breton

Nous tournons par la rue de Seine, Nadja résistant à aller plus loin en ligne droite. Elle est à nouveau très distraite et me dit de suivre sur le ciel un éclair que trace lentement une main. « Toujours cette main. » Elle me la montre réellement sur une affiche, un peu au-delà de la librairie Dorbon. Il y a bien là, très au-dessus de nous, une main rouge à l’index pointé, vantant je ne sais quoi. Il faut absolument qu’elle touche cette main, qu’elle cherche à atteindre en sautant et contre laquelle elle parvient à plaquer la sienne. « La main de feu, c’est à ton sujet, tu sais, c’est toi. » Elle reste quelque temps silencieuse, je crois qu’elle a les larmes aux yeux. Puis, soudain, se plaçant devant moi, m’arrêtant presque, avec cette manière extraordinaire de m’appeler, comme on appelerait quelqu’un, de salle en salle, dans un château vide : « André ? André ? … Tu écriras un roman sur moi. Je t’assure. Ne dis pas non. Prends garde : tout s’affaiblit, tout disparaît. De nous, il faut que quelque chose reste… Mais cela ne fait rien : tu prendras un autre nom : quel nom veux-tu que je te dise, c’est très important. Il faut que ce soit un peu le nom du feu, puisque c’est toujours le feu qui revient quand il s’agit de toi. La main aussi, mais c’est moins essentiel que le feu. Ce que je vois, c’est une flamme qui part du poignet, comme ceci (avec le geste de faire disparaître une carte) et qui fait qu’aussitôt la main brûle, et qu’elle disparaît en un clin d’oeil. Tu trouveras un pseudonyme, latin ou arabe. Promets. Il le faut. » Elle se sert d’une nouvelle image pour me faire comprendre comment elle vit : c’est comme le matin quand elle se baigne et que son corps s’éloigne tandis qu’elle fixe la surface de l’eau. « Je suis la pensée sur le bain dans la pièce sans glaces. »

Au lavoir de la nouvelle lune, les draps du ciel ont muté leur couleur. Il se peut que plus rien ne soit bon des noms que nous connaissions pour les citer. L’étrange est si fort, que sans pouvoir user d’un ordinaire appris, on sent que les barrages d’une manière de vivre cèdent. Nôtre sensibilité avance sans devoir reculer. Nous ne rougirons plus de ce qu’ils appellent « nôtre hérésie », nous voici dans l’âme de l’automne, ouverts au printemps. Le déni franchi de tout uniforme que la coutume se doit de faire porter, la Poésie se faisant nôtre unique Expression.

Sorte d’architecture ramenant au concept de la cathédrale avant que le dogme le gouverne.

Niala-Loisobleu

8 Novembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=DkmFgQ9fM94