LA POINTE DES HERBES


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.LA POINTE DES HERBES

Chaque murmure du vent, collé à l’oreille d’un nuage, et voilà tout s’abolit ne serait-ce qu’un instant.

Pris entre les cartons d’un déballage, le seuil hésite. Moment heureux. L’oeuvre est à pied. En plein soleil la fonte des statues équestres coule au galop. L’enfant embarque dans son voilier et traverse le bassin, l’esprit en dehors du cours de la géographie. La Bourse n’en place pas une. Merde à vos bans, qui j’aime me regarde.

René Char me dit :

L’heureux temps. Chaque cité était une grande famille que la peur unissait; le chant des mains à l’œuvre et la vivante nuit du ciel l’illuminaient. Le pollen de l’esprit gardait sa part d’exil.

Mais le présent perpétuel, le passé instantané, sous la fatigue maîtresse, ôtèrent les lisses.

Marche forcée, au terme épars. Enfants battus, chaume doré, hommes sanieux, tous à la roue ! Visée par l’abeille de fer, la rose en larmes s’est ouverte.

Un attroupement s’est écarté de ma voie. Je parle tout seul. Enfin je leur laisse croire. Je n’ai pas envie de provoquer la pudeur. Il y a toujours un agent à proximité de la délation.

Le 121 attaque la montée du Fort de Rosny-sous-Bois. Sur la plate-forme, le receveur et moi, parlons du thym qui poussait en champs avant le complexe commercial. On ne bat plus que les femmes, la fessée aux enfants est interdite.Quant au chaume c’est les rois mages et la sanie des hommes un must…L’alarme ne sert plus à rien, la pointe des herbes est rouillée.

Niala-Loisobleu

4 Novembre 2015

ENTRAIN BLEU


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ENTRAIN BLEU

A s’élire dans ses marres la boule se perd en errances. Des fumées je laisse partir les cendres à la croisée des vents. Rien ne me fixe autant que ces escadres de nuages en transhumances. Avant, après, il y en a toujours parmi eux qui nous font pendant. Qu’importe leur sens, quand on aime on est aussi bien dessous que dessus, sans qu’aucun vice y versa la moindre déviance.

Et ce parfum fruité que tu as posé aux feuilles pour qu’elles me tombent odorantes de Toi, je m’en fais la couverture du terrier. Tu sais celui-là où l’hiver se passe d’une cabane à l’autre, sans perdre le grain de nôtre sel. En prenant par la forêt, je suis passé par la pointe d’où on aperçoit la mer adoptive de la côte. Sage comme ce moment qui précède la montée des vagues, hier, elle avait étendu son linge d’écume aux fils des pensées fileuses. Celles-là mêmes qui restent accrochées à l’enfance, sans le sot mais avec l’appel.

Les villages se couchent moins tard qu’en été. le feu remis aux âtres garde la voix des conteurs. Et les tables de ferme, dans la chaleur du foin, valent bien une nuit à la belle étoile. A travers seins nos batailles de pelotons nous gardent la mémoire du rire des gros édredons au lâché des plumes. Mémoire de chatouilleux, le premier qui rira sera attiré à la barbichette.

Ma Bleue, mon Ruisseau Outre Mère, j’ai pris le plus rembourré des nuages

pour te porter topless jusqu’à mes mains…

Niala-Loisobleu

4 Novembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=4hCY1qXWRRE