AUTOMNE TU FECONDES LE PRINTEMPS


A2-Niala 87_1(Automne tu fécondes le Printemps – 1984 – Niala – Acrylique s/contrecollé 65×50)

AUTOMNE TU FECONDES LE PRINTEMPS

Cette couleur fauve, un rôti d’ocres aux carmins qu’on trouve le soir quand les guitares quittent les musiques en boucle des zones commerciales, cette couleur rhésus qui fume en spirales aux naseaux des réverbères d’un seuil nomade, chaleur de flammes, pétille, craque et sue sans façons, omniprésente, devient mon intime pensée. Les géraniums ont repris le train des dernières vacances, le temps est au bord de devenir froid. Pourtant, indien, le soleil se la joue retour d’été. Se mêle alors l’indistinct, le non-accompli, la zone de gestation. Les pourritures sont autres. Celles du monde des hommes disparaissent pour un temps, celles de la nature apparaissent, organisatrices, faiseuses d’un ordre immémorial qui survit à une décadence en voie d’accomplissement. Les azulejos des rives atlantiques bleuissent, mes regards fados me donnent sa voie. Quelle est-elle ? A la question je répond merde.

« Il est des moments où il faut choisir entre vivre sa propre vie pleinement, entièrement, complètement, ou traîner l’existence dégradante, creuse et fausse que le monde, dans son hypocrisie, nous impose. »

Oscar Wilde

L’odeur prend les roux sillons, des argiles ouvertes, au sommet du compas des cuisses. La sève perle, là le végétal pileux ne tombera pas avec les feuilles. Je pense qu’il faut un gardien au sacré, quel qu’il soit. Le lieu de la naissance du monde, caverne à jamais, rupestre pour toujours de cette première main qui y apposa son empreinte. Accompagné des brames des cerfs, assaut des bisons, feulements d’avant le Verbe. J’ai perdu mon âge avec la raison d’une folie qui rebondit. Des carreaux des salines arrivent des reflets d’un érotisme de sel plus charnel que poinçonneur des lits las. De ses yeux de chien battu Leny sort la chansonnette, y veut plus mourir. Il sent bien l’arrivée de l’ibère, même si son idéal communiste est d’une autre utopie. Il veut avoir cette autre chaleur. L’absolu de la poésie.

Merde à vos bans

Je mimétise automnal

J’veux sentir humus sans numéro

Avoir les pores qui repoussent les plagistes

l’aisselle qu’on choisit

jusqu’à la dernière griffe qui rognera la terre

Au bord de la petite mer…

Niala-Loisobleu

13 Octobre 2015

A2-Niala 45

https://www.youtube.com/watch?v=FzreJdLzxR0

ILE EST UNE FOI


bluefooted

ILE EST UNE FOI

Ma foi île est -elle ?
Oui
Elle est île

Nom

Paupières épinglées d’aiguilles de peints

Parent à sol en survolant les pâquerettes
Ascendances du ciel pour le planeur de poitrine
Mèches de ta nuque levées à mon haleine
Les sauvages fleurs des champs de courses lointaines
Le rocher de ton enfance malmenée
La fenêtre givrée de tes départs polaires
Les plages de l’étendue arc-en-ciel de tes yeux
L’aventure de tes inquiétudes soudaines
L’écume de tes pêches nocturnes
La selle de mes découvertes équestres

La piste sableuse de mon zinc à Ulysse
Mes moutons bel an d’écume au pré salé de la naissance du monde
Mon dessein
Mon utopie
Ma cabane
Mon port
L’estuaire de tes membres écartelés ouvert sur le large
Le voyage au creux de tes secrets enfouis
Tu es île dans la constellation de notre ciel
Silence de la beauté
Aux oreilles écho de la symphonie d’un nouveau monde
Ma foi île est toi
Elle est toit
Ile est une foi
Le cerf-volant qui m’élève dans la nacelle de tes seins

Avec assez de folie avancée pour arraisonner le doute de l’âge de mauvaise raison

Ne retenant de l’automne que le contenu du prochain printemps qui fera table-rase du tant perdu

Il est une foi
Le chant du soleil et le crépitement de toi sur mes paupières
Les feuilles de tes bras sur ma peau
Tes perles de pluie allongées sur mes jardins
Tes vents du sud sur mes délires embarqués
Tes embruns accroupis sur mes lèvres
Tes tempêtes en mes reins furieux
Tes navires en mes forêts de chantier naval
Il est une foi
Sur tes côtes herbeuses
Tes fontaines pour breuvage
Tes écorces pour vêtements
Tes sables pâles et fins moulés de mes empreintes
Il est une foi

l’Ile aux mille fragrances

Issue des naufrages pestilentiels
De nos ciels habillés d’envols d’oies sauvages
Il est une foi

nos jungles hostiles
Et nos félines cruautés
L’ouragan de nos crinières mêlées
Le tonnerre de nos bouches
La soif de nos regards intérieurs

Et rien qui ne vaille d’en repousser la bataille

Niala-Loisobleu

13 Octobre 2015

DSCN3759

https://www.youtube.com/watch?v=JAv8UPSKF7g