FRAGMENTS…Extrait


JR

FRAGMENTS…Extrait

Il n’y a plus d’ombre. Une seule larme où tremble un monde.

Si peu de miel à cette heure que les ruches s’emplissent de cris absurdes.

Ai-je grandi ? Je suis seul sur cet équilibre de pierres d’où j’embrasse tout le décor. Mais qui a brossé tant de verdeur ? Je suis seul. Le peuplement du soleil envahit jusqu’à mon nom. J’ai grandi. Je suis heureux.

La lumière tisse son châle de frissons.

Le moment où l’esprit s’habille de stupeur. Moi, rendu aux traces, à l’arête de la pierre. Moment trop aiguisé pour que la parole en sorte indemne.

Ces tons de rose sur les façades lointaines, sur l’arête du mont, ces traces sur la neige, brindilles de pattes autour d’un peu de terre découverte, ces haies d’oiseaux sur la route, ouvrent une porte dans le froid et nous restons sur le seuil, incapables d’entrer, retranchés de ce monde où nous avions pris pied en conquérants. La distance soudain nous refoule à laquelle nous restons aveugles.

L’hiver nettoie, sa rudesse laisse mieux apparaître les constantes du paysage. Ce vertige éternel lisible dans le sommeil de la vigne.

Ceux qui n’oublient pas les incessantes mutilations infligées à cette terre rendent volontiers hommage à la cinglante nudité du ciel. Là-haut, le soleil tourne sa bague et attend d’inhumer les morts, leur monnaie liquéfiée dans la gorge. L’herbe bleue murmure une autre condition. Le chemin n’est pas fermé.

Nommer cette joie serait l’égarer.

Cette lumière n’est pas faite pour l’opulence, elle irait ainsi jusqu’à l’écœurement. Elle est faite pour la nudité.

PIERRE-ALBERT JOURDAN

ETAT DES LIEUX 5


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ETAT DES LIEUX 5

Repli du brouillard, la pluie s’écope à la serpillière, chemin je t’ouvrirai au coupe-chou.Les maisons se rapprochent à se cogner la tête, se prenant la rue en étau..Plus la foule épaissit plus les gens s’éloignent, je tremble à l’idée de perdre mon téléphone, « qu’adviendrai-je de mon intimité ? » dit le quidam lambda

Drôle de question, sans fond, mais sur laquelle tend la vérité. Alors faut-il que moi aussi je plie, que je me mente à moi-même à défaut d’autre ? Je refuse en bloc et en détails l’abnégation, le soupir du lâche qui s’excuse d’un pet foireux, et s’esquive en laissant juste sa puanteur à la collectivité.

On a tenté de me pourrir l’enfance à coups de problèmes de robinets, puis la jeunesse à prétexter devoir sauver les conquêtes coloniales de quelques négriers, après et avant, il y a eu les abus de sentiments dans des histoires à ne pas salir que les draps. Trop c’est trop, ma société je t’abandonne à ta  faillite. Soyez ce que vous ne pouvez qu’étre. Rien, rien, rien et encore rien.

Rien que beaucoup de tentatives à m’abuser.

J’ai résisté en faisant usage de mes dons naturels de libertaire. Ce qui suppose des arrangements avec le diable plus souvent qu’avec le bon dieu, ce dernier étant de revue au va tiquant. Une chose est sûre, ça comportait de la souffrance mais dans un déroulement sans brouillard, face à des êtres en chair et en os, pas des ombres.Le temps du zombie a pris position, bouleversant tout ce qui reposait sur le contact. On connaissant ses voisins de paliers des fois plus loin qu’on irait sur Mars.

L’amour tu le piétines, l’insulte, le bafoue, le montre du doigt, le raille, le conspue, le ridiculise, le snobe, le détourne, lui ferme ta porte, qu’il revient pas comme un boomerang, ni un VRP aspirateur, encore moins genre prédicateur, non mon P’tit-Gars, l’amour ça surmonte m’aime la haine, c’est immortel !

L’amour, entends le vrai, pas un truc en plumes qui t’en écrit des volumes sans une once de sentiments, non, un vrai qu’on peut pas en parler, parce que ça se vit à deux et loin des marchands du temple, des fornicateurs de guerre, des politiciens véreux, l’amour ça vit pas de pub et sur tout pas de pro messes…Puisque nous ne sommes que de passage, laissez-moi vivre Bon Jour !!!

Niala-Loisobleu

6 Octobre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=aovsWNvxlZg

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