ETAT DES LIEUX 4


Catrin Welz Stein --tothelighthouse

ETAT DES LIEUX 4

Chemin tremblotant dans l’épaule, le long d’un long coude, monte la brume du matin rampant au sol.Quelques étoiles falotes se balancent entre les premières fermes du village. Suivies des aboiements de chiens qui tirent sur leur chaîne. Le jour qui se lève laisse le bois dans la pénombre au chevet des gouttes . La cheminée s’est endormie vers l’aube, sous le poids des rondins qu’elle a réduit en cendres.

Dans les plis des vêtements pendus aux couloirs de la vie, l’enfant n’a pas ôté les cailloux que ses doigts ont polis à force de prières. Ils reposent avec les morceaux de ficelles effilochés qu’un noeud retient à la filature de l’histoire. Mieux que des cadres, ils retiennent plus d’images du puzzle, qu’un album, où faute d’air, elles jaunissent aux érosions du temps. Ne laissant survivre que le bord blanc du cliché.

Ta poitrine en me battant au coeur, nourrit ta présence en dehors des repas. J’aime le balancement de tes seins au clocher de ta poitrine. Tantôt nonchalant, il m’emporte à l’intérieur du fourré, derrière lequel pousse mon rêve. Loin des bavards qui ne tarissent pas d’histoires sans goût. Ils ont l’instinct affuté tes seins. Je reste émerveillé, sans rien dire, en les voyant comme deux animaux que rien ne sépare. Ne rien laisser échapper de la moindre manifestation de leur environnement, me dis-je en souriant. Car ils sont bien les vrais géniteurs de mes plus beaux sourires. Ceux qui n’ont de parenté qu’avec le bonheur tranquille. D’instinct ils sentent les changements de temps qui vont survenir. Leur volume diminuant de chapitres, ou ajoutant les pages d’un tome supplémentaire.

Quelquefois, au bord du vent, ils se mettent à courir, se jetant en avant, joyeux de savoir qu’ils peuvent arriver les premiers au bout du sprint. Joueurs comme des chiots ils se roulent l’un sur l’autre, en se mordillant, sous d’inoffensifs coups de griffes.Ils se mordillent, et font des sauts en l’air en jonglant avec leurs balles.

Nous irons à la mer voir le gonflement des voiles, peut-être…

Le soir où poil galeux, comme un chien sans race, méprisé, laissé pour compte, je t’avais trouvé repliée sur le vide d’un bord de gare, j’ai vu un instant briller ton regard de cette envie de ne plus te déplaire. Le boulier a des constipations de calcul mental, pas facile d’être sur le m’aime fuseau horaire. Quand l’âme doit vivre de l’expédient de la littérature, la morsure du froid est profonde dès que la couverture se tire déposer les lunettes sur le livre fermé. Le seul rêve qui tienne ne peut provenir que de la page qu’on écrit soi-même.

Niala-Loisobleu

6 Octobre 2015

Catrin Welz-Stein 13