CORPS ET BIEN


CORPS ET BIENS

Un matin le rouge-gorge d’un noir corbeau a teinté l’eau du caniveau. Décroché de l’heure, son chant tombé à l’eau s’en est remis aux dérives. Quel vent soudain peut pousser la porte à la place du coq ? Mais, avons-nous les moyens de répondre, les questions en arrivent à se le demander. Noir dilemme. Un marchand de fenêtres, rencontré au hasard d’un bal masqué, un soir de nouvelle lune, me confia ses doutes en partie branchés sur la lumière dans la couleur du tant. Je pensais avoir trouvé un essayiste avisé de qui je trouverai de quoi avancer sur ce sujet passionnant. Hélas, malgré mes efforts, ne compris pas où il comptait en venir. Le pauvre, en plus d’être bègue, avait perdu l’usage de ses deux membres supérieurs suite à l’abus d’une pratique onaniste de l’inférieur. Constater qu’on a de plus en plus affaire à des branleurs pose quand m’aime la question de font trois p’tits tours et puis s’en vont. Je laissais le quidam opiner, je le quittai et m’en vînt à profiter d’une solitude sous les étoiles pour mesurer l’infinité des possibles.

Janelle McKain - Unravel Me

Quand la rage venant je sors écouter la musique du vent, je peins, là nu comme je suis constamment, les neurones au placard pour pas connaître la non-végétation transcendantale du bulbe. Mes regards entrent dans des lieux déconventionnés. Tu te demandes pas où on est, Toi qui m’y retrouves, dans le même appareil. On se mange sans s’arracher de l’arbre, sans lire les petites lettres de notre composition génétique. L’âme-soeur s’étant reconnue. A l’époque, ailleurs que dans un macdo de rencontres, ni dans les foires au vain. Nous buvons à la pluie ce que les nuages dévalent. Sans dégazage. Cette clairière au centre de ton front, j’aime y asseoir mes yeux. Un endroit où ton coeur bat plus fort que le mental. Comme si ton cul n’était pas mis à prix sur un marché aux esclaves. On en parle souvent de ce qui n’esr jamais dit. Histoire de poésie qui mélange pas les gros maux avec les bonnes lettres qui s’apprennent pas dans les écoles. Plutôt aux zones de l’humanité, bords de misère, d’indifférence et d’usage manuel de ses capacités. Tiens laissons-les nos mains, qu’elles gravent le noir en bleu  

Niala-Loisobleu

22 Septembre 2015

MATISSE PARLE


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MATISSE PARLE

Je défais dans mes mains toutes les chevelures
Le jour a les couleurs que lui donnent mes mains
Tout ce qu’enfle un soupir dans ma chambre est voilure
Et le rève durable est mon regard demain

Toute fleur d’être nue est semblable aux captives
Qui font trembler les doigts par leur seule beauté
J’attends je vois je songe et le ciel qui dérive
Est simple devant moi comme une robe ôtée

J’explique sans les mots le pas qui fait la ronde
J’explique le pied nu qu’a le vent effacé
J’explique sans mystère un moment de ce monde
J’explique le soleil sur l’épaule pensée

J’explique un dessin noir à la fenêtre ouverte
J’explique les oiseaux les arbres les saisons
J’explique le bonheur muet des plantes vertes
J’explique le silence habité des maisons

J’explique infiniment l’ombre et la transparence
J’explique le toucher des femmes leur éclat
J’explique un firmament d’objets par différence
J’explique les rapports des choses que voilà

J’explique le parfum des formes passagères
J’explique ce qui fait chanter le papier blanc
J’explique ce qui qu’une feuille est légère
Et les branches qui sont des bras un peu plus lents

Je rends à la lumière un tribut de justice
Immobile au milieu des malheurs de ce temps
Je peins l’espoir des yeux afin qu’Henri Matisse
Témoigne à l’avenir ce que l’homme en attend.

1947 Louis Aragon. (1897-1982)

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AUTRE DIMANCHE


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AUTRE DIMANCHE

Puisque me voici debout, autant dire que c’est purement volontaire. J’ai dormi sans être inscrit au mondial de rugby, avec mes dés mêlés, mes gnons et mes bleus (les mauvais d’un côté et les bons sur le dessus).

Actuellement la nuit est plus fatiguée qu’hier. Elle traîne plus longtemps au lit. Avant de pouvoir vérifier si dans le jardin, rien ne manque, je compte sur mes doit faire mieux, et trempe ma tartine dans le cas fait, rasséréné. Sans attendre que le jour se lève.

Ces jours sont transitoires. Le fil étant plus mou, ça joue sur la hauteur des marches devenue variable. L’humidité dans l’huile à rouages sépare aussi la cadence en mouvement différentiel, alternatif, suivant l’heur où ce qu’on met dans la casserole va faire bouillir ou cramer l’aqueux du cha qui se passe.

Ce qui expliquerait les sautes.

Les radars prennent dans les deux sens la vitesse de la double pénétration. Chronos est un voyeur qui se contente plus que du trou des serrures. Je ne montre pas mon cul à tous les passants, me rappelant la chanson qui m’a gardé petit. La mémoire n’a pas que ses mauvais côtés.

Pas besoin de brocantes à répétitions pour remonter le tant. Pas plus que de jours du patrimoine pour cacher la vétusté de notre mentalité. L’air godiche des voyeurs visitant l’Elysée, ça ne peut qu’inciter les hâbleurs des conseils ministériels à en remettre une couche dans la farce.

La mer vu d’automne ça a le palier qu’il faut respecter dans la plongée, quand l’ô remonte, pour ne plus suffoquer. La résine des pins orgasme naturel dans le pot de gemme (en patois: de j’aime) tandis qu’aux criées le prix de la morue baisse. Un peu comme les sens.

Normalement entre deux averses, je devrai pouvoir faire mon midi plancha avant de laisser la cabane aux bons soins des oiseaux de mer.Sel oblige.

Niala-Loisobleu

20 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=U5c6LrDS73w

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BRUNO ODILE


BRUNO ODILE

Prendre un autre pour l’offrir comme sa propre pensée, c’est plus qu’espérer, c’est voir de ses propres yeux ce que ce monde dissimule sous un aspect autre.

Bruno Odile

je te le donne à Toi comme ce qui me manque de savoir te dire

Niala-Loisobleu

19 Septembre 2015

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19 septembre 2015
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J’écris à présent comme on dépose une seconde de réalité insaisissable sur les fêlures de l’oubli. Clos dans un monde qui s’achève là où il commence, je suis cadenassé de l’intérieur, fermé d’avoir souffert dans un silence avare d’inutiles propos.

Tout est présent dans ma pensée, mais ce qui voit le jour est déformé, dépecé, divisé. L’instant a le délicieux frisson de n’être qu’un infime fragment du grand tout.

Tout s’accole en un éclat. La nature même de mon sentiment est absorbée sans que je ne puisse intercéder.

Et dans ce défilé de mots lumineux, l’éclair est dans mes yeux, faisant flamboyer des images écarlates dans une voix épluchée à vif.

En persévérant à refuser le vide qui l’entoure, ma volonté espère sans doute le moment où tout bascule. Le moment où l’on ne sent plus rien, où l’on touche du doigt les frontières du néant, où la tête puis le corps lâchent prise, où l’on abdique.

Comment parler de concision ? Rien n’est condensé sur une pensée. Rien n’est vraiment concentré comme on le croit ou le souhaite. J’en suis réduit à m’engourdir d’hypothèses par lesquelles je m’éparpille.

Cependant, écrire est essentiel pour délivrer les nœuds de l’obscurité. L’émotion sème en moi la vigueur d’une rose printanière et toute la fermeté de la fragilité et de la défaillance.

L’écriture pourrait être une avalanche d’humeurs, d’émotions, de vestiges inhumés ou même une fresque lumineuse au fond d’une grotte perdue.

Mais, chaque fois, la perception revendicative m’échappe. Elle m’égare, me trompe, me perd. Ecrire me secoue, me ballote, m’empoigne et me jette du haut de la falaise émotionnelle.

J’ai l’impression de me désencombrer de quelque chose de fort, d’insidieux ou d’avarié. En définitive, je ne fais qu’avaler les tourbillons de mes brisures.

Dans mes soupirs, la petite lampe frontale s’éteint, m’obligeant à continuer le chemin à l’aveugle. Mes friches se mélangent alors à l’air que je respire et dans l’immobilité parfaite, je crois détenir la corde qui m’entrave.

L’illusion est si complète qu’il m’arrive de ne plus savoir qui je suis, où je suis, ni ce que je deviens. Mais je persiste, je m’entête et je me révolte.

Tous les chemins qui me permettent de ressentir la brûlure originelle dans la proximité de mon recueillement sont d’une nécessité plus forte que mon entendement. La terre coule dans mes veines comme un long jet où s’étire le temps.

– Bruno Odile –

http://brunoodile.canalblog.com/

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A QUI LA FAUTE ?


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A QUI LA FAUTE ?

Terrifiante atmosphère, tout autour de nous sifflent les coiffures aux longs serpents

L’âme décrochée est avalée par le flot rageur, impuissante, inconsciente

La force du mal quand, par désespoir on lui ouvre la porte, nous enivre de ses poisons

anesthésiant toute réaction de se maintenir à la surface

Plus de résistance

Plus rien n’existe de ce qui élevait encore hier

les démons sortent de toutes parts

langues de feu aux griffes acérées

L’oeil se crève

le coeur s’alimente à l’artère fielleuse

l’obstination condamne toute forme de bien

au profit de la déchéance du mal…

Oui

Le monde a la couleur de la barbarie

sous couvert de justice et de morale

il égorge et extermine la base même de l’amour

La réalité d’une succession de divers petits malheurs

motive

excite

développe

la tentation de démission morale

La vie est le fruit de la mort

Fruit de notre unique jardin

que seul nous pouvons opposer à la fin du monde

Mais de quel monde sommes-nous ?

D’abord le sien

au nom du premier respect que nous nous devons

d’avoir enfanter de nos âmes

l’amour autre que nous mettions en quête

Celui qui vaincrait

absence

défaut

malfaçon

vice

que nous avons ressenti

faisant naître en nous un désir de perfection

Alors l’ombre qui couvre l’ensemble

commençons dissoudre la nôtre

en la regardant dans les yeux

Je refuse d’être

ON

je suis

MOI dans les AUTRES…

Niala-Loisobleu

19 Septembre 205

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https://www.youtube.com/watch?v=Z8O_XEggIMs

MAINS TENANT 1


MAINS TENANT 1

D’une averse aux sauts vicieux, le sol se mit à grimper le ciel

Comme un chien  sur le trottoir

Sur l’ardoise en fond de rideau, impossible d’écrire de la peinture,

la craie des pinceaux délébile ne tenant pas le cou sous les rafales des trempées

Rage dedans

Dehors affalés

le peintre et sa toile plantés

se remisaient dans les albums d’un alphabet qui avait perdu sa langue

Foutre

je te pisserai à la raie

sale épouvantail chasseur de moineaux

et je te couperai la continence

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Aromates Chasseurs

Je voudrais que mon chagrin si vieux soit comme le gravier dans la rivière: tout au fond.

Mes courants n’en auraient pas souci.

Maison mentale.
II faut en occuper toutes les pièces, les salubres comme les malsaines, et les belles aérées, avec la connaissance prismatique de leurs différences.

C’est quand on ne s’y reconnaît plus, ô toi qui m’abordas, qu’on y est.
Souviens-t’en.

La foudre libère l’orage et lui permet de satisfaire nos plaisirs et nos soifs.
Foudre sensuelle! (Hisser, de jour, le seau du puits où l’eau n’en finit pas de danser l’éclat de sa naissance.)

II y eut le vol silencieux du temps durant les millénaires, tandis que l’homme se composait.
Vint la pluie, à l’infini; puis l’homme marcha et agit.
Naquirent les déserts; le feu s’éleva pour la deuxième fois.
L’homme alors, fort d’une alchimie qui se renouvelait, gâcha ses richesses et massacra les siens.
Eau, terre, mer, air suivirent, cependant qu’un atome résistait.
Ceci se passait il y a quelques minutes.

Détesté du tyran quel qu’en soit le poids.
Et pour tout alpage, l’étincelle entre deux flammes.

Il arrive que des actions légères se déploient en événements inouïs.
Qu’est-ce que l’inepte loi des séries comparée à cette crue nocturne?

René Char

Déglinguant la vitre pleine de chiasses, le voilà qui se mouche

et morve bleu

à déclouer le cercueil pour redonner aux fleurs la tige et la sève hors de la couronne

Je ne suis pas de ceux qui noient

reprenez vos vases et vos bals cons

je vole, je vole, je vole !!!

Niala-Loisobleu

18 Septembre 2015

EN SORTANT D’UNE CERTAINE PEINTURE


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EN SORTANT DU TABLEAU

Me brisant, la chute décrypta en un instant des jours de course au sac. Que les oiseaux en devenaient noirs.. Boum.Tant pis pour la toile, en la perçant c’est comme repartir tapis volant.Un trou? La meurtrière à lumière peut-être ?

Du haut des tours le panorama entre dans le moindre détail. Du crénelé de soi-même défilent les chapitres.. Questions labourées, l’automne se blottit le semis aux plus fertiles. La réponse lève. Dans l’ocre terre percent de minuscules points vers.

Arrêter. Ne plus peindre, écrire d’abord. Vox je t’écoute sans brouillon. Lettres capitales. Epitre. Heures riches ?

 Le feuillage éclairé – 2

La voix était d’ironie pure dans les arbres,
de distance et de mort,
de descellement d’aubes loin de nous
Dans un lieu refusé. Et notre port
était de glaise noire. Nul vaisseau
n’y avait jamais fait le signe de lumière,
tout commençait avec ce chant d’aube cruelle,
un espoir qui délivre, une pauvreté.
C’était comme en labour de terre difficile
l’instant nu, déchiré
où l’on sent que le fer trouve le coeur de l’ombre
et invente la mort sous un ciel qui change.»

Yves Bonnefoy,

(Le chant de sauvegarde, extrait de Hier régnant désert)

Avec timidité le sourire se remet en marche. Sur les pierres le son de l’écume blanchit les passages. On dirait que le soleil avale les carreaux. Il manque la rage, la vague s’est faite étale. Temps mort. Je me regarde de face. Quel baume mettre à la douleur ? Les maux débusqués demandent l’attention. Convalescence. Le cheval ira en alpage, l’air d’altitude de lui redonner confiance en lui-même. D’oublier de guérir les autres. Se porter à la partie accessible du graal. Ulysse, rappelles-moi…

Reste du feu sous la cendre. L’âtre n’a pas refroidi ses pierres. La crémaillère tend les bras et la table allonge son bois. Du bleu ramure de l’intérieur. La saison d’automne fait ses coupes avant la vendange. Le printemps ne monte que de la chute des feuilles

Niala-Loisobleu

18 Septembre 2015

Johnny Palacios Hidalgo 1970 - Peruvian Surrealist painter - Tutt'Art@ (1)

https://www.youtube.com/watch?v=KTtZhaDZfyk

NOIRE BLANCHEUR


NOIRE BLANCHEUR

Un soleil païen
cul nu
montre sa rosace

Pudiquement

C’est la hutte finale
un blanc vaut trois noirs
le totem
est désacralisé
sur les corps
des peintures au visage défait
sont priées de mettre un masque

Les femmes à la croupe du vent
déhanchent les troncs
des maux écrits on traduira à l’an vert
qu’une furie noire rythme en scat au logis

Les rayons ondoient dans la chaleur des fesses écloses
que les yeux vierges de langues libidineuses
polissent hors de la mondaine

death and the maiden. Loui Jover  00,075,f

Sauvages des bêtes humaines
dévenimées du serpent puritain
vont au bain des pierres chaudes
dans le plus simple appareil
sans rien déranger dans les ils
du battement des elles

Garçon un autre ver, siou plait

et sans étiquette

je veux être noir de poésie

puisque que personne ne su en lire le bleu

De profondis…

T’as d’beaux yeux

tu sais…

Niala-Loisobleu
17 Septembre 2015

BLEU NU


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BLEU NU

La rougeur du feuillage ?

Dans le tourment des pendules cette aile qui bat, roulement incessant. La mémoire vive cogne, chaque coin de seconde me l’a dessiné de son musc. Vent d’aisselles qui s’est enfui de la bretelle dans la chute du sein trop lourd. Les feuilles où la pilosité a trainé marquent.

Dans mon souvenir un geai me les chante bleu nuit.

Qu’en sait-elle ?

Entre l’idée de peindre, qu’on peut s’en faire simplement, l’atroce passe nécessairement en force dans la couleur de l’espoir fait amour.

C’est dur, tout est mou.

Des doigts le mental voudrait donner le ton. Tante Jeanne, oh, je fais pas de la cuisine. Surtout pas.

Non.

Refus d’un plus savoir, j’ai peur, ça tremble au mot peint,  Va falloir sortir de la tranchée.

Assaut.

Lacérer l’étoile de lin, le bleu se hissera.

Frissons, oui

vous avez dit frissons ?

Retroussé à nu.

Le trait défile, ondulant, une vapeur, Le glacis chauffe. Transparence, voilà casser l’opaque.

Monte avant que la marche se mette à descendre. Jamais le délire ne fut approché d’aussi près.

Mot juste, vite je l’arrime à la rampe. Le palier lance ses planches dans un geste de salut. Les longues branches des arbres bleus qui étaient privées de bras dressent la tête. Une amarre ? Oui. Avec sceau à l’accorde.

De la chair, peindre sensuel, pour l’orgasme bleu. Un mort me donne « Les couleurs du Temps », je m’abonne à ailes.

Emoi dans la gorge. Nous ne nous essuierons qu’aux chiffons de nos langues. De mes doigts elle est bleu nu d’un sein à l’autre éclaté, avec les yeux grands ouverts, le poison vomi.

Niala-Loisobleu

16 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=4hTpR-TYTZ0