BRUNO ODILE


BRUNO ODILE

Prendre un autre pour l’offrir comme sa propre pensée, c’est plus qu’espérer, c’est voir de ses propres yeux ce que ce monde dissimule sous un aspect autre.

Bruno Odile

je te le donne à Toi comme ce qui me manque de savoir te dire

Niala-Loisobleu

19 Septembre 2015

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19 septembre 2015
RésonNances (53)

J’écris à présent comme on dépose une seconde de réalité insaisissable sur les fêlures de l’oubli. Clos dans un monde qui s’achève là où il commence, je suis cadenassé de l’intérieur, fermé d’avoir souffert dans un silence avare d’inutiles propos.

Tout est présent dans ma pensée, mais ce qui voit le jour est déformé, dépecé, divisé. L’instant a le délicieux frisson de n’être qu’un infime fragment du grand tout.

Tout s’accole en un éclat. La nature même de mon sentiment est absorbée sans que je ne puisse intercéder.

Et dans ce défilé de mots lumineux, l’éclair est dans mes yeux, faisant flamboyer des images écarlates dans une voix épluchée à vif.

En persévérant à refuser le vide qui l’entoure, ma volonté espère sans doute le moment où tout bascule. Le moment où l’on ne sent plus rien, où l’on touche du doigt les frontières du néant, où la tête puis le corps lâchent prise, où l’on abdique.

Comment parler de concision ? Rien n’est condensé sur une pensée. Rien n’est vraiment concentré comme on le croit ou le souhaite. J’en suis réduit à m’engourdir d’hypothèses par lesquelles je m’éparpille.

Cependant, écrire est essentiel pour délivrer les nœuds de l’obscurité. L’émotion sème en moi la vigueur d’une rose printanière et toute la fermeté de la fragilité et de la défaillance.

L’écriture pourrait être une avalanche d’humeurs, d’émotions, de vestiges inhumés ou même une fresque lumineuse au fond d’une grotte perdue.

Mais, chaque fois, la perception revendicative m’échappe. Elle m’égare, me trompe, me perd. Ecrire me secoue, me ballote, m’empoigne et me jette du haut de la falaise émotionnelle.

J’ai l’impression de me désencombrer de quelque chose de fort, d’insidieux ou d’avarié. En définitive, je ne fais qu’avaler les tourbillons de mes brisures.

Dans mes soupirs, la petite lampe frontale s’éteint, m’obligeant à continuer le chemin à l’aveugle. Mes friches se mélangent alors à l’air que je respire et dans l’immobilité parfaite, je crois détenir la corde qui m’entrave.

L’illusion est si complète qu’il m’arrive de ne plus savoir qui je suis, où je suis, ni ce que je deviens. Mais je persiste, je m’entête et je me révolte.

Tous les chemins qui me permettent de ressentir la brûlure originelle dans la proximité de mon recueillement sont d’une nécessité plus forte que mon entendement. La terre coule dans mes veines comme un long jet où s’étire le temps.

– Bruno Odile –

http://brunoodile.canalblog.com/

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A QUI LA FAUTE ?


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A QUI LA FAUTE ?

Terrifiante atmosphère, tout autour de nous sifflent les coiffures aux longs serpents

L’âme décrochée est avalée par le flot rageur, impuissante, inconsciente

La force du mal quand, par désespoir on lui ouvre la porte, nous enivre de ses poisons

anesthésiant toute réaction de se maintenir à la surface

Plus de résistance

Plus rien n’existe de ce qui élevait encore hier

les démons sortent de toutes parts

langues de feu aux griffes acérées

L’oeil se crève

le coeur s’alimente à l’artère fielleuse

l’obstination condamne toute forme de bien

au profit de la déchéance du mal…

Oui

Le monde a la couleur de la barbarie

sous couvert de justice et de morale

il égorge et extermine la base même de l’amour

La réalité d’une succession de divers petits malheurs

motive

excite

développe

la tentation de démission morale

La vie est le fruit de la mort

Fruit de notre unique jardin

que seul nous pouvons opposer à la fin du monde

Mais de quel monde sommes-nous ?

D’abord le sien

au nom du premier respect que nous nous devons

d’avoir enfanter de nos âmes

l’amour autre que nous mettions en quête

Celui qui vaincrait

absence

défaut

malfaçon

vice

que nous avons ressenti

faisant naître en nous un désir de perfection

Alors l’ombre qui couvre l’ensemble

commençons dissoudre la nôtre

en la regardant dans les yeux

Je refuse d’être

ON

je suis

MOI dans les AUTRES…

Niala-Loisobleu

19 Septembre 205

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https://www.youtube.com/watch?v=Z8O_XEggIMs