MAINS TENANT 1


MAINS TENANT 1

D’une averse aux sauts vicieux, le sol se mit à grimper le ciel

Comme un chien  sur le trottoir

Sur l’ardoise en fond de rideau, impossible d’écrire de la peinture,

la craie des pinceaux délébile ne tenant pas le cou sous les rafales des trempées

Rage dedans

Dehors affalés

le peintre et sa toile plantés

se remisaient dans les albums d’un alphabet qui avait perdu sa langue

Foutre

je te pisserai à la raie

sale épouvantail chasseur de moineaux

et je te couperai la continence

 P1040722

Aromates Chasseurs

Je voudrais que mon chagrin si vieux soit comme le gravier dans la rivière: tout au fond.

Mes courants n’en auraient pas souci.

Maison mentale.
II faut en occuper toutes les pièces, les salubres comme les malsaines, et les belles aérées, avec la connaissance prismatique de leurs différences.

C’est quand on ne s’y reconnaît plus, ô toi qui m’abordas, qu’on y est.
Souviens-t’en.

La foudre libère l’orage et lui permet de satisfaire nos plaisirs et nos soifs.
Foudre sensuelle! (Hisser, de jour, le seau du puits où l’eau n’en finit pas de danser l’éclat de sa naissance.)

II y eut le vol silencieux du temps durant les millénaires, tandis que l’homme se composait.
Vint la pluie, à l’infini; puis l’homme marcha et agit.
Naquirent les déserts; le feu s’éleva pour la deuxième fois.
L’homme alors, fort d’une alchimie qui se renouvelait, gâcha ses richesses et massacra les siens.
Eau, terre, mer, air suivirent, cependant qu’un atome résistait.
Ceci se passait il y a quelques minutes.

Détesté du tyran quel qu’en soit le poids.
Et pour tout alpage, l’étincelle entre deux flammes.

Il arrive que des actions légères se déploient en événements inouïs.
Qu’est-ce que l’inepte loi des séries comparée à cette crue nocturne?

René Char

Déglinguant la vitre pleine de chiasses, le voilà qui se mouche

et morve bleu

à déclouer le cercueil pour redonner aux fleurs la tige et la sève hors de la couronne

Je ne suis pas de ceux qui noient

reprenez vos vases et vos bals cons

je vole, je vole, je vole !!!

Niala-Loisobleu

18 Septembre 2015

EN SORTANT D’UNE CERTAINE PEINTURE


lunaaaa

EN SORTANT DU TABLEAU

Me brisant, la chute décrypta en un instant des jours de course au sac. Que les oiseaux en devenaient noirs.. Boum.Tant pis pour la toile, en la perçant c’est comme repartir tapis volant.Un trou? La meurtrière à lumière peut-être ?

Du haut des tours le panorama entre dans le moindre détail. Du crénelé de soi-même défilent les chapitres.. Questions labourées, l’automne se blottit le semis aux plus fertiles. La réponse lève. Dans l’ocre terre percent de minuscules points vers.

Arrêter. Ne plus peindre, écrire d’abord. Vox je t’écoute sans brouillon. Lettres capitales. Epitre. Heures riches ?

 Le feuillage éclairé – 2

La voix était d’ironie pure dans les arbres,
de distance et de mort,
de descellement d’aubes loin de nous
Dans un lieu refusé. Et notre port
était de glaise noire. Nul vaisseau
n’y avait jamais fait le signe de lumière,
tout commençait avec ce chant d’aube cruelle,
un espoir qui délivre, une pauvreté.
C’était comme en labour de terre difficile
l’instant nu, déchiré
où l’on sent que le fer trouve le coeur de l’ombre
et invente la mort sous un ciel qui change.»

Yves Bonnefoy,

(Le chant de sauvegarde, extrait de Hier régnant désert)

Avec timidité le sourire se remet en marche. Sur les pierres le son de l’écume blanchit les passages. On dirait que le soleil avale les carreaux. Il manque la rage, la vague s’est faite étale. Temps mort. Je me regarde de face. Quel baume mettre à la douleur ? Les maux débusqués demandent l’attention. Convalescence. Le cheval ira en alpage, l’air d’altitude de lui redonner confiance en lui-même. D’oublier de guérir les autres. Se porter à la partie accessible du graal. Ulysse, rappelles-moi…

Reste du feu sous la cendre. L’âtre n’a pas refroidi ses pierres. La crémaillère tend les bras et la table allonge son bois. Du bleu ramure de l’intérieur. La saison d’automne fait ses coupes avant la vendange. Le printemps ne monte que de la chute des feuilles

Niala-Loisobleu

18 Septembre 2015

Johnny Palacios Hidalgo 1970 - Peruvian Surrealist painter - Tutt'Art@ (1)

https://www.youtube.com/watch?v=KTtZhaDZfyk