LA MALLE A RIAS


Diego Fernandez 1164

LA MALLE A RIAS

A m’aime le sol de mes pontons, sous la poussière des voiles hissées, je navigue à fond de cales ce merveilleux grenier d’une enfance poursuivie au fil des années. J’ai commencé plus vieux très tôt. Méthode innée venue d’un doute précoce sur la franchise des écoles. Les mendiants qui font la manche n’ont de vrai que l’imposture de leur cécité, du bras qui manque ou du cul-de-jatte sur lequel ils assoient leur arnaque au sentiment. Quelque chose de la cour des miracles s’introduit toujours, hélas, dans le beau de la cathédrale.

Hier, a eu son cap de bonne espérance en plein milieu des 40° rugissants. Là où on plante les mâts de cocagne…

Et aujourd’hui tu crois que c’est pas pareil ?

Pire..

Le sourire du tartuffe, est d’une telle ressemblance qu’entre Tussault et Grévin c’est à qui l’aura. Tu prends une rosière tu la trempes dans le sérum de vérité, il en sort une mer maquerelle, que tu péris dedans. Pas de différence pour l’enfant-de-choeur qui fait des vidéos en tournante pour avoir des images pieuses à mettre dans son missel..

L’origine du monde est complètement épilée. Plus un poil de vérité dans le tabernacle. On baise au figuré comme au malpropre.

Et pourtant je n’ai pas de blancheur que dans mon capillaire. A croire que tant de balais m’ont tenu la cambuse nette de saloperie mentale plus que corporelle. Au point que pris d’un besoin de rejoindre en écho l’action du pape en cours, je vais faire les abbayes retirées pour cause de mauvais esprit. La canicule a certainement déclenché ce besoin de fraîcheur, d’asile protecteur contre la tromperie dont je fais l’objet. mais il ne faut voir en cela qu’une forme de réaction, pas le fond de l’orientation.

Mon sauveur, c’est ce petit caillou qui depuis plus de huit décennies n’a jamais quitté ma poche. Mes doigts l’ont tant malaxés qu’il a rentré son minéral dans ma chair. Tous ces arbres à musique qui frémissent comme la sale gueule du gitan qui tire les aboiements de son chien avec ses tripes. La claque qui frappe les deux joues de mes croisades, c’est comme un coup de tisonnier qui me fait le truc du phénix. Les larmes sulfuriques qui me dévorent la rétine, c’est pour passer la foi en macro. Le mal de dos des ruades d’ânes c’est l’arc-boutant de mon échine à tirer le godet de noria de ma source.

J’en ai tellement entendues des faiseuses d’anges, quelles me font vomir leurs fausses amours…et que toujours je plonge dans ma malle à rias pour me rincer de la vérole qu’elles mettent au monde comme un poison d’Avril..

Niala-Loisobleu

13 Août 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=sBo7OaFpHIg