CHAT CRAINT D’AMOUR


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CHAT CRAINT D’AMOUR

Dehors, pas plus que dedans, impossible de me rappeler quel endroit c’était. Soudain tout se met à tourner sur lui-même. Grand trou noir. En cherchant bien dans les fumées des doutes qui se sont baladés, des morceaux de bouchons passent en flottant. Quel désordre. Voilà le résultat de mois restés dans l’ignorance la plus complète. Qu’est-ce que , mais, oui peut-être, hein, ah, non, que répondre quand le trouble se glisse dans l’acte comme dans le psychique, hein ?

Toute la nuit sur le pont. J’ai arraché mes yeux au brouillard. Du délire, quais de gares, pontons, pris dans les tourbillons…

Elles étaient plusieurs. Une haleine d’accordéon rance traînant sur les chaises renversées. Montrant sous leurs nappes la réserve que les hommes de l’amer chargent en cales avant d’appareiller pour le monologue qui disserte sur le ciel vu dans l’eau, d’un bout à l’autre de l’horizon.

Le jaune de la lumière, ne tenait qu’à peine sur ses jambes. L’épaisseur de la fumée quand ça nicotine l’ambiance un max, tu ne reconnais plus  les mandolines des violons. Que cafard.. D’horribles visages ricanent. Du bitume descend sur les rosières, t’es con à un point pas possible. Il y aurait eu des enfants se mêlant de défendre les grands…tout devient autre, bizarre.

La mer monte et descend.

Tatoués comme un déplacement de boeufs de western, des bras s’ouvraient jusque dans le dos de la poitrine pour étaler des souvenirs de tôles pris aux escales des mers caraïbes. Batailles de coqs, fumeries, mineur(es) bradés par la famille, nauséeuses randonnées, bar à putes, coups de poings, couteaux, coupé on va plus loin. Une forme dont le sexe ne pouvait plus faire que l’objet de paris pour donner son genre, gérait l’instrument à musique du tiroir-caisse. Glauque sans que rien n’y manque. Dans le coin où la piste retenait les épaves, des morceaux qui avaient perdu la boule, jetaient des éclats de rires gras intermittents en spectacle. Un chien sans poils léchait la sueur au pied des murs. Entre les cuisses ouvertes du balcon qui menait aux chambres. Dans une odeur de poudre à sexe qui venait des cuisines, quelques habitués se faisaient fouetter, attachés à une figure de proue qui n’avait plus de dents.

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À LA DÉSESPÉRADE

—Je ne désire plus que tu me sois ouvert,

Et que l’eau grelottant sous ta face profonde
Me parvienne joyeuse et douce, touffue et sombre, (Passagères serrées accourues sur mes lèvres
Où réussissent si complètement les larmes).
Puits de mémoire, ô cœur, en repli et luttant.


Laisse dormir ton ancre tout au fond de mon sable,

Sous l’ouragan de sel où ta tête domine,

Poète confondant, et sois heureux,

Car je m’attache encore à tes préparatifs de traversée !

René Char

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De chaque côté de la porte cochère un drap noir cache la poterne.

Au bout de la jetée, entre les paniers de crabes et les filets anti-sous-marins rien ne monte à la surface.

Le fond du ciel est d’une couleur de relâche,

Des tamaris se penchent à tomber, l’évent avec…

Un enfant prend le large

tout est sauvé !

Niala-Loisobleu

31 Août 2015

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AIGUEVIVRE


AIGUEVIVRE

La reculée aux sources : devant les arbustes épineux, sur un couloir d’air frais, un blâme-barrière arrête l’assoiffé. Les eaux des mécénats printaniers
et l’empreinte du visage provident vaguent, distantes, par l’impraticable delta.

Revers des sources : pays d’amont, pays sans biens, hôte pelé, je roule ma chance vers vous. M’étant trop peu soucié d’elle, elle irriguait, besogne plane, le jardin de vos
ennemis. La faute est levée.

René Char

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PRIEURE DE LA CHAUME

Les vitraux regardent du plomb que leur couleur tente en rosacées, parmi les plantins et les colchiques d’un bord mis en attente.L’enfilade d’un couloir à n’en plus finir ventile un mélange de vie passée au moisi actuel. Il a plané de cellule en cellule l’esprit d’un dieu qui donnait à la ronde le jointoiement des prières.
Ici un délire rococo se prend la tête dans un fantasme roman, gargouillis de diables échappés des buissons d’orties qui retiennent les pastels roses de lauriers d’une autre époque.
Il plane en ces lieux un quiproquo de lumière. La clarté s’en est remise à l’hibernation. L’allumeur de réverbère n’ayant pas fermé le rideau, juste soufflé les candélabres, en panne de société.
J’ai marché dans le temps suspendu, colimaçant d’un escalier d’échauguette à un ascenseur en radoub. Les grands tableaux des salles d’études en haleine au bout des craies, semblent avoir été collés.
Premier séminaire où je suis entré mécréant.
Baigné dans le surréalisme d’une dévotion de chapelle où la vie close m’a semblé enfin avoir fait l’école buissonnière. J’ai vu se projeter sur la scène du petit théâtre enclos, des séquences espagnoles, séquelles d’une blessure franquiste mis dans la bobine par Saura.
Le soleil ne brille jamais tout seul, il faut le repeindre chaque matin, ai-je profondément ressenti en trempant mes pieds dans la sortie. Un ange est vraiment passé dans mon coeur.
Fini-Leonor---Timpe--Timpe--Timpe--Tare---1985
Impression de visite du Prieuré de la Chaume (Ancien séminaire, désaffecté) 17250 Pont-l’Abbé-d’Arnoult
Niala-Loisobleu
29 Août 2015

FUMET D’ENTRAIN


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FUMET D’ENTRAIN

Une grande verrière enchevêtrée dans les escarbilles du métal

et voilà l’allaitement de la vapeur qui pssssitttt en gare

La parallèle des rails

entrant dans le tunnel pour dépasser son ombre

Prochain arrêt ma lumière

Assis par terre un grand bassin, un bout de ficelle, du liège en bouchon, un bout de carreau pour le tablier, du papier à pliage (un bateau peut demander l’entrée pour pouvoir en sortir) du trombone, de la craie et plein de petits cailloux. Le mouchoir peut rester au fond de la culotte courte, avec une ficelle on peut nouer sans crainte d’oublier. L’enfant n’oublie rien, il sépare.. Il sait par nature que les bobos c’est un truc à la con qui vient des grands. Lui il a deviné, avant d’être dévié par l’école qui oblige à faire un trait obligatoirement avec une règle, d’instinct que le dessin n’a de vérité qu’à main levée. Il s’en fout et contrefout de mettre un nez au milieu de la figure. Une tête pour lui c’est d’abord un ros ventre posé sur le fil des jambes. Lui il rit comme si pendant qu’il nageait dans sa mère, il avait tout compris en découvrant genre sous-marin comment ça peut tout compliquer un grand. Et pourquoi, se mordre la queue quand chat serre à rien ?

La merde c’est que pour jeter pas pour conserver.

Tiens j’entends siffler l’entrain. Viens mon Coeur on va aller dire bonjour à Jacques.Il a gardé un pas-de-porte au marché aux fleur, parce qu’il n’y a pas d’esclave. D’ailleurs il est pas tout seul à continuer à peindre les mots bien qu’officiellement pour l’état-civil y soit pu de ce monde. Tous les poètes sont immortels.Il peut s’appliquer à se démolir le monde. Les poète sont immortels. Et ils marchent en arrosant le temporel à visage ouvert. Voiles carguées sur la route, semelles de vents aux pieds.

Cours sans répit après ton ombre elle est le wagon de ton convoi.

Et demande-lui de montrer son billet.

Faut pas lui laisser loisir de te frauder le voyage…

Rien ne vaut l’amour qu’on se forge. Ce monde est fait que pour aimer sans s’arrêter au fait qu’il aime personne.

Niala-Loisobleu

27 Aout 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=RhesEYcpa2g

ORDONNANCE RYTHMIQUE


ORDONNANCE RYTHMIQUE

Un arbre tend son doigt

j’entends la rivière messagère quitter la source

que d’yeux exaucent ces regards innocents

aux pierres j’ai mis mes mains

l’acide et le burin

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Je trouverai le fruit au noyau de pulpe

pour repeupler les forêts

Faire en sorte vivre l’acte désintéressé

sur la paille des chaises où les chants de table demeurent

A démouler les fondements coulés de la mémoire

avant que la faille du geste criminel n’ouvre sa lame

nous réhabiliterons la liberté de penser

maisons étreintes les unes aux autres

Mains ouvertes

sans psaumes lépreux

Bleu

pareil que quand je vois la vie donnée

sans plus-offrant

Niala-Loisobleu

26 Août 2015

https://www.youtube.com/watch?v=z_DSNRzujTw

MEDITATION SUR LES RUINES DE PALMYRE


Along the Cardo Maximus or main street, 1.2 kms in length with porticoes at each end, 2nd century AD, Palmyra, Syria. Monumental arch in the distance. In Roman city-planning, the Cardo Maximus runs north-south, intersecting with the east-west Decumanus Maximus Picture by Manuel Cohen

Anatole France
MEDITATION SUR LES RUINES DE PALMYRE
1859
Extrait du Mercure de France, N° 647, 1er juin 1925

Le soleil couchant ne traçait plus qu’un bandeau de feu à l’horizon, et la lune s’était levée sur les ruines de Palmyre. Cet astre de la nature endormie ajoutait encore à la morne solitude de ces lieux où tout repose d’un sommeil éternel.

On entendait au milieu du silence les glapissements des chacals et les cris des oiseaux de nuit, ces voix lugubres du désert et des ruines.

Un voyageur apparaissait seul au milieu de ces débris ; le dégoût du monde l’avait entraîné loin de sa patrie, loin des hommes, et il était venu demander au désert les impressions dont son âme était altérée.

Ce voyageur, échappé du monde des vivants pour contempler un monde évanoui, méditait sur le grand spectacle qui s’offrait à ses yeux.

Les voilà donc, pensait-il, tous ces monuments qui faisaient autrefois l’orgueil de Palmyre. La main qui les a renversés ne semble en avoir respecté quelques débris que pour en faire les monuments irrécusables de la fragilité des œuvres humaines.

Cette plaine, maintenant déserte et silencieuse, ne révèle que par des débris l’existence des générations qui l’ont jadis animée, comme la mer, après la tempête, ne laisse deviner le naufrage que par les débris qui flottent à la surface de ses ondes apaisées.

Ici, pourtant, se pressait une foule nombreuse ; ici des hommes ont vécu ; ils ont eu leurs jours de joie comme leurs jours de douleur. Où est-il maintenant, le souvenir de leurs maux et de leur félicité ? Où est-il, le secret de leur existence ?

Cet amas de ruines était un temple. Où sont-ils, ceux qui venaient y brûler de l’encens ? Ils ont passé comme la fumée de leurs sacrifices.

Dans ce palais dont il reste à peine quelques colonnes, un prince, un roi peut-être, entourait son existence de tout ce qui pouvait flatter ses passions et satisfaire ses vœux. La foule misérable portait alors des regards d’envie sur cette orgueilleuse demeure en maudissant les injustes caprices de la fortune qui jette en aveugle le bonheur et l’adversité.

Mais la mort a passé par là et le vent du désert a complété son œuvre : il a mêlé les cendres du tyran aux cendres de l’esclave.

À cette pensée, le voyageur s’arrêta, puis se levant :

— Salut, dit il, opulente Palmyre, royale Babylone, superbe Persépolis : et vous, Tyr et Sidon, reines du commerce, salut. Dépouillées comme vous l’êtes de vos prêtres et de vos temples, de vos soldats et de vos remparts, de vos marchands et de vos trésors, que vous avez d’attrait pour moi !

Ruines de tant de nations puissantes, que je vous sens de vertus !

Vous consolez le malheureux par la vue de la plus terrible catastrophe ; vous réprimez l’élan d’une joie immodérée par une image de deuil et de mort ; vous apprenez au riche ce que valent les richesses, à l’esclave combien est court son esclavage ; enfin, vous élevez l’homme vers un monde meilleur en lui montrant que rien n’est stable, que rien n’est vraiment grand ici-bas.

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Visionnaire Anatole France ?

Pour le moins…en face des démonstrations journalières de notre irréversible décadence, entendre que le risque zéro n’existe pas, est la dernière des lapalissades de notre Cazeneuve, The Voyce national, digne porte-parole de la pauvreté intellectuelle, politique et sociale, faisant aveu d’incapacité de notre Président à rechercher la solution capable d’éradiquer définitivement un groupuscule fanatique en voie d’anéantir notre histoire, passée, présente et à venir.

Nonobstant que ça n’enraye, le règle,  en le traitant par le bon bout le problème des migrants.

Niala-Loisobleu

25 Août 2015

The Baalshamin sanctuary, located in the north of the city of Palmyra. Its construction began in the second century BC. Gradually was added a colonnaded courtyard after 67 AD and a cella in 130 AD; Citadel in the distance, Palmyra. Syria Picture by Manuel Cohen

Ô RÂLES, Ô DES ESPOIRS


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Ô RÂLES, Ô DES ESPOIRS

Enfourché comme je mie tenais

l’embrun de sa croûte

loin d’une prière

faisait notre paire

au peint quotidien

Ainsi soit-île

Assis à côté des jérémiades d’une fausse promesse,

seuls parmi le plus grand nombre

nous nous tenions là,

sans nous demander comment,

dans un défilé étroit

ramant la fleur grimpante du tronc de notre étreinte

Leurs ricanements pendulaires

accrochés comme des fruits secs aux aumônières

flottaient entre les travées d’une obscurité entretenue

J’entrais dans l’aqueduc

attiré par un bruit de source

je les vis

Elles

l’origine et la suite

écrites en nom-propre

Niala-Loisobleu

24 Août 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=ROZzQb5-99M

A ANNE


ma

A ANNE

Corps niche

le confiturier

tire l’encrier au bord

Recueil d’émaux prisonniers

Une chaise

un serre volant

deux pointes de pieds

D’un poing d’exclamation au menton

l’interrogation tombe

cas ô

de la parenthèse

Rose écaille l’ouie ouvre

jaillissent

jaunes ocres  roux sillons en tirets bleus

Nageoires déboutonnées

hors du poids niais

les mots alevinent

au sein du secret

bout en bout entrain corail…

Niala-Loisobleu

23 Août 2015

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23https://www.youtube.com/watch?v=wD9z-7I7JV4

c’est gagné