SIMPLE D’ESPRIT


Life is a Dance in The Rain III by Adrian borda

SIMPLE D’ESPRIT

Sentir passer dans une trame de nuit, le point du jour, puis avoir de m’aime son odeur au coeur échappée de son absence physique par la volonté d’un choix impératif, c’est plus que tenir la forme extérieure de son amour, c’est lui pénétrer l’âme à pleine mains.
De toutes les couleurs de la vie, la plus subtile est tirée de tout ce qui est contraire au plaisir primaire. L’instant, le fugace qui traverse en courant, et ne laissent en vérité aucune trace derrière eux. Un plaisir mort-né.
Les bouquets les plus riches, mis dans un vase au cristal pur, perdent tout ce qui fait la beauté d’une fleur sur tige. Elles meurent d’ennui dans une eau qui croupit.
Ainsi les ors, les damasseries, tombant de panneaux ou trumeaux travaillés de moulures et de pâtisseries dégoulinants d’orgueil, d’exhibition outrancières pour jeter au visage un pouvoir d’achat misérable, sont vains pour pénétrer la simplicité du creux secret où l’état pur réside.

En la chose aimée l’amant se transforme

En la chose aimée l’amant se transforme,

Par vertu de grande imagination ;

Plus rien alors désirer je n’ai,

Puisqu’est en moi la partie désirée.

Si en elle mon âme est transformée,

Que d’autre désire le corps atteindre ?

En lui-même seul il peut reposer,

Puisqu’avec lui cette âme est attachée.

Mas cette divinité belle et ure

Qui, comme un accident en son sujet,

Ainsi avec mon âme se conforme,

Comme une idée se tient dans ma pensée :

Le vif et pur amour dont je suis fait,

Tel matière simple, cherche la forme.

Luis de Camões

Voilà que tout déborde, c’est bien le cas de le dire, pas d’éponge, pas de serpillière et pas d’écopes capable d’enrayer la chose en remettant tout à sec. L’Histoire rime à rien. L’Homme ne sait que couper la branche sur laquelle il assoit son thème.
– Oui je suis là mon Coeur, étonnant non ?
L’apparence ne me touche pas. Bien que du compliqué j’ai horreur, je dois dire que grâce à lui j’ai appris à rester simple. J’ai choisi, voilà fort longtemps, d’aimer, un sacré crédo qui en soit constitue un défi à l’humanité. J’entends tes battements dans le vide environnant, je sens ton haleine dans la sécheresse du désert, je vois tes seins dans mes mains aux galops de l’amputation des quatre membres, et cet éclat que la vie s’acharne à vouloir t’interdire l’oeil, je l’allume du feu de mes reins. Simple d’esprit. Dis quand même un bruit de pas, la couleur de tes pieds nus m’intéresse au temps que celle de ta robe. D’autant qu’à tout soulever on peut mieux comparer. Avais -tu du bleu dans le son des mots que tu aurais voulu m’écrire, en y joignant la photo de cette pensée que je cherche. Comme un bruit de couverts qu’on remues dans le vif, pique-moi de la fourchette, peut-être suis-je la tête dans le vide. enlisé dans des funèbres vroums-vroumes où annonces d’osèques se mélangent aux faire-part de naissance, je ne peux plus me répondre, j’ai perdu la voie

Niala-Loisobleu
22 Juillet 2015

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