BAL MASQUE


Andrew Ferez

BAL MASQUE

Porte gond ton fard d’ô

au lavoir

la course des chevaux piaffe aux abreuvoirs

Le trauma d’air

des vouloir être ce que tu n’es pas

artère

le vaisseau au désert

Les engrenages sont les coups rois des usines à gaz

Colombine de latrines

intestine

Pierrot aux fins fonds du puits tari

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Aux noms d’un tas de paille et d’une autre

sosie de stras bourre

les tant sont bures

Moines aux fois naturalisées.

mises sous cloche dans le dressing-room du paraître

Dieu est mort

l’espoir vit en corps

Sors du voile et prend le vent dans chacun de tes yeux

ça net toi

Tas d’beaux dos

mais desseins qui tombent sous la ligne de flottaison

la misaine qui poupe à tente accule

proue que dalle à la carène des galères

Les chemins de croîs de faire passent pas par ceux des croix de bois

Roulement de tambours

et tartes aux fraises

épouvantaillent les grandes orgues de la marche nuptiale

comme Capitaine du vaisseau fantôme.

agent-double qui trompe

la brume et la blonde

Ou t’es

ou t’es pas

point barre

arrête la con plainte des chieurs de long

Niala-Loisobleu

19 Mars 2014

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PAS DE DEUX


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PAS DE DEUX

Glissades

les planches du parquet vont embraser la boule du plafond

Fléchissements de je nous

mouvement d’yeux papillons

Eclairs

Laser

Les couleurs liqueurs du piano-bar

menthe à l’ô grenade in

ambre chien et Lou

se mêlent ange et démon

Un soir de soie

noué dans l’hôte

raye les pantalons au bas du dos du bandonéon

Griffé d’un trait fauve par une odeur de corde bandée

l’archet glisse entre les cuisses d’une cambrure

au bout des bras nylon gantés d’ergots

Quand l’aréole échappée du décolleté

pose son disque de feu au milieu de l’arène d’un fessier

les cœurs font olé

Animale attitude

Eternel premier matin

Le fleuve sort du lit

à ria

Cri de l’estuaire

La solitude d’un pas de deux tisse ses ailes en delta

Niala-Loisobleu

18 Mars 2015

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MI NANA Y YO


252800_vignette_15-kahlo-mi-nana-y-yo-ma-nourrice-et-moi-1937Mi nana y yo (Frida Kahlo, 1932) –

Nous sommes transfigurés par ces laits qui coulent de toutes les sources

Pour manifester ses origines indiennes (son père était juif hongrois, sa mère mi-mexicaine mi-indienne), Frida Kahlo se représente dans les bras d’une nourrice au visage de divinité aztèque. Du lait coule des deux seins de la nourrice, mais l’un d’entre eux, celui qui arrive dans la bouche de Frida, est transfiguré : doré, tatoué de motifs végétaux. A l’arrière-plan, une pluie de gouttes de lait arrose des plantes tropicales démesurées.
La mère paraît angoissée, tandis que la fille (corps d’enfant, tête d’adulte) est dans une position ambiguë. Ce sein qu’elle suce n’est-il pas en même temps la voix qui sort de sa bouche? Car elle n’a pas l’air de sucer, elle a bel et bien l’air de parler. Ce bouquet doré n’est-il pas sa parole? La mère semble terriblement souffrir, comme si Frida avait réussi à transférer sur elle sa souffrance, tandis que Frida, elle, toute calmée, rassurée par la présence maternelle, peut parler. Elle parle grâce à la présence de cette mère souffrante, c’est-à-dire grâce à cet acte de peindre par lequel elle a restauré cette présence.

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Mordant les seins de la vie

la peinture tête ses cris

Echos des couleurs

la douleur jaillit

Exhorbitée

la toile

tend sa joue aux couteaux

sans l’autre

Niala-Loisobleu

17 Mars 2015


Justin Novak

ENTE DEUX PORTES…OU LES MEMOIRES D’UN GARDE-FORESTIER

Si cette odeur de bois qui se dégage dans le sillage des tondeuses avait manqué

aurions-nous su qu’autrefois ici poussait la pilosité de la forêt primordiale ?

Probablement pas vu les ravages causés par ces successions répétées de maux

aussi insanes que bêtes et méchants, proférés par les tronçonneuses

dans tout ce que la plus mauvaise langue à le pouvoir d’émettre.

Le style profondément marqué d’élégance, de bon goût et principalement d’esprit de sel, affadi à grand renfort de barbarismes qu’est-il devenu, où s’en est-il allé ?

A voir pencher la crête des arbres dans le souvenir hissé haut, le garde-forestier a tout de suite compris que c’était à la racine que les coups avaient été portés.

Il a trop remonté les essences pour n’avoir pas vu combien les grandes pompes avaient épuisé à tarir, la source phréatique qui avait eu besoin de tant de lumières pour napper le vocabulaire et la syntaxe sans introduction d’adjuvants et colorants dangereux.

L’Académie des Shadocks venait d’être fondée.

Il demanda a être reçu par le Grand Maître Françoué 2 qui siège sur le Derrick V

de la

Substance Originelle de la Cinquième.

– Très Illustre peux-tu me dire comment arrêter la déforestation de notre société et la néantisation de notre civilisation, demanda notre Garde au Sérénissime.

La Culture c’est ce qui reste quand on a tout oublié.

Quand on sait pas où l’on va ,il faut y aller !! Et le plus vite possible !

Ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir.

Ou , en d’autres termes : plus ça rate, plus on a de chance que ça marche…

Si j’ente, donc je sort…

répétait sans cesse notre porteur d’écus pour la greffe , en s’en revenant de chez le roi des culs tout court. Dimanche va falloir pas que j’me gourre dans le greffon à foutre dans l’urne.

Y a tellement de brouillard dans cette campagne

qu’on risque d’enter un poteau télé graphique imitant

l’arbre de la Liberté…

Niala-Loisobleu

17 Mars 2015

Robert and Shana ParkeHarrison 6

CASQUE BLUE


ale

CASQUE BLUE

Nous étions au bord du pair et du fils à couper l’beurre, rien à priori ne laissait supposer qu’on gagnerait à y regarder de plus près. Ils avaient tous leurs têtes de carnaval, que les fards ne cachaient plus.

Un cul pourtant, quand il prend la place de la figure ça interpelle.

Enfin, c’était ma pensée, mais je devrais toujours ne pas confondre les miennes avec celle des autres.

C’est tout p’tit que ça m’a pris d’être étrange.

Alors que l’insouciance conduit à la cécité mentale, j’avais dans le bulbe le regard d’un extatique.

La même chose dès que je la touchais des yeux devenait autre.

Avec une dominante : couleur. Pierre. Bleue.

Mais en plus prononcé, sans accent grave et air composé,

toge ramenée sous le sein gauche complètement dégagé, le laurier abondant par son absence.

Pourquoi aurai-je du faire compliqué ?

J’aurais devenu pareil au autres.

Ordinaire.

L’Expressionnisme marquât fortement ma première émotion picturale.

Mon premier Maître fut Georges Rouault.

Quelle foi profonde dans sa représentation du Christ entourée de Juges, de clowns et de putes.

Le monde tel. qu’il se dissimule.

La Beauté émanant au-dessus du sordide.

L’image quitte l’image. La tripe est en macro.

Il faut rappeler l’Historique autodafé que cet artiste fit Place de la Concorde à Paris.

Au nom de la Propriété Artistique, il récupéra plusieurs centaines d’oeuvres que son marchand de tableaux lui avait prises.Elles n’étaient pas signées. Il les a brûlé pour qu’elles ne soient pas vendues.

C’est le cours le plus magistral que j’ai reçu.

J’ai si mal à l’oeil. Le droit.

Résultat de ces années à ne voir que le fond des choses.

Les cons se vengent sans limites.

Mais il peut me bouffer de son feu, il ne peut atteindre  le gauche, celui de mon coeur.

Lui, il est ouvert dans ma poitrine,

A l’abri sous mon blouson bleu, que mon oiso ouvre en grand quand il reconnait l’Amour.

Monté sur ses cheveux à Ailes, je galope, lucide utopique comme pas un.

Le vent me sel…

Niala-Loisobleu

14 Mars 2015

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DU SANG DES PIERRES


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DU SANG DES PIERRES

Du jour

où sous les pieds

des plages de notre disque

le sable a cessé d’écrire

l’encre

dans la pierre s’est mise en quête d’absolu

indélébile au tuf

buveuse au schyste

opiniâtre au granit

gardienne à l’ardoise

jusqu’au dernier plein du délier de sa signature

aiguille dans la cire

verticale à l’épitre

d’une chanson de geste

répétée à l’infini

Niala-Loisobleu

13 Mars 2015

jamie baldrige

TA GRANDE ÎLE LUSION


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TA GRANDE ÎLE LUSION

Un sourire figé montre les dents jaunes d’un clavier que le web came

par des promesses en papier

plus jaunies qu’une carambouille dans le dos de l’innocence

Asphyxie

quand tu nous tiens

les cendriers débordent

rien que de fumées

Des corps en perspective

posent en flou artistique

Ils sont entrés aux studios de bille en cours

prendre

une chambre à l’ô tel où l’on ment

Art l’est- y ?

Plutôt gare rance

Les beaux yeux de vers nulle part tu parles d’une atmosphère

Cinéma

la vie te rattrape à la sortie

Ta belle gueule

atout des affinités d’avatar

reprend son erre

tôt ou tard

Faux-marbre avec ses faux-seins

la clairière en faux-bois a ses fenêtres donnant sur l’amer

Vue imprenable sur les mous tons et les voies

de la

Jeanne d’Arc

(rien que du bas tôt école)

le pas lasse

bée des anges construit sur la décharge à ors durs du virtuel

au point du brame des cocus

– Tu me sens dis, comme je brûle de toit ?

– Oh oui, sur une grande échelle qui fait pont peint

Le regard humain a de la poignée quand tu le serres

et sentir le cal des paupières d’un ami

ça marque d’une vraie pierre la fondation d’un édifice…

Niala-Loisobleu

12 Mars 2015

andew jerez4