FEMME A LONGUEUR DE TANT…


1622162_1081315681885362_5754285381543505559_n

FEMME A LONGUEUR DE TANT…

Sur la crête des étagères où les livres non ouverts pèsent

des brouillards lacérés ondulent entre les pages d’une histoire en suspension

Les reliures sont entrées au carmel toutes dorures à la Trappe

Au fond d’un corridor en quête d’anti-chambre ces romans de rosières soupirent

un regret d’épines

de musc de renard

de quelque Petit-Prince livreur de citrouille

sur le marque-page

Repliée dans l’armoire

comme un drap sec d’ébats

Femme  de nuit blanche tu laisses des marques noires aux plis des jours sans

les rubans qui les encagent n’ont  aucune parenté avec ceux des cannes compagnonnes

Quel bois dans son mystère protègerait l’enchantement

s’il ne sert plus d’asile aux oiseaux

pour n’être plus que lieu de décharges sauvages ?

Femme

toi et moi

sommes chacun la rive de l’autre

caf-conc’ au long cours qui boulevarde en ronde de couleurs rehaussées

joyeux dragon crachant son feu graal à la boutonnière

Ventre delta

posant son triangle alluvionnaire à la gueule océane

pour attraper le sel solaire des estrans  réglés sur la lune

Femme de tant

Terre et Ciel

Nos tabliers à carreaux

sont les salines

bannissant les lits-clos

pour les claires en bordure du chenal

Femme de tant

par ton ventre terrier qui aire au pigeonnier de la canopée

ton théâtre de verdure, gazon piétonnier, ouvert côtés jardin-cour

seins à l’étale d’une musique de kiosque qu’un bandonéon accordéonne

Toi

tu déclines l’amour dans le texte

Niala-Loisobleu

10 Mars 2015

y