QUI SUIS-JE ?



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QUI SUIS-JE ?

 

Au plus loin des murs

je repousse du palier

marche à marche

tordu souvent des pieds

le tapis rouge d’une prise de tête

 

Qui suis-je

seulement un vagabond

que l’homme blesse plus coupant que le froid

 

Qui suis-je 

seulement cette verdeur au sein du bois blanc

de ma barbe et de mes cheveux

 

 

Les chemins pierreux sont plus meubles que l’indifférence

coeur de caillou résonne en corps

 

Une crête d’écume au col de la vague

galop d’élan que l’estran parsème

phosphore l’abysse d’un chemin réverbère

où le bateau ivre vomit ses amours d’escales

une cicatrice ouverte au ventre de la naissance

 

Qui suis-je

seulement une insignifiance visible parmi d’autres

ce râle qu renaît de la douleur de ses reins…

 

 

Niala-Loisobleu

19 Février 2015

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LES CHOSES (Extrait)


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Les choses (Extrait)

Ma fenêtre ouverte au vent
Mes objets n’ont pas bougé… aucune paupière ne s’est ouverte
Personne ne m’a tiré par mon vêtement
Ni appelé par mon prénom
Comme autrefois
Malheur à la maison où les objets sont à la fois 
gardiens et prisonniers
quand te reverrai-je printemps tué au fond de la vallée
l’eau douce et rouge quand coulera-t-elle dans les ruisseaux 
quand le soleil aura-t-il un nom.. un sens… une adresse ?
un bruit qui remplit le vide du ciel
branche parmi les branches…!!
                     
les choses sont mortes
les dessins sur les murs
la chaise du poète… le soleil de cire
l’encre du sens dans l’encrier
………………………………………………………………………………………
et nous autres agités nous tournons
pareils à une mer enragée
dans de la lumière folle
joyeuse ensorcelée
à nos mains accroché le fil de l’amertume… la patience du lin
nous tournions
La danse terminée
Nous étions dans des linceuls

Abderrahaman al-Abnoudi

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AUTRE JOUR A VIVRE


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AUTRE JOUR A VIVRE

 

« Le poète doit être celui qui rappelle aux hommes l’Idée éternelle de la beauté dissimulée sous les formes transitoires de la vie imparfaite ».

 Guillaume Apollinaire

 

L »horizon regarde le temps arrêté

voici l’entre deux

où les valises bouclées

frisent en longues mèches les chemins parcourus

 

Suspendus à la conversation de gestes

mes bras remuent

ça ne fait pas une semaine

alors qu’en temps réel voilà un poids séculaire

qui leste

et amarre

 

Demain quoi sera-ce ?

 

Ils ont déjà armé leur doigt

sur la gâchette d’une intention épouvantable

 

Oui la mer garde son sel en dépit des péris

son goût à ailes

étant d’aller au moulin à ô

mettre au pain et au soufre

la fraîcheur renouvelée de la source

 

S’isoler dans l’idée reçue

transmise en vue du seul prochain malheur

et prétendre avoir guéri du sens destructeur

c’est non seulement se mentir

c’est trahir l’arbre porteur

la pierre élévatrice

l’enfant-oiseau

la couleur des choses dans leur pigment naturel

au mépris des assurances données

 

D’un bleu qui n’étale rien à vendre

j’suis qu’un poète ordinaire à pas fréquenter

 

Niala-Loisobleu

17 Février 2015

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INTERIORITE


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Le mur tend les bras à la toile, un cinéma où le peintre, enfin certains, n’entre pas. Pas de script, de preneur de son, juste moi en tant qu’âne, quel moment de tête à tête, et pour la cerise, rien pas une carotte qui achète l’inspiration.

Le paysage n’est ni devant, derrière ou sur un côté. Le motif est tout entier  à l’intérieur.

Tu peux poser ta pomme sur un torchon, quelques poires, une tabatière, une pipe, le tout sur la table tout contre la bouteille de bordeaux, quelques fleurs en papier-peint pour napper le mur du fond et c’est parti, la nature morte vit.

Je la laisse au musée qui se la voudra, j’ai quelques arbres qui languissent de couleur dans un hiver qui prend sn temps, plus blanc qu’une vierge où j’aurais pas en corps mis les doigts. Puis aussi du caillou en vraie pierre. Celui du chemin qui taille la route de ses voyages initiateurs. Ô la mer qu’elle est belle en proxiimité de Cayenne, le ruban fait taper la canne d’éclats joyeux de découvertes. Une âme d’apprenti, de gamin allant les bras ouverts au travail, si heureux d’apprendre le voilà mon tableau. Il est d’oiseaux toujours la plume à l’encre. De maisons s’étreignant comme des amoureux posés sur un banc de sable, entre deux mares, au bout d’un orin qui se tend pour que l’estran le gratte avec l’archet du vent. Les orgues plus performants que des hits-parades de cirque petits-bras. De la gueule il en faut pour que son silen ce soit entendu de qui il est destiné. J’fais pas dans l’info, j’suis pas du média, moi j’suis entier si j’aime j’lui prends l’cul à mains plaines, si ça n’est que du bidon, mes mains elles font giroflées.

A comme j’aime aimer !

Niala-Loisobleu

5 Février 2015

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