JOURNAL INTIME D’UN VAGABOND 2


JOURNAL INTIME D’UN VAGABOND  2

Le rendez-vous perpétuel

J’écris contre le vent majeur et n’en déplaise
A ceux-là qui ne sont que des voiles gonflées

Plus fort souffle ce vent et plus rouge est la braise

L’histoire et mon amour ont la même foulée

J’écris contre le vent majeur et que m’importe

Ceux qui ne lisent pas dans la blondeur des blés

Le pain futur et rient que pour moi toute porte

Ne soit que ton passage et tout ciel que tes yeux

Qu’un tramway qui s’en va toujours un peu t’emporte

Contre le vent majeur par un temps nuageux

J’écris comme je veux et tant pis pour les sourds

Si chanter leur parait mentir à mauvais jeu

Il n’y a pas d’amour qui ne soit notre amour

La trace de tes pas m’explique le chemin

C’est toi non le soleil qui fais pour moi le jour

Je comprends le soleil au hâle de tes mains

Le soleil sans l’amour c’est la vie au hasard

Le soleil sans l’amour c’est hier sans demain

Tu me quittes toujours dans ceux qui se séparent

C’est toujours notre amour dans tous les yeux pleuré

C’est toujours notre amour la rue où l’on s’égare

C’est notre amour c’est toi quand la rue est barrée

C’est toi quand le train part le coeur qui se déchire

C’est toi le gant perdu pour le gant déparé

C’est toi tous les pensers qui font l’homme pâlir

C’est toi dans les mouchoirs agités longuement

Et c’est toi qui t’en vas sur le pont des navires

Toi les sanglots éteints toi les balbutiements

Et sur le seuil au soir les aveux sans paroles

Un murmure échappé Des mots dits en dormant

Le sourire surpris le rideau qui s’envole
Dans un préau d’école au loin l’écho des voix

Un deux trois des enfants qui comptent qui s’y colle

La nuit le bruire des colombes sur le toit

La plainte des prisons la perle des plongeurs

Tout ce qui fait chanter et se taire c’est toi

Et c’est toi que je chante AVEC le vent majeur.

Louis Aragon
(Le Nouveau Crève-cœur)

Du bal costumé des étoiles éteintes viennent des bouffées de chaleurs aux moiteurs trop picales qui rancissent.
Quant à la lame du premier quartier de lune le tarot abat son jeu, un château d’arcanes cherche fantômes.
Les gris de Payne en cousant des listels convexes tentent encore de sortir l’ouvrage des limbes.
Hélas durant la nuit les lises à la lettre se sont étendues aux plages interdites, échouant au clavier d’opaques méduses urticaires.

L’allure légère d’un farfadet, j’allais d’un jour à l’autre en l’absence de tout compte chanter en bleu joie, des inclinaisons innées pour l’amour.
En faisant exception de cette méfiance spontanée que l’argousin des galères scande de son fouet à mon échine mise aux rames.
Grand Jacques tu m’as dit souvent ta candeur en totale lucidité, j’en ai gardé la mémoire au point que ne pouvant admettre de me méfier de tout, j’accorde confiance à l’amour.
La nuit se croise au jour pour métisser le voyage d’un voile de pudeur. J’aurai honte de me cacher d’être ce que je suis.

TU ES .

Je t’attends au bout des doigts de mes couleurs, pâte fraîche, matière odorante de lumière.
Epaisse à en vouloir, fluide pour la transparence d’un glacis protecteur qui rehausse l’intime préservé.
Un besoin MARINE sort de la tombe, dur comme un granit indestructible, en couvercle sur la marmite en fusion d’un volcan créatif.

TU ES

Cette aurore à gratter de la pellicule qui se pose en membrane sur mon oeil. Un volet battant au balcon d’un autre jardin ouvert pour nourrir la vie.
Chaland je navigue depuis ton onde douce jusqu’au sel de ton embouchure.

Loisobleu
24 Décembre 2011

Je sais que je suis visionnaire, il y a longtemps que j’ai entendu qu’ils avaient les yeux plus sourds qu’une cécité…c’est pour ça qu’aujourd’hui je me donne à relire, ne désespérant pas un jour de voir l’amour effacer la guerre..

Niala-Loisobleu
16 Janvier 2015