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LE P’TIT CH’VAL

 

Les mains blanchies

du poli des pierres

dans le noir des ténèbres brille cette ligne de vie

et son chant

un claquement de cerf-volant

quand sur son char à roux

un peu de beurre et de farine

il fait les plages du bout d’un ban à l’autre

Ils étaient hauturiers

pêcheurs d’isthme land

morutiers

et que ça mousse

fi de l’amirauté

l’oeil en sextant relève toujours le soleil au coeur de la purée

 

Mon P’tit-Gars c’est toi qui aujourd’hui prend les bougies

Enzo

premier rang

Toi tu es plus grand

Je t’offre trois petits cailloux

une ficelle

et un morceau de bois

du sel

du soufre

de l’eau et du pain

broie le tout dans le mortier de la réflexion

puis passe la ligne

la crinière de ton cheval dans l’anse de tes bras

Juste pour que ça

reste juste tout

LE SOLEIL ET L’AMOUR

 

Niala-Loisobleu

19 Décembre 2014

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A LINE PAR COURS POETIQUE


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A LINE PAR COURS POETIQUE

Avant de frissonner d’hiver,

des derniers rayons d’un été au soir des ânes,

la forêt sortit une essence d’arbres du placard

ne sachant parler que l’enfant

Bien avant

ils avaient commencé par connaître la peur au vagissement natal

mais à quoi cela importerait-il de savoir pourquoi certains s’en souviennent

et pourquoi d’autres grandiront tout à côté de cette empreinte ?

Les arbres qui font des parcours de conversations en ne parlant que l’enfant

s’en sont lavés le premier jardin pour s’éviter de devoir culpabiliser jusqu’au delà de la vie

Toutes les feuilles n’étant pas tombées

il était possible de noter au passage certaines fantaisies sans que l’incongru ne s’interpose

comme dans chaque prise de parole des grands

A la souplesse des branches on en voyait immédiatement la différence

pas de bois raide aux fruits moralisateurs

mais des oiseaux pleins de soleils de toutes les couleurs

aux mouvements d’Elle

et cerise sur le gâteau

le chevalier sur son cheval

allant d’un repas de l’ogre à la chambre de la mariée

sans que le serpent rendit toute digestion impossible

Line

sortie d’un autre monde

comme un de mes dessins qui griffonne avant d’attendre la question

et colorie pour éviter les fausses réponses,

en se tenant du fruit naturel

ces églantines que l’horticulteur n’a pas trafiqué en rose trompeur

allait bien à ma main

toute belette

et porteuse d’une assurance que le mystère poursuivait son existence

Aujourd’hui

Line

elle a 9 ans

j’ai rien à lui offrir d’autre qu’une humide trainée de joues

qui lui rappellera peut-être qu’au bois nous avons marché

en ne regardant que les glands dont le ventre se perforait d’une pousse

comme pour ne retenir que ce qui n’était qu’amour.

Niala-Loisobleu

18 Décembre 2014

PAR CHEMINS 1


PAR CHEMINS 1

Le chocolat Menier aux remous du paternalisme, bouillonne dans les tourbillons d’un bord de Marne à Noisiel. Le vieux vélo de mon père, debout sur sa selle pédale dans le ciel.

Deux bouts de bois ont monté ma tente, revenue toute percée du Front Populaire. Encore pénétrée d’une indescriptible odeur, mélange de sueur contrainte et de bouquet de fleurs des champs libres Il reste des fumets dans les valises des premières vacances.

Jéronimo a le coeur qui saute autour du feu de camp, camping sauvage, la feuillée libère, et la popote, toute noire des braises d’une cuisine entre des pierres, tend sa bosse au sac à dos.

Années lentes, le temps de regarder pousser la vie est pris. Entre les pages des escapades à pied, des étapes train de campagne, l’herbier s’est animé du chant des oiseaux, et du frisson des rouges coquelicots embrassant à pleine bouche, les bluets des blés.

Les bornes ont mis leur bonnet rouge sur la tête des kilomètres, en vue de défendre la vraie nature des fermes et des champs contre les aérodromes qui viendraient quelque temps plus tard. J’aime ma France tiroirs par tiroirs. L’instit m’a mis de drôles d’histoires dans sa géographie, que de petits cailloux bornent les chemins laissés par des hommes aux ciseaux flamboyants et, à la truelle polisseuse.Qu’elles sont douces aux joues des contreforts, les mains calleuses des tailleurs de pierre.Il était la foi d’un mécréant traversant l’ombre du néant d’un rayon tranchant.

Mes routes ont vagabondé, pas toujours gaies, dramatiques au passage des impitoyables sessions d’examen des batailles. Les moissons n’aiment pas les guerres, c’est pourtant toujours là qu’elles se font.

Aux éteules des mitrailles on s’écorche la plante des pieds jusqu’au coeur, C’est plus formateur qu’un exposé de technocrate, un peu comme le couteau d’un gitan qui vous marie à la veine, en transfusant un engagement d’amour dans l’honneur.

Me voilà d’un retour de Chine, des réminiscences troublantes frappant à la pensée. Alchimie des chemins, pélerinage au bout de soi, à la recherche du Graal, de sa pierre philosophale, le ventre en creuset sur le corps nu.

Pour aujourd’hui encore j’aurais les pieds de toute ma mémoire aux départements qui à peine volés aux autos vont quitté l’Histoire de France pour mieux finasser la magouille des postes électoraux à prochainement pourvoir.

Pays des Lumières ta chandelle est morte.

La République est présidée par un monarque, Françoué 2 le roi fait néant et un premier ministre qui , dans ses richelieu, fait son blocus aux protestants des abus sociaux.

Niala-Loisobleu
17 Décembre 2014


ENCRE FILANTE


BIBI 20 NOVEMBRE 2005 006

ENCRE FILANTE

D’avoir t’encrier l’oie est à faunes

quelque part sortie des abris de brousse au plus haut du baobab d’un mouillage dans le rade du port

– Sens-je en corps ?

demande l’avant-bras en accent circonflexe  aux nases ô

Le mal de frémissement est apparu chez l’homme dans les premiers jours où il découvrit l’aventure d’avoir une sensibilité attachée à tout l’appareillage organique de sa constitution personnelle et à celle du pays d’on il dépend plus par imposition que par libre-arbitre.

A ce propos le libre-arbitre je serai d’accord pour qu’on le licencie comme un emploi qu’on en a plus rien à foutre. On est encombré d’une quantité de mots qui expriment des valeurs obsolètes, que ça permettraient aux académiciens dont l’âge a fait baisser les cadences, de faire avancer le dictionnaire bien plus près des maux usuels que dans la pratique.

Assis à la table de travail je me revois du temps que j’étais accoucheur. Ah, le monde il aurait fallu voir comme je lui foutais les pieds dans les étriers , en lui disant, allez pousse nom de diou, pousse ça vient j’vois la tête…Ouais rêveur que tout le monde m’appelait, bien qu’en se gardant de le déclarer, ils venaient, pour la plupart chercher un réconfort qu’ils ne savaient pas se faire eux-mêmes.

Combien de temps ça durera, pas facile à dire.

Le monde habité par l’homme il est si gamin par rapport à l’âge de la terre, que ça fout les chocottes de voir à quelle vitesse y tire l’enfoiré et tue sans sommer.

N’empêche que ça manque pas les prévisions d’un avenir meilleur de prospérer dans une décadence qui ne se cache même plus derrière des tracts électoraux.

Ma corbeille est pleine de papier froissé,  Au bout du verbe la crampe arrive. La rouille c’est peut-être la part de sel qui me vient de la mer qui voudrait faire mémoire envers et contre tout.

Niala-Loisobleu

16 Décembre 2014

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QUESTION


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QUESTION

Nous n’avions qu’un ban où refuser de nous asseoir

dans un monde où la vie tient à son fil décousu

juste à veiller à ce que la flamme ne soit pas la seule à être mouchée

A la perpendiculaire de la première intention pourquoi le timbre oblitéré de la voix

fut seul à faire l’unanimité

pourquoi le remue-ménage ne mit que les araignées au travail

pourquoi l’ineptie pris racine ?

Serait-il au contraire du sens de la marche

ce monde

qui ne reconnait que des dieux mercis

au sein de la plus grande ingratitude ?

Niala-Loisobleu

4 Décembre 2014

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