A TOI SUR QUI JE VOLE


A TOI SUR QUI JE VOLE

« Ici, la nature était une chose sauvage, effroyable, et pourtant belle. Je regardais avec une crainte mêlée d’admiration le sol sur lequel je marchais pour observer la forme, le matériau et le travail des Puissances. C’était là, cette terre dont on nous a parlé, faite de chaos et de ténèbres. Ici, nul jardin pour l’homme, mais le globe intact. Ni pelouse, ni pâture, ni prairie, ni bois, ni pré, ni terre labourée, ni friche, c’était la surface fraîche et naturelle de la planète terre, telle qu’elle fut faite pour l’éternité des temps afin d’être, croyons nous, la demeure de l’homme. Ainsi la nature l’a conçue et ainsi l’homme en use, s’il le peut. Mais il n’a pas été crée pour lui être associé. C’était une matière vaste et terrifiante (Et non la Terre mère), elle n’était pas faite pour qu’on y marche et pour qu’on y soit enterré. Non, ce serait encore se montrer trop familier que de laisser ses os y reposer. Si c’était une demeure, c’était celle de la nécessité et du destin. On pouvait clairement sentir à cet endroit la présence d’une force qui n’était pas tenue de se montrer bienveillante envers l’homme. C’était un lieu de paganisme et de rites superstitieux destiné à des êtres plus proches des rochers et des bêtes sauvages que nous le sommes…Que sont les myriades d’objets singuliers d’un musée auprès de la surface d’une étoile, auprès de quelque objet dur dans sa gangue ? Je suis là et je regarde avec respect mon corps; cette matière à laquelle je suis lié me semble maintenant tellement étrange. Je ne crains pas les esprits, les fantômes (j’en suis un), comme pourrait le faire mon corps, je crains les corps, je tremble d’en rencontrer. Qu’est ce que ce Titan qui me possède ? Parlons des mystères! Pensons à notre vie dans la nature, dont nous voyons la matière et avec laquelle nous sommes en contact chaque jour! Rocs, arbres, souffle du vent sur nos jours! La terre solide! Le monde réel! Le sens commun! En contact, en contact! Qui sommes-nous? Où sommes-nous?»

Henry David Thoreau, Ktaadn.

Et penchés d’un bord à l’autre, d’une perspective au sujet macro, dans une odeur née du mélange des autres, dans cette couleur qui ne domine que par l’espoir qu’elle porte, aux confins de la zone où on s’apprête à accoster, sur la pointe du pic qui n’est encore sorti de la motte que le désert espère pour ces mammferes chameaux, au milieu comme au latéral pour entendre le silence sous la conduite de l’arbre-à-médecine soufflant le remède sarbacane, puis s’arr^ter de tourner en rond, de geindre, de vouloir, d’imposer, de penser que, de lancer et si on réformait….

S’allonger la tête entre nos quatre jambes étreintes à pleines mains au collé de nos lèvres, pour reFuser de ne pas vouloir vivre en acceptant que ça mérite au moins un effort.

Aimer, hein, Toi, tu sais de quoi je parle ?
Oui de rien qui dépendrait du Père Noël mon Amour …

Niala-Loisobleu
24 Décembre 2014