AUTO-PORT-TRAIT


AUTO-PORT-TRAIT

De bien plus loin qu’un simple aller de train, mon cheval a su voir dans quel sens l’eau monte de bas en haut. Sans doute faut-il reconnaître là, l’action d’un vouloir pugnace.
Je te raconterai la pente de mes trottoirs, les plus de sans pas de mes salles-perdues, ce froid qui m’étreignait l’échine d’une peur glaciale, le serment de coeur à soi-même. Je ne pourrai mieux t’apprendre, pourquoi avant que tu ne viennes au monde, tu étais déjà mon Amour. J’ai commencé, il y a peu de temps, à t’expliquer. Je venais de comprendre que les chemins du coeur, comme tous les endroits où des trésors attendent, sont toujours marqués sur des fausses-cartes commercées en boutiques de rencontres.

C’est Marthe qui m’a refilé ce gène. Naïf et lucide. Sa douceur dure, tendresse sans faiblesse, sont les axes qui me déterminent. Alors il fallait bien que je parte devant pour lire la route. Aujourd’hui tu t’y déplaces les yeux fermés. Tu t’y rends, des mots d’écrits en cailloux au bord de demain.
J’ai le souvenir vif des confessions de René, puis de Roberto, qui s’en s’être jamais rencontrés disaient au mot à mot, la pensée d’André, de Louis et surtout de Paul.

Le monde est un vaste vide, plein d’invisible, fait d’une force des milliards de fois plus grande que ce que l’homme se vante d’avoir fait.

J’ai la tête dans les ondulations sableuses qui montent et descendent sous la marche des routes du soi. Une foi libre, sans manipulations, au bout des intestins. Un pas assuré, comme un chameau, qui va, et trouve. Au point que m’est apparue la nécessité de te faire grandir en te révélant issue du secret enfermé en toi-même.

Aux Places où les lagunes lèchent les embarcations, au départ des Citées Perdues, depuis les ficelles où tu vins en cerf-volant, les statues vont sortir des paralysies de l’ignorance.

Les fils blancs de mes cheveux dorés par la lumière que tes yeux prennent en se mixant aux tons de la palette, airent de vie, sur une musique de Cosmos.

Je n’ai plus d’autres eaux que le liquide du sel
Plus d’autres poussières que le grain de ta sente
Plus d’autre musique que ton souffle encordé
du flamenco
récoltant pour le re s’aimer tous les grains de notre choix d’espérer

A l’Est de nous, tu t’es levé, vertical horizon, d’où les aiguilles ont transpercées en pleine poitrine l’âge des choses, matériel dérisoire, instrument de contrefaçons, erreur avancée par une éternité frelatée.

S’il faut accommoder sa sauce à partir des ingrédients du milieu dans lequel on vit c’est normal, c’est la preuve qu’on prend le milieu naturel en compte en vertu des droits et des devoirs. Ainsi aboutit son vouloir sans être bloqué par quelque autre petit maître.

Niala-Loisobleu
22 Décembre 2014