A LINE PAR COURS POETIQUE


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A LINE PAR COURS POETIQUE

Avant de frissonner d’hiver,

des derniers rayons d’un été au soir des ânes,

la forêt sortit une essence d’arbres du placard

ne sachant parler que l’enfant

Bien avant

ils avaient commencé par connaître la peur au vagissement natal

mais à quoi cela importerait-il de savoir pourquoi certains s’en souviennent

et pourquoi d’autres grandiront tout à côté de cette empreinte ?

Les arbres qui font des parcours de conversations en ne parlant que l’enfant

s’en sont lavés le premier jardin pour s’éviter de devoir culpabiliser jusqu’au delà de la vie

Toutes les feuilles n’étant pas tombées

il était possible de noter au passage certaines fantaisies sans que l’incongru ne s’interpose

comme dans chaque prise de parole des grands

A la souplesse des branches on en voyait immédiatement la différence

pas de bois raide aux fruits moralisateurs

mais des oiseaux pleins de soleils de toutes les couleurs

aux mouvements d’Elle

et cerise sur le gâteau

le chevalier sur son cheval

allant d’un repas de l’ogre à la chambre de la mariée

sans que le serpent rendit toute digestion impossible

Line

sortie d’un autre monde

comme un de mes dessins qui griffonne avant d’attendre la question

et colorie pour éviter les fausses réponses,

en se tenant du fruit naturel

ces églantines que l’horticulteur n’a pas trafiqué en rose trompeur

allait bien à ma main

toute belette

et porteuse d’une assurance que le mystère poursuivait son existence

Aujourd’hui

Line

elle a 9 ans

j’ai rien à lui offrir d’autre qu’une humide trainée de joues

qui lui rappellera peut-être qu’au bois nous avons marché

en ne regardant que les glands dont le ventre se perforait d’une pousse

comme pour ne retenir que ce qui n’était qu’amour.

Niala-Loisobleu

18 Décembre 2014