PAR CHEMINS 1


PAR CHEMINS 1

Le chocolat Menier aux remous du paternalisme, bouillonne dans les tourbillons d’un bord de Marne à Noisiel. Le vieux vélo de mon père, debout sur sa selle pédale dans le ciel.

Deux bouts de bois ont monté ma tente, revenue toute percée du Front Populaire. Encore pénétrée d’une indescriptible odeur, mélange de sueur contrainte et de bouquet de fleurs des champs libres Il reste des fumets dans les valises des premières vacances.

Jéronimo a le coeur qui saute autour du feu de camp, camping sauvage, la feuillée libère, et la popote, toute noire des braises d’une cuisine entre des pierres, tend sa bosse au sac à dos.

Années lentes, le temps de regarder pousser la vie est pris. Entre les pages des escapades à pied, des étapes train de campagne, l’herbier s’est animé du chant des oiseaux, et du frisson des rouges coquelicots embrassant à pleine bouche, les bluets des blés.

Les bornes ont mis leur bonnet rouge sur la tête des kilomètres, en vue de défendre la vraie nature des fermes et des champs contre les aérodromes qui viendraient quelque temps plus tard. J’aime ma France tiroirs par tiroirs. L’instit m’a mis de drôles d’histoires dans sa géographie, que de petits cailloux bornent les chemins laissés par des hommes aux ciseaux flamboyants et, à la truelle polisseuse.Qu’elles sont douces aux joues des contreforts, les mains calleuses des tailleurs de pierre.Il était la foi d’un mécréant traversant l’ombre du néant d’un rayon tranchant.

Mes routes ont vagabondé, pas toujours gaies, dramatiques au passage des impitoyables sessions d’examen des batailles. Les moissons n’aiment pas les guerres, c’est pourtant toujours là qu’elles se font.

Aux éteules des mitrailles on s’écorche la plante des pieds jusqu’au coeur, C’est plus formateur qu’un exposé de technocrate, un peu comme le couteau d’un gitan qui vous marie à la veine, en transfusant un engagement d’amour dans l’honneur.

Me voilà d’un retour de Chine, des réminiscences troublantes frappant à la pensée. Alchimie des chemins, pélerinage au bout de soi, à la recherche du Graal, de sa pierre philosophale, le ventre en creuset sur le corps nu.

Pour aujourd’hui encore j’aurais les pieds de toute ma mémoire aux départements qui à peine volés aux autos vont quitté l’Histoire de France pour mieux finasser la magouille des postes électoraux à prochainement pourvoir.

Pays des Lumières ta chandelle est morte.

La République est présidée par un monarque, Françoué 2 le roi fait néant et un premier ministre qui , dans ses richelieu, fait son blocus aux protestants des abus sociaux.

Niala-Loisobleu
17 Décembre 2014