L’ECHAPPEE BELLE..


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L’ECHAPPEE BELLE..

Un matin hors du temps
De toutes les saisons d’hommes à tout faire
Il mit son destrier blanc sur la voie de Ferré
Un cheval sans vapeur mais tout empanaché de blancs à remplir
Comme une crinière hydrophile à ouater le ciel
Pas d’épée de croisé ni de croix de Templier
Juste les mains en plume et la guitare en bandoulière
Il chemina vers la croisade de l’amour courtois
Par les chemins traversiers de la verte poésie
Unis aux plumes des mots oiseaux
Toutes couleurs arborées comme un signe de ralliement
Les villages faisaient maisons d’hôtes pour leurs amours
Sans étoiles au Michelin
Mais des constellations au ciel du lit
La bonne aventure des gitanes semant ses petits cailloux sans erreurs indicatives
Qui flottaient quand les marées tirées par la lune remontaient à l’orée des forêts
Chemin d’amour complices des arbres
Alliés des plaines où le cheval en horde retrouvait les parfums du sauvage
Chaque jour les approchaient dans le secret d’un indéfinissable amour
Fragile comme la finesse de la peau de leurs creux
Solide comme la pression de leurs bouches au sein de leurs poitrines
Maisons ouvertes de fenêtres sans volets
Escaliers pour les altitudes entre sol et portée
Les mousses pour les joues aux bivouacs des étapes
Les parfums du vent pour nourriture
L’encrier de l’autre pour la plume de soi-même
Voyage de l’âme à l’âme
En funambules entre deux rives
Vers la lumière
Echappée belle
Non rescapée d’elle m’aime
Ferme à la barre pas ras l’aile
Et si on
Et ci à
Et merde
Allons
Qui en dehors de mésange et nous
Hein qui
Tu veux m’le dire
Pourrait la traverser c’te putain de vie ?

Niala-Loisobleu
30 Décembre 2014

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MON JARDIN D’ECRITURE 1


MON JARDIN D’ECRITURE 1

Perdu dans un fourbi hétéroclite parfaitement ordonné, où des ficelles, des bouts de bois, quelques morceaux de craie de plusieurs couleurs adaptables aux saisons des humeurs humanoïdes de prétendus êtres de chair, le plus souvent particulièrement chers, j’existe plutôt bien que mal au coeur d’un univers.recréé pour sortir de l’ornière du Monde.

Humaniste dans l’âme, j’ai commencé de bonne heure à militer pour un monde meilleur. La politique , c’est par là qu’on fait ses premières armes, m’a retenu un furieux moment, avant de me faire toucher du doigt son sens unilatéral d’ambition de pouvoir. Et puis il y a eu tous les chemins par lesquels on s’élève, enfin c’est plus souvent ce que l’on en dit, que ce qu’y en découle. La tromperie est omniprésente. Elle vit en tout. Dans l’intention, l’exécution, le déroulement de chaque acte mis en scène.Elle doit sa réussite à l’espoir permanent qui règle le rythme de la vie. Qu’importe la situation, anodine ou très grave, légère ou lourde de conséquences, rocambolesque ment hasardeuse ou stratégiquement organisée, sans effet ou cruelle,individuelle ou enjôleuse de régiment, utile ou absurde, moche ou prétendument jolie, de confession marquée ou d’athéisme déclaré, le fabulateur a toujours sa place pour lancer l’imposture à la une.

Bonjour les dégâts, tout le monde en parle, personne ne fait en sorte de ne pas en être. Le mensonge a le plus souvent la tête de l’espoir.
Dramatique.

Ours patenté, j’ai choisi mon espace illimité dans mon ailleurs.
Je vis qu’en mon Jardin, ignorant tous les mirages vantés par les boutiques de mode. Non asocial, mais absolument pas clubiste de cette société qui pratique la lâcheté à tous les étages en hurlant au charron après elle. Quelle déchéance que cette option de l’abus en tout genre.
Je t’aime pour te tromper, voilà le programme.

J’écris la vie d’un pinceau plongé dans l’encrier des amarres rompues.

J’suis un vieux clochard vivant de ponts toujours ouverts, voilà ce que j’aurais été avant de partir sous un arc-en-ciel, qui n’aura fait que me prêter son landau garni de tous les biens spirituels, et d’un fabuleux trésor d’amour :le sésame donnant accès à l’entrée à ce jardin.

Des odeurs indéfinissables provenant d’assemblages de spartiates et de godillots, un soupçon d’espadrilles, et du rapé de plantes de pieds, en composent l’étrange attraction nasale qui saisit dès l’entrée. Le tout mêlé à des vapeurs de transpirations diverses, que les chevauchées à cru dans les immensités de la déraison, ont marqué d’indélébiles envoûtements.

Qu’il s’agisse de minéral ou de végétal, rien de ce que vous connaissez n’existe ici. Et c’est tout pareil pour l’animal. Une fourmi dans mon coin n’est pas pingre, elle partage le tour de champ avec la cigale.

Si les arbres causent ce n’est pas pour échanger des mots affligeants au bord d’un chemin de commentaires creux, ou pour s’inscrire à un quiz débile où l’animateur à un souffleur dans les oreilles pour avoir la réponse à toutes les questions.

L’eau se lave plusieurs fois par jour, la mer regardant les dents de ses petits rus qu’elle veut nacrées, pour y mettre son corail. Evidemment il faut un potager, l’esprit a besoin de se nourrir. Alors à côté des carrés de poésie, quelques plates-bandes de musique, sourient aux raves de sel de ris pas râpés Que de fruits pulpeux pendent à la poitrine des cabanes. Les oiseaux déplacent les graines avec l’aide du vent. La complicité étant de mise, chaque partie, même la plus infime, en est vêtue.

C’est ainsi que ce jardin cultive le rêve sans le moindre égard pour l’obsession qui s’acharne, au dehors, à développer ses mauvaises herbes. Entre deux pans damassés, le tant est maintenu ouvert par une embrasse. Fenêtre sur l’infini, le soleil entre la lune au bras. Les étoiles sont amphibies, elles voyagent d’un continent de ciel à une voûte souterraine sur le réseau des vibrations. Verticalement dressée la pyramide de l’amour monte dans le cosmos. Le tôt t’aime ouvre ses yeux vers tous les possibles, ses lèvres envoient leurs baisers en continu.

Le peintre et l’oiseau sont au lit du long fleuve de la vie. En paix ils naviguent. Des cathédrales en proue.

Dans le rien qui s’attache aux promesses, je perçois mieux certaines choses, Tout change autour de moi, je reste attaché à mes valeurs profondes. La vie se fait son film, en épisodes continus, les acteurs s’enfonçant petit à petit dans leur propre comédie. Jusqu’à ne plus s’apercevoir qu’ils ne trompent que leur égo à force de se mordre la queue, dans des enchaînements de projets n’aboutissant à rien, sinon à en trouver un prochain..

Le mal de vivre repose sur l’incapacité à changer de cesser de tricher avec soi-même . C’est un vaste jeu de dupes, où l’infidélité se prépare à toutes les sauces du plat du jour. Se plaindre de son sort en en étant le seul artisan voilà tout le secret de l’histoire des bides.
Demain change tout, me disait encore des années dernières, avant-hier, et hier, une victime de cette société d’aujourd’hui…et avec l’appui du bond dieu…ma foi, tant qu’on y est pourquoi se limiter à un crédo pur et sans tâche.

C’est quand deux mains disait le zèbre dans le canot de sauvetage perdu au milieu du naufrage ?

Loisobleu
23 Janvier 2013

Ils viennent ici à point nommé ces Jardins d’Ecriture, pour franchir le seuil d’Idl, et faire connaissance avec Niala-Loisobleu, au total ils sont 19, de quoi planter le décor, bien à sa place, au milieu du tous les jours dans lequel ils sont venus au monde. Les photos sont de Jarnouzeau, l’atelier natal du Jardin dans la maison "Liberté", ma résidence Eluard qui périt dans la crue de 1982…

https://www.facebook.com/home.php

.Niala-Loisobleu
28 Décembre 2014

LA VIE BLEUE


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LA VIE BLEUE

Il est là

le seul à n’être pas sorti du lit ce matin

trépassé comme chaque année au douzième coup de minuit

dans une odeur de cendres froides

sur une table sale

dans des assiettes  de reliefs

des bouteilles à l’envers

la tête dans le seau

mélange disproportionné de foi maigre et de foie gras

qui au milieu des verres renversés

ouvre l’oeil

avec la tête au fond du cul

alqua selzer et bicarbonate l’alliance qui soude au renouveau

Ces quelques heures auront fait illusion dans un torrent de surplus consommateur

un rimmel au fond de teint

qui va droit au tas des cotillons

 dans le caniveau

Un jour créé au tout début

sans doute

d’une peur plus grande que les autres fois

où l’homme s’est inventé une renaissance

croyant ou pas croyant

quelle importance

l’espoir lui dans sa réalité

a besoin d’une représentation réelle

Un bébé ça rassemble tout

en plus son innocence n peut être mise en doute

alors dans le fond

il fallait un Noël aux hommes

ça trêve jusqu’aux pires atrocités le temps d’une nuit

Cette peinture là

depuis le temps que je la peins

elle a fini par me faire naissance tous les jours de l’année

confiseurs ou pas

je vais dans cette grisaille

ces maux d’estomacs

et ces gueules de bois

continuer ce 25 Décembre comme les autres à peindre la Vie Bleue

Niala-Loisobleu

25 Décembre 2014

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A TOI SUR QUI JE VOLE


A TOI SUR QUI JE VOLE

« Ici, la nature était une chose sauvage, effroyable, et pourtant belle. Je regardais avec une crainte mêlée d’admiration le sol sur lequel je marchais pour observer la forme, le matériau et le travail des Puissances. C’était là, cette terre dont on nous a parlé, faite de chaos et de ténèbres. Ici, nul jardin pour l’homme, mais le globe intact. Ni pelouse, ni pâture, ni prairie, ni bois, ni pré, ni terre labourée, ni friche, c’était la surface fraîche et naturelle de la planète terre, telle qu’elle fut faite pour l’éternité des temps afin d’être, croyons nous, la demeure de l’homme. Ainsi la nature l’a conçue et ainsi l’homme en use, s’il le peut. Mais il n’a pas été crée pour lui être associé. C’était une matière vaste et terrifiante (Et non la Terre mère), elle n’était pas faite pour qu’on y marche et pour qu’on y soit enterré. Non, ce serait encore se montrer trop familier que de laisser ses os y reposer. Si c’était une demeure, c’était celle de la nécessité et du destin. On pouvait clairement sentir à cet endroit la présence d’une force qui n’était pas tenue de se montrer bienveillante envers l’homme. C’était un lieu de paganisme et de rites superstitieux destiné à des êtres plus proches des rochers et des bêtes sauvages que nous le sommes…Que sont les myriades d’objets singuliers d’un musée auprès de la surface d’une étoile, auprès de quelque objet dur dans sa gangue ? Je suis là et je regarde avec respect mon corps; cette matière à laquelle je suis lié me semble maintenant tellement étrange. Je ne crains pas les esprits, les fantômes (j’en suis un), comme pourrait le faire mon corps, je crains les corps, je tremble d’en rencontrer. Qu’est ce que ce Titan qui me possède ? Parlons des mystères! Pensons à notre vie dans la nature, dont nous voyons la matière et avec laquelle nous sommes en contact chaque jour! Rocs, arbres, souffle du vent sur nos jours! La terre solide! Le monde réel! Le sens commun! En contact, en contact! Qui sommes-nous? Où sommes-nous?»

Henry David Thoreau, Ktaadn.

Et penchés d’un bord à l’autre, d’une perspective au sujet macro, dans une odeur née du mélange des autres, dans cette couleur qui ne domine que par l’espoir qu’elle porte, aux confins de la zone où on s’apprête à accoster, sur la pointe du pic qui n’est encore sorti de la motte que le désert espère pour ces mammferes chameaux, au milieu comme au latéral pour entendre le silence sous la conduite de l’arbre-à-médecine soufflant le remède sarbacane, puis s’arr^ter de tourner en rond, de geindre, de vouloir, d’imposer, de penser que, de lancer et si on réformait….

S’allonger la tête entre nos quatre jambes étreintes à pleines mains au collé de nos lèvres, pour reFuser de ne pas vouloir vivre en acceptant que ça mérite au moins un effort.

Aimer, hein, Toi, tu sais de quoi je parle ?
Oui de rien qui dépendrait du Père Noël mon Amour …

Niala-Loisobleu
24 Décembre 2014


Mort de l’écrivain et journaliste Jacques Chancel


Mort de l’écrivain et journaliste Jacques Chancel

Le Monde.fr | 23.12.2014 à 10h05

Jacques Chancel, en octobre 2011.

Journaliste et écrivain, grande figure de l’audiovisuel, Jacques Chancel – de son vrai nom Joseph Crampes – est mort le 23 décembre, à Paris, à l’âge de 86 ans. Porté par une insatiable curiosité et doté d’un sens de l’écoute peu commun, il était devenu, au fil de ses deux émissions phares – « Radioscopie » sur France Inter et « Le Grand Echiquier » sur Antenne 2 –, le confident le plus célèbre de la radio et de la télévision, où il accueillit des milliers de personnalités des arts et de la politique pour des entretiens dont la somme constitue un pan de notre mémoire collective.

Jacques Chancel « coachait » encore, à 80 ans passés, les jeunes présentateurs d’i-Télé, auxquels il enseignait l’art et la manière de « savoir raconter une histoire ». La sienne avait débuté à Ayzac-Ost (Hautes-Pyrénées), où il naquit le 2 juillet 1928. Tout au moins selon ses papiers d’identité, sur lesquels il aurait obtenu, grâce à son instituteur, d’être vieilli de trois ans alors qu’il était adolescent afin de partir en Indochine. Un exil de huit années qui ne lui avait pas fait oublier sa Bigorre natale, à laquelle il resta fidèle jusqu’à la fin de sa vie.

Ses parents étaient issus de deux de ses vallées : son père, artisan escaliériste, et sa mère, qui l’a tant choyé et couvé ; « trop », jugeait-il a posteriori. Enfant, la lecture lui donna « le goût de l’errance ». Il y ajouta une envie : celle de « ne pas arriver ». « Si on achève quelque chose, c’est qu’on prétend être au bout de la course. L’achevé, c’est la mort », confiait-il en 2010 à l’écrivain Florian Zeller dans un documentaire de la collection « Empreintes » (France 5) retraçant son parcours.

LES ANNÉES INDOCHINOISES

Parce que l’un de ses oncles vivait en Indochine, c’est là-bas, dans un pays en guerre, que débarqua le jeune Joseph Crampes, 17 ans, au terme d’un voyage de cinquante-deux jours en bateau qui le conduisit de Sète à Saïgon. Pour travailler à Radio France Asie (et Paris Match) comme correspondant de guerre, il prit le pseudonyme de « Jacques Chancel ». Le jeune homme fit la connaissance du Tout-Saïgon, des salons mondains aux coupe-gorge, des fumeries d’opium aux cercles sportifs, cette société coloniale à la fois huppée et interlope dont il fit très tardivement la peinture dans La nuit attendra, un livre de souvenirs sur cette période paru en 2013 chez Flammarion.

Pendant plusieurs années, il anima deux émissions quotidiennes, ainsi qu’un autre programme, pour lequel il recevait des vedettes de l’étranger dans un grand cinéma de Saïgon, sorte de préfiguration – bien avant l’heure – du « Grand Echiquier ». A la même époque il se lia avec ses confrères correspondants, comme le célèbre Lucien Bodard, ainsi qu’avec Pierre Schoendœrffer, alors cinéaste aux armées et qu’il ne parvint pas à dissuader de se faire parachuter sur Diên Biên Phu alors que la bataille, de même que la guerre, était déjà perdue.

Gardant pour lui la violence de ces années de conflit dans le Sud-Est asiatique, Jacques Chancel en revint, à la fin des années 1950, avec l’impression d’avoir déjà tout appris. Dans son journal qu’il tint quotidiennement depuis l’âge de 15 ans – et qu’il publia beaucoup plus tard –, il écrivait : « J’ai tout connu, tout vécu, tout souffert. Aujourd’hui, avec un peu de suffisance, je me dis que mon existence est finie : j’ai 24 ans. »

L’épisode le plus marquant de ces années indochinoises, survenu en 1952, il ne le révéla que soixante et un ans plus tard, dans La nuit attendra, ainsi intitulé parce qu’il avait cru définitivement perdre la vue. Accompagnant comme correspondant de guerre des troupes de la Légion étrangère, le jeune journaliste se trouvait avec des officiers à bord d’une Jeep qui franchissait un pont lorsque le véhicule sauta sur une mine. Grièvement blessé, il se réveilla à l’hôpital après plusieurs jours de coma. Aveugle. Il lui fallut près d’un an pour, très lentement, sortir de cette « nuit » et recouvrer la vue. Les soldats qui étaient avec lui sont tous morts. « J’ai toujours été handicapé par cette mémoire, j’avais comme une honte et je ne pouvais pas en parler, c’est pour cela que j’ai attendu si longtemps pour le faire », expliqua-t-il en 2013 lors de la parution de son livre.

« RADIOSCOPIE » ET « LE GRAND ÉCHIQUIER »

S’il conserva sa vie durant le sentiment d’avoir été « vieux trop tôt », sa passion pour le journalisme et la radio, sa volonté farouche d’être une « courroie de transmission » étaient pourtant intactes lorsqu’il revint en métropole. Tourné vers l’action comme le lui conseillait son père – « tu seras ce que tu fais », lui disait-il –, il entame une nouvelle vie.

Après quelques années passées dans la presse écrite, notamment à Paris jour et à Télé magazine, il retrouva Radio France, où il entra grâce à Roland Dhordain. L’aventure de « Radioscopie » démarra en octobre 1968. Sur France Inter du lundi au vendredi, de 17 heures à 18 heures, Jacques Chancel recevait des invités. Des anonymes au tout début, puis, très vite, des personnalités. Un indicatif (La Grande Valse, de Georges Delerue), suivi d’un mot, « Radioscopie », prononcé d’une voix chaude, s’installent dans les foyers. En vingt ans et quelque 6 826 émissions, ce sont plusieurs générations d’auditeurs qui ont ainsi été bercées au son d’une écoute attentive, curieuse et bienveillante.

Aux côtés de Marcel Jullian, il participa à la création d’Antenne 2, en 1975. Il y poursuivit une autre aventure, télévisuelle celle-là, lancée trois ans plus tôt sur la deuxième chaîne de l’ORTF. « Le Grand Echiquier », à l’instar d’« Apostrophes », ou des « Dossiers de l’écran », allait devenir l’une des émissions phares d’Antenne 2. Trois heures d’antenne, des décors soignés et personnalisés dans le studio 15 des buttes Chaumont, des invités prestigieux (Brel, Brassens, Montand, Ferrat, Ventura, etc.) installèrent ce rendez-vous hebdomadaire jusqu’au dernier numéro du 7 décembre 1989, organisé autour du chanteur d’opéra Ruggero Raimondi.

DIRECTEUR DE FRANCE 3

Connu du grand public pour sa présence sur les ondes et les antennes, Jacques Chancel affermit également son influence sur le versant institutionnel de l’audiovisuel. En 1989, il arrêta ainsi ses émissions pour devenir directeur des programmes, puis de l’antenne, de France 3. Lorsqu’il quitta France Télévisions à la fin des années 1990, après avoir effectué toute sa carrière sur le service public, ce proche de Nicolas Sarkozy était encore « rattrapé » – selon son mot – par le président de Canal+, Bertrand Méheut, qui le nomma conseiller. C’est dans ce cadre qu’il enseignait encore le métier, il y a peu, aux jeunes recrues d’i-Télé.

Avec Jacques Chancel disparaît une mémoire de l’audiovisuel et de la culture dite « populaire ». « Aimer et faire aimer » – si possible au plus grand nombre – était son credo. Par tous les moyens et médias existants, radio, télévision et livres (il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages), Jacques Chancel a toujours voulu transmettre le fruit de ses rencontres. « Ma chance, disait-il à Florian Zeller, aura été d’avoir une bonne relation avec l’autre. Ça me paraît plus important que d’avoir une bonne relation avec soi-même. »

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Son vieux complice Philippe Bouvard, est effondré…
De profondis…
Niala-Loisobleu
23 Décembre 2014

AUTO-PORT-TRAIT


AUTO-PORT-TRAIT

De bien plus loin qu’un simple aller de train, mon cheval a su voir dans quel sens l’eau monte de bas en haut. Sans doute faut-il reconnaître là, l’action d’un vouloir pugnace.
Je te raconterai la pente de mes trottoirs, les plus de sans pas de mes salles-perdues, ce froid qui m’étreignait l’échine d’une peur glaciale, le serment de coeur à soi-même. Je ne pourrai mieux t’apprendre, pourquoi avant que tu ne viennes au monde, tu étais déjà mon Amour. J’ai commencé, il y a peu de temps, à t’expliquer. Je venais de comprendre que les chemins du coeur, comme tous les endroits où des trésors attendent, sont toujours marqués sur des fausses-cartes commercées en boutiques de rencontres.

C’est Marthe qui m’a refilé ce gène. Naïf et lucide. Sa douceur dure, tendresse sans faiblesse, sont les axes qui me déterminent. Alors il fallait bien que je parte devant pour lire la route. Aujourd’hui tu t’y déplaces les yeux fermés. Tu t’y rends, des mots d’écrits en cailloux au bord de demain.
J’ai le souvenir vif des confessions de René, puis de Roberto, qui s’en s’être jamais rencontrés disaient au mot à mot, la pensée d’André, de Louis et surtout de Paul.

Le monde est un vaste vide, plein d’invisible, fait d’une force des milliards de fois plus grande que ce que l’homme se vante d’avoir fait.

J’ai la tête dans les ondulations sableuses qui montent et descendent sous la marche des routes du soi. Une foi libre, sans manipulations, au bout des intestins. Un pas assuré, comme un chameau, qui va, et trouve. Au point que m’est apparue la nécessité de te faire grandir en te révélant issue du secret enfermé en toi-même.

Aux Places où les lagunes lèchent les embarcations, au départ des Citées Perdues, depuis les ficelles où tu vins en cerf-volant, les statues vont sortir des paralysies de l’ignorance.

Les fils blancs de mes cheveux dorés par la lumière que tes yeux prennent en se mixant aux tons de la palette, airent de vie, sur une musique de Cosmos.

Je n’ai plus d’autres eaux que le liquide du sel
Plus d’autres poussières que le grain de ta sente
Plus d’autre musique que ton souffle encordé
du flamenco
récoltant pour le re s’aimer tous les grains de notre choix d’espérer

A l’Est de nous, tu t’es levé, vertical horizon, d’où les aiguilles ont transpercées en pleine poitrine l’âge des choses, matériel dérisoire, instrument de contrefaçons, erreur avancée par une éternité frelatée.

S’il faut accommoder sa sauce à partir des ingrédients du milieu dans lequel on vit c’est normal, c’est la preuve qu’on prend le milieu naturel en compte en vertu des droits et des devoirs. Ainsi aboutit son vouloir sans être bloqué par quelque autre petit maître.

Niala-Loisobleu
22 Décembre 2014

EQUINOXE


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EQUINOXE

Chemin tremblotant dans l’épaule, le long d’un long coude qui monte dans la brume du matin rampant au sol.Quelques étoiles falotes se balancent entre les premières fermes du village. Suivies des aboiements de chiens qui tirent sur la chaîne les retenant, le jour qui se lève laisse le bois dans la pénombre au chevet d’une nuit blanche. La cheminée s’est endormie vers l’aube, sous le poids des rondins qu’elle a réduit en cendres.

Dans les plis des vêtements pendus au perroquet de l’entrée, l’enfant n’a pas ôté les cailloux que ses doigts ont polis à force de prières. Ils reposent avec les morceaux de ficelles effilochés qu’un noeud retient à la filature de l’histoire. Mieux que des cadres, ils retiennent plus d’images du puzzle, qu’un album, où faute d’air, elles jaunissent aux érosions du temps.

Ta poitrine en me battant au coeur, nourrit ta présence en dehors des repas. J’aime le balancement de tes seins au clocher de ta poitrine. Tantôt nonchalant, il m’emporte à l’intérieur du fourré, derrière lequel pousse notre rêve. Loin des bavard qui ne tarissent pas d’histoires inodores, sans goût. Ils ont l’instinct affuté tes seins.Je reste émerveillé, sans rien dire, en les voyant comme deux animaux que rien ne sépare, ne rien laisser échapper de la moindre manifestation de leur environnement. D’instinct ils sentent les changements de temps qui vont survenir.

Quelquefois, au bord du vent, ils se mettent à courir, se jetant en avant, joyeux de savoir qu’ils peuvent arriver les premiers au bout du sprint. Joueurs comme des chiots ils se roulent l’un sur l’autre, en se mordillant, sous d’inoffensifs coups de griffes.Ils se mordillent, et font des sauts en l’air en jonglant avec leurs balles.

Nous irons à la mer voir le gonflement des voiles.Et nous prendrons le tram pour le marché aux fleurs des quais de l’Ile au Trésor.

Autre chose nous attend c’est Equinoxe mon Amour.

Niala-Loisobleu
20 Décembre 2014

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