DES RUES EN FONTAINE A SEL


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DES RUES EN FONTAINE A SEL

Les couloirs s’allongent sans que les façades rétrécissent

seuls les papiers-peints perdent leur verdeur

et les portes s’ajoutent les unes aux autres

au fur et à mesure que les étages ferment

Des toits restent des fumées

que les vasistas ont percé

Le plafond tremble au bout de l’ampoule

d’un talon pendu au bout du fil

pendant que le parquet grince

sous l’effort porté à la lame

avant que la vague ne vienne finir en écume au rivage

Sommes-nous toujours ramenés au m’aime mouillage ?

Que d’encres jetées pour mettre la page à la corbeille

et cette amertume en bouche faisant tout pour coincer le sourire

comme s’il était impossible aux hommes de tenir la barre

plutôt que de crier au secours

dans leur propre naufrage

Ce qu’on peut avoir de mal à voir souffrir

n’est pas forcement issu d’un engouement pour les plaisirs du Marquis

la différence tient dans l’évidence de l’erreur

La rouille des étiers

gerce les carreaux des salines

à faire grincer les manches à air englouties des épaves…

Niala-Loisobleu

10 Novembre 2014

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