DES RUES EN FONTAINE A SEL


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DES RUES EN FONTAINE A SEL

Les couloirs s’allongent sans que les façades rétrécissent

seuls les papiers-peints perdent leur verdeur

et les portes s’ajoutent les unes aux autres

au fur et à mesure que les étages ferment

Des toits restent des fumées

que les vasistas ont percé

Le plafond tremble au bout de l’ampoule

d’un talon pendu au bout du fil

pendant que le parquet grince

sous l’effort porté à la lame

avant que la vague ne vienne finir en écume au rivage

Sommes-nous toujours ramenés au m’aime mouillage ?

Que d’encres jetées pour mettre la page à la corbeille

et cette amertume en bouche faisant tout pour coincer le sourire

comme s’il était impossible aux hommes de tenir la barre

plutôt que de crier au secours

dans leur propre naufrage

Ce qu’on peut avoir de mal à voir souffrir

n’est pas forcement issu d’un engouement pour les plaisirs du Marquis

la différence tient dans l’évidence de l’erreur

La rouille des étiers

gerce les carreaux des salines

à faire grincer les manches à air englouties des épaves…

Niala-Loisobleu

10 Novembre 2014

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D’ELLE EN AILES


D’ELLE EN AILES

Elle sent si fort ces musiques à gratte
qu’à me démanger d’elle
j’en suis devenu médiator
la chemise gitane et le poil de suie  des feux de poussière
grands ouverts sur le poitrail de la plaine

Nous briserons les cages me disait-elle aux levés du jour, pince sans rire, en tranchant le barbelé devant nos chevaux
Qu’avons-nous vécu en réalité ?
L’estime de Nous au regard des promesses tenues

Le cuivre de nos dinanderies sur l’herbe
sent la paille des chapeaux que les moulins n’ont pu gober
Au bas des pages des portées reste la voie ouverte
mieux que les cocoricos des marchands de sommeil

A rire plus fort que gémir
la misère humaine
sans moquerie
à rire pour ne rien ôter du sel de nos larmes
pour garder la force du combat utile

Ce monde n’est beau qu’en notre for intérieur
plantons nos sarments d’amour et vinifions nos veines à cru
le calcaire des coteaux
encrera sans étiquettes le fût de ce que nous aurons voulu être
Il faut choisir entre gagner la pauvreté du matériel et perdre ce qui produit la richesse du bonheur

il n’y pas de rivière qui ne tombe du lit de sécheresse avant d’étaler la crue
chaud effroi
froid et show
quelque soit la saison l’amour traverse les murs en criant « Vitrier ! »

Tannée de caresses répétées
par chemins

Toi qui nourris mon rêve
je t’écris sur la peau mon amarre à tes pores
toujours au large de notre traversée ô turière

Niala-Loisobleu
9 Novembre 2014