MANUEL DE TOI


MANUEL DE TOI

Etais-tu sortie pour te promener dans le pas de Camille ? Cette nuit mon ventre s’est soudain mis à taper du pied dans ses mains. Je sais, tu me l’as raconté depuis, la lune s’était glissée sous tes paupières closes, frottant ton nez de terre molle et toute humide. La tournette valsait, entre tes mains d’airs riches.. Alors par l’échelle de corde qui nous relie aux autres pièces de nos planètes, tu es descendue , tremper tes pieds dans la rosée de mon bol d’hors.

En faisant quelques pas légers, ton corps, que la transparence de la brume laissait voir, s’est envolé au choeur d’un chant enclos. A peine avais-tu commencé à léviter que le ciseau te rentras dans la veine. Ma Muse tu m’as fait les mains ouvrières. Elles ont aux phalanges tous les pouls de tes vibrations. Elles savent les anses de tes hanches mieux que celles des malles arabes..Tes ah à mes hans s’accordant la bonne cadence et le mouvement des scieurs de long.

Elles ont toutes les métamorphoses de tes menstrues qui changent les gabarits. Du ventre gonflé de ma prochaine création. De tes seins qui sont réglés au rythme de la nature, bourgeonnant, fleurissant, mûrissant, ,jutant la pulpe d’une récolte pure.Combien de paroles ont accompagné la musique du marteau ? Des chansons entières, grattant les guitares des feux gitans, sautant aux gémissements des violons tsiganes, d’un piano démécanisé, à la torsion d’un râle dirigé par les nacres de l’accordéon. Ce bois qui, pour l’éternité garde, aux niches des églises de l’amour tes yeux mi-clos sur ton sourire, ce bois, je le peindrai au-delà des ténèbres.
Je ne saurai vivre sans travailler de mes mains, parcourant à pieds, l’axe qui nous relie. Avant de signer, je te dis, je t’aime en corps partout.

Sans rien d’habits de moine, je te bure sur ton âme que l’alligator que je couve dans mon petit-bateau, se fera les dents aux cataractes de ton entrejambes là où les promontoires sont si charnus qu’on voit les doigts ricocher comme des enfants en câlins paillards, restés à l’écart des écoles du savoir-mourir. Au foin de ton écurie ma litière garde les odeurs bleues du limon des nuits de crues où la lune roussissait de t’entendre hurler, quand je te cassais la coquille de mon marteau d’ardoisier, devenu échassier-roi de ton marécage et de ses chaumes…

Niala-Loisobleu
18 Octobre 2014