CHAUDE LA PIERRE D’ÂTRE 3


CHAUDE LA PIERRE D’ÂTRE 3

« Je t’aime ! »

Nous avions vu le ciel se coucher au milieu du trottoir

un peu comme une solitude sdf

flac

en plein dans l’eau

répandu dans les nuances huileuses

mac à dames

Le nuancier monté gyrophare

tantôt s’étirait

tantôt se regroupait

en signes d’une détresse consommée

Un joint entre les pavés

fit un canal pour rejoindre la mer

et tout le long du quai de zone de tri

nous partîmes de nos cartons, sacs jaunes, verres ailleurs

du coin des poubelles

qu’un soleil exceptionnel avait désodorisé des produits de consommations

De l’amour bio sans concessions d’un marché d’échanges politiques

Essouflées d’une longue course nos mains ont repris de l’air en dessinant une autre marelle

suivant les instructions d’une force muette si diserte qu’on en avait le choeur sous la nef à hisser les voiles

Je me souviens du rire de nos âmes saumure

quand elles ont plongé dans une claire

frémissant du craquement de la grisée des planches

que la cabane laissait venir au vent comme on tire un bord pour franchir la rade

La foule était restée à quai

alors que les balises avaient mis à leurs rondeurs toute la féérie du grand pavois comme s’il y avait bal

et que la nacre des coquillages dansait aux boutons des accordéons en grand écart

Plus tard un dénommé Jonas aurait dit nous avoir proposé une chambre dans sa baleine

il n’es pas possible que nous ne l’ayons pas remercié

en tous cas c’est à l’orée du bois que nous avons faits qu’un

Je me souviens des herbes que tu avais aromatisé de ta peau

comme je me souviens des coulures dont nous avions rempli les pots des gemmeurs

la pinède en tire en corps l’aiguille genre épopée

Les méandres de nos membres n’ont d’autre nourriture que la vibration de nos devenirs

un jardin commun où à l’écart réside notre Absolu territoire

de bois flottés, bouts de peau-liège, couleurs de plumes, bruissements de canopée, murmures de source, gargouillis de ru, liberté d’abondance, de la paille en litière dans l’infinité des possibles.

« Je t’aime ! »

Niala-Loisobleu

9 Octobre 2014

CIEL MATINAL


cbfg705CIEL MATINAL

Les yeux en corps collés

des méandres du fleuve

où nous avons descendu le cours d’anatomie

nous ne nous étonnons pas d’être arrimés l’un à l’autre

A dessein

mes lèvres ont mordu

la fraise de ta poitrine

laissant une si large empreinte

que tes bouts

se sont retrouvés en plein centre

de la plus ceinte des aréoles

Par les vitraux de tes yeux

l’oblique de tes bras tombe aux dalles de mon cou

rayonnant sur le sol de notre gamme

Par la perspective  qui file son point entre les colonnes de tes jambes

La porte de ta chapelle

est ouverte

quelques fleurs des chants

laissent hâler leurs couleurs sauvages

sur l’autel

Un bruit d’elle

et j’ai vu un ange me sourire

Niala-Loisobleu

9 Octobre 2014

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